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Casque d'or

Drame de Jacques Becker, avec Simone Signoret (Casque d'or), Serge Reggiani (Manda), Claude Dauphin (Leca), Raymond Bussières (Raymond), Gaston Modot (Danard), William Sabatier (Roland).

  • Scénario : Jacques Becker, Jacques Companeez
  • Photographie : Robert Le Febvre
  • Décor : Jean d'Eaubonne
  • Musique : Georges Van Parys
  • Montage : Marguerite Renoir
  • Production : Speva Films et Paris-Film Productions
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1952
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 36

Résumé

Un jeune charpentier tombe amoureux d'une belle prostituée, Marie, surnommée « Casque d'or », qui « appartient » à Roland, un lieutenant de la bande à Leca, voyou affichant des allures de gentilhomme. Après avoir tué Roland dans un combat à la loyale auquel il a été poussé, Manda vit un grand amour partagé avec Casque d'or que convoite secrètement Leca. Ce truand machiavélique tend un piège (chantage à l'amitié) dans lequel tombe le trop naïf Manda. Quand il comprend par qui il a été berné, Manda cherche à se venger. Il exécute Leca, se laisse capturer par la police, est condamné à mort. Casque d'or assiste à la décapitation.

Commentaire

La tragédie de l'inéluctable

Jacques Becker était l'un des plus subtils chroniqueurs de son temps. Ses films, toujours élégants, se situaient dans des milieux sociaux contemporains précis : la paysannerie (Goupi Mains Rouges), la haute couture (Falbalas), le prolétariat (Antoine et Antoinette), la bourgeoisie frivole (Édouard et Caroline), la jeunesse de l'après-guerre (Rendez-vous de juillet), la bohème (Rue de l'Estrapade), la truanderie (Touchez pas au grisbi).

Cet éclectisme a donné lieu à un malentendu. On a vu en Becker un aimable « touche-à-tout », doué mais superficiel. On lui déniait un sens « puissant » de la dramaturgie, et la présence de thèmes universels et éternels. Ce procès ne résiste pas à l'analyse. À preuve : Casque d'or. Salué comme un chef-d'œuvre et, par certains, comme une tragédie classique, ce film est une étincelante démonstration du génie de Jacques Becker. S'il s'agit, comme dans Touchez pas au grisbi, d'une histoire de brigands, elle ne se situe pas de nos jours, mais à une époque plus ou moins mythique, le début de ce siècle, avec ses apaches, ses guinguettes, ses personnages historiques (le repris de justice Manda, la courtisane Casque d'or ont existé).

Donc, cette fois, pas de chronique sociale… encore que jamais l'époque 1900 n'avait, dans un film, communiqué une telle impression de vraisemblance. Mais l'essentiel de Casque d'or est ailleurs. C'est une tragédie de l'amour et de l'amitié, un hymne à la fidélité. Sur des images lumineuses, Becker cristallise en un film unique la notion d'amour fou : un coup de foudre qui dure toujours. Ce qui arrive à Casque d'or et à Manda est impérieux et fatal. C'est dit sans phrase, avec de simples échanges de regards, des silences, des paysages et du soleil. La mise en scène est la mise en place de l'inéluctable. La guinguette réaliste et poétique, presque conventionnelle, au début du film, devient, à la fin, un lieu intemporel inoubliable. Les amants dansent pour l'éternité sur l'air du Temps des cerises. Margot pleure, et, cette fois, avec raison.