En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Rosemary's Baby

Rosemary's Baby

Drame fantastique de Roman Polanski, avec Mia Farrow (Rosemary Woodhouse), John Cassavetes (Guy Woodhouse), Ruth Gordon (Minnie Castevet), Sidney Blackmer (Roman Castevet), Maurice Evans (Hutch), Ralph Bellamy (docteur Saperstein), Angela Dorian (Terry), Charles Grodin (docteur Hill).

  • Scénario : Roman Polanski, d'après le roman d'Ira Levin
  • Photographie : William Fraker
  • Décor : Richard Sylbert
  • Musique : Krysztof Komeda
  • Montage : Sam O'Steen, Bob Wyman
  • Production : William Castle (Paramount)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1968
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 17
  • Prix : Oscar 1968 de la meilleure actrice de second rôle (Ruth Gordon)

Résumé

Un jeune couple heureux : on se croirait à l'épilogue d'une comédie américaine. Mais le paysage ne tarde pas à s'assombrir. Rosemary et Guy s'installent dans une impressionnante maison du quartier new-yorkais de Manhattan. Vastes pièces nues, brique sombre, couloirs et réduits bizarres… L'angoisse commence à habiter la jeune mariée, Rosemary. Son mari, Guy, est un comédien sans travail. Des voisins charmants, le couple Castevet, viennent faire une visite de politesse. Leur sollicitude a quelque chose d'encombrant, voire d'étrange. Rosemary est perturbée. Elle a fait un cauchemar abominable. Elle est enceinte. Les voisins lui conseillent de consulter un médecin de leurs amis, Saperstein. L'univers mental de la jeune femme est atteint et bascule dans l'irrationnel. Elle croit percevoir des signes diaboliques dans ce qui lui arrive. Un ami, Hutch, l'avait prévenue : la maison où elle a emménagé est habitée par des esprits délétères. Hutch meurt. C'est curieux. La grossesse de Rosemary devient une longue souffrance. Elle se croit de plus en plus l'objet, voire l'enjeu, de forces occultes. Pourtant, son mari a enfin trouvé du travail, et l'avenir devrait s'annoncer sous de bons auspices. Quand Rosemary accouche, on lui dit que son bébé est mort-né. Elle s'aventure un soir dans l'appartement de ses voisins et y découvre, autour du berceau de son enfant, un groupe d'adorateurs de Satan au sein duquel elle reconnaît les Castevet et son mari. Elle s'approche du bébé et… l'accepte.

Commentaire

Le triomphe de la suggestion

C'est une perle du cinéma fantastique et l'un des meilleurs films de Roman Polanski. L'angoisse y est distillée très progressivement et d'une façon… diabolique. Au début, on s'étonne des craintes diffuses qu'éprouve la jeune femme. Elle entend des bruits, ouvre un placard : rien. Ce placard sans mystère va pourtant s'imposer à notre imagination comme un lieu étrange, menaçant. Les faits ordinaires s'accumulent, certains moins ordinaires que d'autres, mais tous vraisemblables. Il n'y a pas lieu de les interpréter. Nous pensons que Rosemary perd un peu son sang-froid (et la raison) à cause de son « état ». Et puis, nous doutons. La fin est une vraie surprise. Pour installer ce climat de tension et de peur, Polanski n'a recours à aucun « effet spécial ». C'est le triomphe de la suggestion. Un éclairage, un craquement de meuble imperceptible, un regard ambigu, un sourire suffisent à nous troubler. Le suspense va crescendo, en un spectaculaire tour de force.

Il faut ajouter que cette histoire de diable n'est pas innocente. Bien qu'agnostique, Polanski aime jouer avec le surnaturel. Il l'utilise comme symbole de la malédiction des « damnés de la terre ». Ce film est une stupéfiante allégorie sur le Mal.