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Cendres et Diamant

Popiól i Diament

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Film historique d'Andrzej Wajda, avec Zbigniew Cybulski (Maciek), Ewa Krzyzewska (Krystyna), Adam Pawlikowski (Andrzej), Waclaw Zastrezynski (Szczuka), Bogumił Kobieła (Drewnowski), Jan Ciecierski (le portier), Stanislaw Milski (Pienazek), Artur Mlodnicki (Kotowicz), Halina Kwiatkowska (Mme Staniewicz).

  • Scénario : Andrzej Wajda, d'après le roman de Jerzy Andrzejewski
  • Photographie : Jerzy Wojcik
  • Décor : Roman Mann
  • Costumes : Katarzyna Chodorowicz
  • Musique : Jan Krenz et Polonaise d'Oginski
  • Montage : Halina Nawrocka
  • Production : K.A.D.R. Films Polski
  • Pays : Pologne
  • Date de sortie : 1958
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 48

Résumé

Le 8 mai 1945, dans une petite ville polonaise, on fête la fin de la guerre, mais une autre lutte a déjà commencé depuis des semaines, entre Polonais cette fois. En dehors de la ville, trois hommes, dont Maciek et son chef, Andrzej, attendent Szczuka, le nouveau secrétaire régional du Parti communiste, pour le tuer. L'attentat échoue. Dans un hôtel de la ville, Maciek, à qui Andrzej a confirmé sa mission, prend une chambre contiguë à celle de Szczuka. Il fait la connaissance d'une serveuse, Krystyna, et une brûlante passion réunit les deux jeunes gens. À l'hôtel, les responsables politiques et les notabilités fêtent, chacun de son côté, la fin des hostilités. Dans la prison, des partisans anticommunistes, dont le fils de Szczuka, sont interrogés par la milice. Quand le jour se lève, la fête à l'hôtel se termine par une danse fantomatique où les bourgeois opportunistes se joignent aux responsables politiques. Maciek tue Szczuka, qui se rend à la prison pour voir son fils. Il s'enfuit, mais il est mortellement blessé par erreur et il meurt sur un tas d'ordures.

Commentaire

La Pologne déchirée

L'arrière-plan politique du film, c'est la lutte qui oppose les deux tendances de l'ancienne Résistance. Les nationalistes dirigés de Londres par le gouvernement en exil, et les communistes, qui ont combattu aux côtés des Soviétiques : les premiers ont décidé de continuer le combat contre le nouveau régime. Cette lutte fratricide confronte deux hommes s'étant battus pour la Pologne, mais qui s'en font des idées différentes et ne pourront se réconcilier que dans la mort : symboliquement, le secrétaire du Parti s'effondre dans les bras de Maciek, du même âge que son fils, lequel, étant dans l'autre camp, aurait pu aussi être son meurtrier. Cette tragique ironie de l'Histoire marquant le destin de la Pologne (soulignée ici par la dérisoire farandole des fêtards et l'agonie de Maciek dans les ordures) est l'un des thèmes constants de Wajda : il l'avait déjà mis en œuvre dans Kanal où il exprimait son pessimisme et sa compassion devant les êtres broyés par un destin absurde, tel Maciek, forcé de tuer alors qu'il voudrait « simplement vivre ». Le grand acteur Zbigniew Cybulski, trop tôt disparu, incarne à la perfection ce discutable héros d'un combat douteux. Ce chef-d'œuvre est l'une des étapes marquantes de la « Nouvelle Vague » polonaise alors au début de son brillant épanouissement.