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Solaris

Solaris

Film de science-fiction d'Andreï Tarkovski, avec Donatas Banionis (Kris), Natalia Bondartchouk (Harey), Anatoli Solonitsyne (Sartorius).

  • Scénario : Andreï Tarkovski, Fridrikh Gorenchtein, d'après le roman de Stanislaw Lem
  • Photographie : Vadim Youssov
  • Décor : Mikhaïl Romadine
  • Musique : Edouard Artemiev, Bach
  • Pays : U.R.S.S. (Russie)
  • Date de sortie : 1972
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 25 (2 h 52 en U.R.S.S.)

Résumé

Kris, un savant, est chargé d'aller enquêter sur la planète Solaris à bord d'un vaisseau où se sont passés d'étranges événements. Il s'aperçoit que des « étrangers » peuplent le vaisseau, représentant une forme de vie non humaine. Une femme apparaît qui devient sa maîtresse et qui n'est que le double de son épouse qui s'est suicidée quelques années plus tôt. Elle disparaît ou se rematérialise selon ses désirs et il comprend que la planète Solaris est une sorte de mémoire affective qui reproduit physiquement les élans psychiques de ceux qui l'approchent. Kris repart sur Terre et se réconcilie avec son père, mais ce n'est qu'une projection de son âme.

Commentaire

Ce film d'une lenteur remarquable se présente comme un long cérémonial préparant l'instant qui transfigure son univers et clôt la narration. Il est constitué de plans-séquences savamment composés, où le temps se fige dans un espace pétrifié d'où surgit un événement fulgurant qui « retourne » le sens de la scène, découvrant sa beauté « cachée » : celle d'une révélation. Ce moment unique auquel tout le film aspire est le plan lui-même unique où Kris s'agenouille devant son père et lui demande pardon en le serrant contre lui. Alors, la caméra recule et nous découvre que ce morceau d'humanité terrienne est perdu dans un océan gazeux. La caméra recule encore et inscrit cet îlot au sein de la planète Solaris qui a incrusté dans sa mémoire vivante le souhait de Kris ; elle recule toujours et la planète se perd dans les nuages. Ce plan magistral semble indiquer que la construction d'un avenir harmonieux ne peut se faire qu'en revivant le passé et en lui apportant ce que notre conscience présente lui doit d'expériences, de désirs et de sentiments. Cette séquence déchirante dépasse sa virtuosité esthétique et technique pour nous atteindre loin dans la connaissance intuitive de notre rapport au monde.