Au début du XVIIe siècle, Marte, une sorcière, est condamnée au bûcher. Elle menace l'un de ses juges, le pasteur Absalon, de se venger sur sa jeune épouse, Anne. Celui-ci meurt lorsqu'il apprend qu'Anne le trompe avec Martin, son fils d'un premier lit. La mère d'Absalon dénonce Anne comme sorcière. Elle est brûlée comme Marte.
Rappelant celle de la Passion de Jeanne d'Arc et annonçant celle de Gertrud, l'héroïne de Dies Irae, la plus sensuelle de l'œuvre de Dreyer, incarne une femme écrasée par une société formaliste et intolérante. Jouant d'une remarquable stylisation picturale qui fait plus d'une fois songer à Rembrandt sans rompre avec un strict réalisme, le film amène sans faille à ce troublant désespoir final où il n'importe plus qu'Anne soit ou non réellement une sorcière.