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Rome, ville ouverte

Roma, città aperta

Chronique historique de Roberto Rossellini, avec Anna Magnani (Pina), Marcello Pagliero (Giorgio Manfredi), Aldo Fabrizi (Don Pietro), Harry Feist (major Bergmann), Francesco Grandjacquet (le typographe), Maria Michi (Marina Mari), Giovanna Galetti (Ingrid).

  • Scénario : Sergio Amidei, Alberto Consiglio, Federico Fellini, Roberto Rossellini
  • Photographie : Ubaldo Arata
  • Décor : Renzo Megna
  • Musique : Renzo Rossellini
  • Son : Raffaele Del Monte
  • Montage : Eraldo Da Roma
  • Production : R. Rossellini (Excelsa Film)
  • Pays : Italie
  • Date de sortie : 1945
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 40
  • Prix : Grand Prix, Cannes 1946

Résumé

L'action se passe en 1943 et 1944, dans Rome, proclamée « ville ouverte » et encore terrorisée par la Gestapo. Il s'agit d'une action fragmentaire, plus proche du documentaire reconstitué que de la fiction classique.

Un militant communiste professionnel (Manfredi) se réfugie chez un ouvrier typographe, communiste lui aussi, qui vit avec sa compagne Pina. Cette dernière, enceinte, se sacrifie pour sauver Manfredi, mais celui-ci est trahi par sa propre compagne, Marina, qui aspire à une vie facile et ne partage pas ses convictions. L'officier allemand de la Gestapo torture en vain Manfredi qui meurt. Devant son cadavre, un prêtre (Don Pietro) se révolte et est fusillé à son tour, sur une colline, devant des enfants.

Commentaire

Un film « à chaud »

Rossellini réalisa ce film deux mois après la libération de Rome, sur un scénario qu'avec son ami Amidei il avait écrit au rythme même des événements qui précédèrent cette libération. Tourné avec très peu d'argent, Rome, ville ouverte n'est pas un film documentaire romancé mais, si l'on peut dire, des « actualités immédiatement reconstituées ». On y voit la ville et ses habitants saisis en même temps par une caméra en liberté et dans un récit qui ne cesse de bifurquer. D'où le sentiment inoubliable de vérité produit par le film, sentiment si nouveau qu'en Italie il effraiera aussi bien le public que la critique. C'est de France que viendront la consécration et la perception des chemins qu'il ouvrait au cinéma. Rome, ville ouverte peut en effet être considéré comme l'acte de naissance du cinéma « moderne », acte qui tient compte de ce que l'expérience de la guerre changeait nécessairement dans la façon de regarder et de raconter. En montrant deux personnages types de la Résistance italienne, le communiste et le prêtre, Rossellini est fidèle à la réalité mais chez lui, ces personnages, loin d'être des emblèmes, sont des êtres humains qui, malgré leurs convictions, se surprennent eux-mêmes et sont surpris par l'histoire. De même, la grande Anna Magnani, dans un rôle de femme du peuple, prouve qu'il est possible de rompre pratiquement avec le cinéma infantile des stars et de pénétrer plus franchement dans le monde adulte. Rossellini, avec très peu de moyens techniques, invente les quelques gestes (suivre les personnages, ne pas les juger, capter les temps « morts ») que tous les cinéastes modernes referont après lui.