Policier et criminel de guerre français (Saint-Vincent-sur-Jabron, Basses-Alpes, 1915-Fresnes 1996).
Expéditionnaire aux Chemins de fer à Ambérieu, il participe à la « drôle de guerre ». Dans les rangs de la Légion nationale des combattants en 1941 à Chambéry, il est notamment chargé du fichage des résistants. Il adhère à la Milice dès sa création et devient en 1943 chef du deuxième service de la Milice à Lyon (service de renseignements). Le 29 juin 1944, en représailles à l'assassinat, la veille, de Philippe Henriot, secrétaire d'État à l'Information de Vichy, il fait fusiller par des francs-gardes sept otages juifs contre le mur du cimetière de Rillieux-la-Pape. Fin 1944, il quitte clandestinement Lyon. Condamné à mort par contumace à Lyon et à Chambéry, il est arrêté fortuitement à Paris en juillet 1947 mais parvient à s'évader. Il s'installe clandestinement dans la maison familiale de Chambéry et obtient le soutien actif des autorités ecclésiastiques.
En 1967, les peines sont prescrites mais il est encore interdit de séjour dans plusieurs départements et ne peut rentrer en possession de ses biens. À la suite de nouvelles démarches, le président Pompidou signe le 23 novembre 1971 un décret de grâce. Cette mesure ayant été révélée par l'Express en juin 1972 ainsi que son refuge, il s'enfuit de nouveau et se cache dans plusieurs monastères. Les premières plaintes pour crimes contre l'humanité sont déposées à Lyon en 1973 et une information judiciaire est ouverte en 1979. Le mandat d'arrêt lancé contre lui en novembre 1981 conduit à son arrestation en mai 1989 dans un prieuré intégriste de Nice. Malgré de nombreux imbroglios judiciaires, il est jugé en mars et avril 1994 par la cour d'assises des Yvelines, qui le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité.