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La Strada

La Strada

Drame de Federico Fellini, avec Giulietta Masina (Gelsomina), Anthony Quinn (Zampano), Richard Basehart (le fou), Aldo Silvani (Giraffa),Marcella Rovere (la veuve).

  • Scénario : Federico Fellini, Ennio Flaiano, Tullio Pinelli
  • Photographie : Otello Martelli
  • Décor : Mario Ravasco
  • Musique : Nino Rota
  • Montage : Leo Cattozzo
  • Production : Dino De Laurentiis, Carlo Ponti
  • Pays : Italie
  • Date de sortie : 1954
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 47
  • Prix : Oscar du meilleur film étranger 1956

Résumé

Zampano est un colosse de foire qui gagne sa vie en sillonnant l'Italie avec deux numéros assez minables : une démonstration de force physique (briseur de chaînes) et un numéro comique bas de gamme. Il a besoin d'une assistante. Il achète Gelsomina, une créature bizarre, pauvre en esprit, mais complaisante et généreuse. Lumineuse. Un autre forain vient perturber le couple. Il est surnommé le « fou » et fait, sans se prendre au sérieux, de grands discours philosophiques d'inspiration chrétienne en même temps que des farces de galopin. C'est un marginal, un artiste, un poète. Il nargue Zampano, se gausse de sa lourdeur. Il entreprend Gelsomina, lui parle des cailloux et des étoiles, lui donne des conseils de bon sens. Elle les suit. Elle suit aussi son rustaud de compagnon qui ne la ménage pas. Un jour, sur la route, Zampano agresse le « fou » qui meurt. Gelsomina est inconsolable et sa raison fragile chavire. Zampano l'abandonne. Des années plus tard, il apprend qu'elle est morte. Il pleure.

Commentaire

Des phantasmes délibérément baroques

La Strada est l'un des films les plus insolites de l'histoire du cinéma. Il est arrivé à point nommé sur les écrans pour donner un nouvel élan à l'expression poétique. C'était au moment où le cinéma italien, grâce à des hommes comme Roberto Rossellini, Vittorio De Sica et le scénariste Cesare Zavattini, avait étonné le monde entier avec des œuvres dites « néoréalistes » qui se distinguaient par leur absence de sophistication formelle, par les sujets volontiers sociaux et moraux qu'elles abordaient, par une dramaturgie fondée sur la représentation de l'instant (la vie en train de se faire, le récit de la vie de gens à qui il n'arrive rien, etc.). Ce parti pris de sobriété était une réaction contre le caractère artificiel du cinéma traditionnel, en gros du cinéma hollywoodien. Fellini, comme pratiquement tous ses collègues scénaristes et metteurs en scène, était étiqueté « néoréaliste ». Or, La Strada et ses deux films précédents – et tous ses films suivants – sont tout sauf sobres et ne se prétendent nullement documentaires. Ils expriment une individualité forte, un monde intérieur exubérant, des phantasmes qui prennent des formes délibérément baroques. La Strada a étonné et séduit le monde entier à cause de son originalité d'une part (on n'avait rien vu de comparable auparavant), de sa beauté plastique, mais aussi de ses thèmes fortement inspirés du christianisme. Ces différents éléments, assortis d'autres richesses et de l'apport capital de l'actrice Giulietta Masina, femme et muse du cinéaste, ont fait crier au chef-d'œuvre. Les intellectuels, interloqués, ont applaudi, le public populaire, fasciné, a pleuré. Le succès s'est révélé international. Il est au départ de la gloire de Fellini. Aujourd'hui, il se trouve des voix pour prétendre que La Strada est une œuvre surestimée, racoleuse, « facile ». Ces voix s'époumonent en vain contre l'évidence de sa beauté.