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Lola Montès

Drame de Max Ophuls, avec Martine Carol (Lola Montès), Peter Ustinov (Monsieur Loyal), Anton Walbrook (Louis 1er de Bavière), Ivan Desny (le lieutenant James), Lise Delamare (Mrs. Craigie), Henri Guisol (Maurice), Paulette Dubost (Joséphine), Oskar Werner (l'étudiant), Will Quadflieg (Franz Liszt), Jacques Fayet (le steward).

  • Scénario : Max Ophuls, Annette Wademant, Jacques Natanson, d'après le roman de Cécil Saint-Laurent la Vie extraordinaire de Lola Montès
  • Photographie : Christian Matras
  • Décor : Jean d'Eaubonne, assisté de Jacques Guth, Willy Schatz
  • Musique : Georges Auric
  • Montage : Madeleine Gug
  • Production : Gamma Films, Florida Films (Paris), Union Films (Munich)
  • Pays : France et R.F.A.
  • Date de sortie : 1955
  • Son : couleurs
  • Durée : 1 h 50

Résumé

Maria Dolorès Porriz y Montez, comtesse de Lansfeld, dite Lola Montès, est l'attraction principale du cirque Mammouth, qui vient de planter son chapiteau à La Nouvelle-Orléans, vers 1880. Le spectacle, commenté et présenté par un grand écuyer en uniforme chamarré, retrace la vie tumultueuse de cette ancienne courtisane qui fit tourner tant de têtes en Europe. Chaque épisode donne lieu à un flash-back ; nous revivons ainsi ses amours avec Franz Liszt, son mariage raté avec le lieutenant James, un ancien soupirant de sa mère, sa liaison avec le chef d'orchestre Pirotto et puis son idylle avec le roi de Bavière, Louis 1er, qui déclencha une révolution ! Chassée du pays, Lola rencontre un étudiant avant d'être engagée au cirque Mammouth. Chaque soir, à la fin du spectacle, elle risque sa vie en exécutant un saut périlleux puis, enfermée dans une cage dorée, elle est exposée pour les spectateurs qui paient un dollar pour la toucher…

Commentaire

La piste à sensation

Dernier film de Max Ophuls, Lola Montès fut d'abord une œuvre maudite, qui rencontra l'hostilité du public et déclencha une bataille d'Hernani chez les critiques. « Long, ennuyeux, d'une lourdeur de style germanique » pour les uns, « chef-d'œuvre baroque, sommet du cinéma moderne » pour les autres, il fut, procédé rarissime, rapidement retiré de l'affiche pour être raccourci, et présenté à nouveau dans un montage qui rétablissait l'ordre chronologique ! Véritable aberration puisque tout l'intérêt de la construction conçue par Ophuls était de montrer et d'analyser la mise en spectacle d'un fait divers, de stigmatiser l'indécente indiscrétion de la presse à sensation (on pourrait transposer aujourd'hui cette morale aux médias audiovisuels), à travers la dérision d'une séance de cirque qui consacre la déchéance d'une femme fatale légendaire transformée en mythe pour roman à quatre sous.

De cette piste où les clowns et les lilliputiens entourent Lola, au passé reconstitué en puzzle, la virtuosité d'Ophuls se donne libre cours dans l'éblouissante chorégraphie de la caméra comme dans les surprises constantes de son montage. Comme André Bazin, on peut « admirer Max Ophuls d'avoir osé faire un film d'avant-garde sur le sujet le plus conventionnel et dans des conditions de production qui imposent d'ordinaire le pire académisme ». Là, sans doute, réside la cause de ses vicissitudes : déroutant le grand public par les audaces de sa narration et de son esthétique, il fut mal jugé par ceux qui reprochèrent au cinéaste le choix d'un thème pour « littérature de gare ». Triomphe constant à la Cinémathèque, dans les ciné-clubs, puis lors de sa réédition dans sa version intégrale en 1968, Lola Montès est aujourd'hui totalement réhabilité.