Ancien peuple mongol, descendant des Xianbei, établi au début du Ve siècle en Mandchourie méridionale (bassin de la Siramuren), à l'ouest du fleuve Leao-ho (dans l'actuel Jehol). Ils fondèrent en Chine du Nord le vaste empire des Liao (EFEO : Leao, 946-1125).
La trahison de Che King-tang, en installant des Barbares à l'intérieur de la Grande muraille, ouvrait dans l'intégrité de l'Empire chinois une brèche par laquelle allaient rapidement s'engouffrer les Khitan (désormais connus dans les annales chinoises sous le nom dynastique de Liao) qui, en 946, passèrent le fleuve Jaune, et s'emparèrent de la capitale impériale, Kaifeng (947) ; mais, menacé sur ses arrières par un soulèvement général des Chinois, le khan Tö-kouang reprit le chemin du Jehol, emportant avec lui la Cour impériale prisonnière. Sa mort, survenue peu après (947), en jetant le trouble parmi les Khitan, sauva probablement la Chine.
Les dissensions internes de la Chine allaient fournir aux successeurs de Tö-kouang, Yuan (947 - 951), puis King (951 - 968) de nouvelles occasions d'intervenir dangereusement dans les affaires chinoises jusqu'à ce que les empereurs Song, parvenus au pouvoir (960), entreprennent de refaire l'unité de l'empire et d'enlever aux Khitan les territoires qu'ils occupaient depuis 936 au sud de la Grande muraille. Mais, menacés à la fois par les Liao au nord-est et, au nord-ouest, par les Tangut du royaume de Xi Xia (Si-Hia), les premiers empereurs Song essuyèrent plusieurs lourdes défaites (979, 986), les Liao parvenant même en 1004 à revenir sur les rives du fleuve Jaune. Toutefois, devant une valeureuse contre-attaque de l'empereur Zhengzong (Tchen-tsong, 997-1022), les Liao acceptèrent finalement de signer la paix de Shanyuan (Henan oriental) en contrepartie du versement d'un très lourd tribut annuel, et la frontière resta fixée aux limites de 936.
Cette paix fut maintenue pendant un siècle, les Song renonçant désormais à reconquérir le nord de la Chine, et les Liao se contentant dès lors de régner à Pékin, de fortifier leurs villes derrière des murailles et, grâce au tribut de soieries et d'argent que leur versaient les Song en échange d'une paix précaire, de rayonner sur toute la zone des steppes jusqu'au monde de l'islam. Leur prestige, militaire et commercial, qui s'étendait du Japon jusqu'à la Perse et aux steppes de la Russie méridionale, était alors tel que leur nom (au pluriel : Khitat), transmis par les Persans et les Turcs sous la forme Kitaï ou Khitay, deviendra pour les Européens jusqu'au XVIIe siècle, et jusqu'à nos jours en russe, en turc et en persan le nom même de la Chine (Cathay).
Plusieurs causes allaient contribuer cependant, dès le milieu du XIe siècle, à l'affaiblissement puis au déclin de l'empire Liao. Désormais enrichis et sinisés, pénétrés de l'influence du bouddhisme, les Khitan semblaient avoir perdu leur ancienne combativité et allaient résister de moins en moins à la pression exercée au nord par une tribu tongouse, celle des Jürchen, auxquels les Coréens et les Song firent appel pour les prendre à revers et devant lesquels ils devaient finalement s'effondrer dans les années 1124-1125. Déjà, en 1014, de nouvelles tentatives des Liao sur la Corée avaient échoué après que les Coréens eurent fait appel aux Jürchen de l'Oussouri pour faire diversion. En 1017, les Khitan durent céder aux Xi Xia (Tangut) Ganzhou et Suzhou qu'ils avaient arrachés quelques années plus tôt aux Ouïghours dans le but de dominer la route de la soie. Enfin, en 1022, les Song et les Jürchen, qui avaient fait alliance deux ans plus tôt, conjuguèrent leurs offensives contre les Liao, qui furent totalement balayés en 1025.
Tandis qu'une partie d'entre eux (désormais désignés sous le nom de Liao occidentaux), revenant au nomadisme de leurs ancêtres, regagnait leur domaine primitif comme vassaux des Jürchen, qu'une autre branche se faisait détruire par le khan de Kashgarie, un dernier groupe, sous la conduite de son aristocratie, émigrait chez les Ouïghours du Xinjiang et, avec l'aide de ces derniers, s'avançait dans la vallée de l'Ili jusqu'aux frontières des territoires des Turcs karakhanides, à l'ouest de l'Issiq Köl, où il fondait le vaste empire des Kara Khitaï.