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île

(latin insula)

Antilles
Antilles

Espace de terre entouré d'eau de tous côtés.

Caractéristiques générales

Les îles peuvent être entourées d'eau douce (dans des lacs ou dans des cours d'eau) ou d'eau salée.

De part sa taille, l'Australie n'est pas considérée comme une île, mais plutôt comme un continent. Une trentaine d'îles dépassent les 40 000 km2, la plus grande étant le Groenland avec 2 175 000 km2 ; Madagascar, avec 587 000 km2, est un peu plus grande que la France.

Les petites îles ont un climat nettement maritime : atténuation des amplitudes thermiques, humidité de l'air, force et fréquence des vents.

Les îles tropicales élevées, souvent d'origine volcanique, ont une partie au vent et une partie sous le vent avec des pluviosités et des végétations opposées. Les îles tropicales basses sont d'origine corallienne, donc biologique.

Typologie des îles

Au plan géologique, on distingue les îles selon leur mode de formation : les îles précontinentales, simples morceaux de continents, et les îles océaniques, sommets de véritables montagnes enracinées au fond des océans.

Les îles précontinentales

Les îles précontinentales se forment généralement lors d'un rehaussement du niveau marin qui les sépare du continent proche ; plus rarement, un effondrement de grande ampleur peut contribuer à leur formation. Dans tous les cas, ces îles sont un prolongement du continent, dont elles peuvent être séparées de 100 km au plus. La structure géologique et le réseau hydrographique sont raccordables, le bras de mer qui les isole dépasse rarement quelques centaines de mètres de profondeur. À l'échelle des temps géologiques, ce sont des îles « temporaires » : la Grande-Bretagne n'est une île que depuis 20 000 ans, quand la fonte des glaciers quaternaires a provoqué la submersion du détroit du pas de Calais, profond de 30 à 60 m seulement.

Ces îles offrent souvent un aspect dissymétrique d'une côte à l'autre. Le rivage orienté vers le large est fréquemment constitué de falaises, car les houles entament facilement la côte ; face au continent, le littoral, abrité, présente souvent des plages, des estuaires ou des marais salés, qui résultent d'accumulations de sable ou de fines particules.

Les îles océaniques

Les îles océaniques sont toutes issues de phénomènes volcaniques, provoqués par les mouvements de l'écorce terrestre. On distingue trois types principaux :
– des îles telles que l'Islande ou les Açores, isolées en plein cœur des étendues océaniques, à des milliers de kilomètres des terres les plus proches, qui sont les sommets de volcans installés sur les dorsales médio-océaniques ;
– un autre type d'îles se trouve sur certains « points chauds » de la croûte océanique, à l'origine de la formation d'énormes édifices volcaniques qui s'enracinent à de grandes profondeurs ; ainsi, Hawaii, qui culmine à 4 208 m d’altitude, prend assise à plus de 5 000 m de profondeur, formant un édifice volcanique d'une hauteur totale de plus de 9 000 m ;
– le troisième type d'îles se rencontre dans les zones de subduction. Elles sont alors groupées en archipels de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers, de kilomètres de long, appelés « arcs insulaires » (archipels des Antilles, du Japon, de la Sonde). Leurs volcans sont souvent très actifs, et ces îles subissent fréquemment de violents séismes, sous l'effet des énormes contraintes tectoniques exercées dans ces zones.

Les côtes des îles océaniques sont moins dissymétriques que celles des îles précontinentales, puisqu'elles sont exposées de toutes parts à l'action de la houle. Les littoraux d'accumulation y sont moins fréquents, car les grands fonds proches absorbent les sédiments. Les deltas, en revanche, dont la formation est favorisée par la faiblesse des marées et par la masse des débris apportés par des cours d'eau puissants, ne sont pas rares. Lorsque les coraux, fréquents dans les archipels du Pacifique Sud, ont construit un récif, d'immenses plages se forment, protégées des houles par la barrière corallienne. Le relief de ces îles connaît une évolution souvent rapide, perceptible à l'échelle humaine : les terrains volcaniques, peu résistants (à l'exception des coulées de lave), sont facilement emportés par les eaux de ruissellement. Les édifices volcaniques sont, eux aussi, sujets à de brusques changements d'aspect, dus à des éruptions, à des coulées de lave ou à la formation de nouveaux cratères.

Relief et climat : impact et diversité

Processus d’érosion

Les îles possédant un sommet élevé déclenchent et reçoivent plus de précipitations que les îles basses. L'érosion par les eaux de ruissellement y est donc à la fois plus rapide et plus puissante. Au contraire, les îles basses, qui conjuguent de faibles précipitations et des pentes douces, subissent des écoulements restreints et peu agressifs. La physionomie du relief des îles hautes et celle des îles basses seront donc très différentes. On opposera les premières, hérissées de pitons déchiquetés par l'érosion, creusées de vallées souvent encaissées, aux secondes, à la topographie plus monotone et aux rares vallées, parfois asséchées.

Un climat océanique

Le climat, toujours de type océanique, se caractérise essentiellement par des variations thermiques atténuées : l'amplitude thermique (écart entre les températures maximales et minimales au cours d'une période donnée) est assez faible, rarement supérieure à 20 °C ; les températures moyennes sont plus douces que sur les continents voisins. Les précipitations contribuent, en revanche, à opposer petites et grandes îles. En effet, si les nuages s'accrochent aux reliefs des petites îles, ils sont ensuite entraînés par des vents souvent violents, et la pluie tombe au-delà de l'île. C'est ce qui explique la sécheresse fréquente des petites îles précontinentales, laquelle empêche la formation de cours d'eau, comme sur les îles de Sein et de Bréhat, en Bretagne. À l'inverse, les grandes îles ont une étendue suffisante pour recevoir les pluies, fréquentes et parfois importantes du fait de la proximité des étendues maritimes ; les vents, freinés par le relief, y sont plus faibles.

Influence de la latitude

La latitude joue également un rôle dans la diversité climatique des îles. Ainsi, dans les zones chaudes, où les précipitations sont souvent plus fortes, les nombreuses îles océaniques reçoivent des pluies fréquentes, provoquées par le relief, car la hauteur des pitons volcaniques arrête les nuages. La pluviométrie annuelle y est donc largement supérieure à celle observée sur les îles précontinentales des zones tempérées. Par ailleurs, si les vents y sont en moyenne moins violents et plus réguliers (tels les alizés), les îles océaniques tropicales, seuls reliefs au sein de vastes étendues océaniques, subissent la violence des cyclones, qu'aucune terre n'a affaiblis dans leur course.

Influence de l’exposition aux vents

Enfin, la position des îles par rapport aux vents dominants influence fortement les précipitations : sous les tropiques, les îles « au vent » (les premières, dans un archipel, à recevoir les vents alizés) sont les plus arrosées, et, sur une même île, la côte qui fait face au vent est la plus humide, puisqu'elle arrête les précipitations.

Particularités biogéographiques : des formes de vie spécifiques

De multiples voies d’accès

L'éloignement des autres terres émergées n'est guère un obstacle pour les végétaux (spores, graines, fruits ailés, pollen), les oiseaux ou de nombreux insectes : l'accès aux îles par la voie des airs est multiforme. La voie aquatique est praticable de façon active par des animaux plus ou moins amphibies : tortues, phoques, etc., qui ne sont pas des habitants permanents et ne pénètrent guère à l'intérieur des îles, voire de façon passive, par des animaux inattendus (serpents, par exemple), qui peuvent être jetés sur une côte avec les bois flottants qu'apportent les courants et faire souche. La noix de coco, elle aussi, peut survivre à de longs transports maritimes.

Endémisme

Cependant, les îles sont plus pauvres en espèces que les continents, d'autant plus qu'elles sont plus petites, et les équilibres naturels y sont fragiles. La plupart des îles d'aujourd'hui ont fait partie, plus ou moins anciennement, de continents dont la mer les a peu à peu séparées. De ces origines continentales, elles ont gardé la part la plus importante de leur faune et de leur flore. Celles-ci ont pu acquérir des traits originaux (endémisme), soit en n'évoluant pas alors que changeait le monde continental, soit en évoluant autrement, parfois d'une façon propre à chaque île, comme aux Hawaii ou aux Galápagos. Plus l'isolement est ancien, plus la proportion de formes vivantes endémiques est élevée. Le nombre réduit d'espèces vivantes présentes sur les îles est compensé par l'abondance des individus : l'absence dans la chaîne alimentaire de prédateurs supérieurs (comme les mammifères carnivores) permet la prolifération des maillons inférieurs (herbivores), surtout lorsqu'ils ont été introduits par l'Homme. Ainsi, les lapins, importés en Australie au XIXe siècle, se sont multipliés au point de menacer la végétation.

Les très grandes îles (ou « îles continents »), telles que le Groenland (la plus grande île du monde), l'Australie ou Madagascar (la quatrième), présentent des climats et des formes de relief très proches de ceux des continents, mais leur flore et leur faune développent, comme sur des îles de plus petite taille, des caractères particuliers. En effet, l'isolement provoque, quelle que soit l'étendue de ces terres, l'apparition et le développement de formes de vie spécifiques ou le maintien d'espèces disparues sur les continents. L'éloignement, l'obstacle que représentent les bras de mer, la faible variété des milieux naturels quand l'étendue est réduite expliquent le nombre restreint d'espèces différentes rencontrées dans les îles. Cet isolement permet en même temps la survie d'espèces condamnées sur les continents, car il écarte les causes de leur disparition (de nouveaux prédateurs, des espèces rivales et plus résistantes). C'est du reste après son escale dans les îles Galápagos que Charles Darwin a élaboré sa théorie de l'évolution des espèces.

Le cas des mammifères

Les exemples abondent de cette spécificité des formes de vie insulaires, appelée « endémisme insulaire » : les flores de la Grande-Bretagne et de la Corse se caractérisent par l'existence de sous-espèces absentes du continent. Mais les cas les plus marquants d'endémisme insulaire s'observent au sein de la faune. L'ordre des mammifères, animaux très évolués, apparus plus récemment que les autres et plus fragiles, est presque systématiquement sous-représenté dans les îles, notamment dans les îles océaniques : la Nouvelle-Zélande, par exemple, est dépourvue de mammifères autochtones, tandis que Madagascar ne compte ni singes ni grands herbivores (seule une partie de sa faune [11 %] est commune à celle de l'Afrique). Les mammifères australiens sont des marsupiaux (kangourou, koala), peu représentés ailleurs, ou des monotrèmes (ornithorynque, échidné), absents sur les autres continents. Les autres ordres animaux sont aussi partiellement atteints d'endémisme : pas de serpents venimeux et peu d'amphibiens à Madagascar, présence d'oiseaux aptères (dépourvus d'ailes), tel le kiwi, en Nouvelle-Zélande.

L'aspect humain et géopolitique

Isolement ou ouverture ?

L'isolement et la séparation par rapport aux autres communautés humaines favorisent des activités qui sont soit tournées vers l'isolement (monastères, prisons, réserves naturelles) soit au contraire tournées vers les échanges, parfois sur de très longues distances, comme en Polynésie. L'activité économique peut évoluer assez rapidement de l'autarcie au tourisme de masse ou à la zone franche.

Les hommes ont très tôt cherché à coloniser les îles, car ils pouvaient en appréhender facilement les limites. De par leur cloisonnement, les îles se transforment plus aisément que des zones continentales en laboratoires du monde vivant, mais aussi des particularismes sociaux et politiques (Grande-Bretagne, Corse, Sicile…). Si certaines sont devenues, un temps, des terres d'exil et de bannissement (Sainte-Hélène, Alcatraz…), la fascination qu'elles suscitent est si forte qu'elles se sont transformées, pour beaucoup d'entre elles, en espaces de rêves.

Certaines populations ont pu, grâce à leur isolement, conserver des modes de vie ancestraux (aborigènes de Bornéo ou d'Australie). D'autres ont trouvé dans les îles un refuge face à des envahisseurs (Mélanésiens) ou des terres nouvelles à occuper (Polynésiens), y développant des formes sociales nouvelles et originales. Les îles ont aussi accueilli des populations déplacées contre leur gré, qui ont su recréer des sociétés très spécifiques : esclaves noirs africains dans les Antilles françaises et britanniques, bagnards et déportés politiques sur l'île de la Réunion.

Un positionnement stratégique

Par ailleurs, les îles, même proches du continent, se caractérisent le plus souvent par des conditions économiques plus contraignantes. Elles sont souvent dépourvues de ressources essentielles (eau douce, bois, matières premières) du fait de leur taille, et doivent importer l'essentiel des produits, dont le prix est fortement majoré par le coût du transport. Leurs infrastructures de services (hôpitaux, écoles, administration, commerces) sont parfois très légères, surtout dans les petites îles. Dans les États insulaires tels que le Japon, l'Indonésie ou les Philippines, les liaisons entre les différentes parties du territoire national sont très coûteuses, obligeant à construire d'immenses ponts ou tunnels, ou à multiplier des liaisons aériennes et maritimes peu rentables. Toutefois, depuis quelques décennies, le développement du tourisme dans ces espaces attirants par leur climat (îles tropicales) ou leur style de vie original tend à compenser les handicaps et procure à leurs habitants une source de revenus importante. Dans certaines îles, le tourisme est presque devenu une monoactivité, à tel point qu'il représente un risque pour leur économie et leur environnement. En outre, les îles et les États insulaires, et notamment les îles d'origine corallienne, sont menacés par la probable élévation moyenne du niveau de la mer due au réchauffement climatique (par exemple les Maldives, dans l'océan Indien).

Enfin, les îles océaniques, après avoir servi de simples dépôts de vivres, sont devenues, grâce à l'extension des eaux territoriales, des territoires stratégiques ou économiques essentiels pour les pays les plus puissants, abritant des bases militaires ou permettant de contrôler d'immenses étendues maritimes. Du fait de l'enjeu qu'ils représentent, la soixantaine de « micro-États » insulaires que compte la planète connaissent souvent des troubles politiques, accentués par des conditions économiques parfois précaires.