Le pianiste Maurice Martineau surveille jalousement sa femme Jenny Lamour, chanteuse de music-hall. Celle-ci ayant accepté l'invitation à dîner de Brignon, vieil homme d'affaires amateur de chair fraîche, il se rend chez lui où il trouve son cadavre. Il raconte son histoire à son amie Dora, photographe, qui lui révèle que Jenny vient de lui avouer avoir assommé Brignon. L'inspecteur a tôt fait de prouver que Maurice est venu sur les lieux. Les témoignages de Dora et de Jenny ne suffisent pas à l'innocenter. Désespéré, Maurice tente de se trancher les veines avec le verre de sa montre. On découvre enfin le vrai coupable…
L'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour Clouzot : en bon misanthrope, il en profite pour brosser un tableau noir et pessimiste de ses contemporains. L'inspecteur Antoine surtout, incarné par Jouvet avec une vérité saisissante, tranche par son ambiguïté avec les silhouettes de policiers traditionnels. L'atmosphère de la police judiciaire comme celle d'un petit music-hall de quartier sont remarquablement rendues, et de nombreux personnages secondaires sont habilement croqués.