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États-Unis : population

Chicago
Chicago

  • Population : 320 051 000 hab. (estimation pour 2013)

La population se caractérise par une inégale répartition, une forte urbanisation et une hétérogénéité ethnique notable. L'Est et la région des Grands Lacs demeurent encore les régions les plus densément peuplées, malgré le rapide accroissement de la Californie et du Sud-Ouest. La population compte près de 80 % de citadins, dont les deux tiers se concentrent dans plus d’une quarantaine d'agglomérations millionnaires, parmi lesquelles émergent New York, Los Angeles et Chicago. Les Noirs représentent plus de 12 % du total, beaucoup plus que d'autres minorités (Indiens, Asiatiques) ; les Hispaniques sont aujourd'hui aussi, voire plus, nombreux (avec une notable immigration clandestine, en particulier à partir du Mexique).

1. Les étapes du peuplement

Longtemps concentrées sur le littoral atlantique et davantage tournées vers l'Europe que vers l'intérieur, les populations ont essaimé au xixe s., aux dépens des Africains asservis, dans les plantations du Sud, et des Amérindiens, exterminés ou refoulés dans les réserves de l'Ouest.

La colonisation a été encouragée par la ruée vers l'or californien, la promotion faite par les compagnies de chemin de fer fondatrices de villes et désireuses de tirer profit des grands domaines que l'État fédéral leur avait concédés, ainsi que par le Homestead Act (1862) accordant à toute personne un droit de propriété gratuit sur une parcelle (65 ha) d'un township. De fait, le recensement de 1890 a conclu à la disparition de la « Frontière », front de colonisation successivement repoussé par les colons vers l'ouest, où se seraient élaborés, selon l'idéologie, l'américanisation des immigrants européens et leur apprentissage de la démocratie.

Le Nord-Est-Midwest, ou Manufacturing Belt (plaine côtière atlantique, Appalaches, Grand Lacs), précocement industrialisé, a cependant continué à absorber l'essentiel des vagues d'immigration, principalement européennes, du xixe s. : les Anglais, les Écossais, les Allemands, les Scandinaves et, à partir des années 1840, les Irlandais puis les Québécois ont été relayés par des millions d'Italiens, de Slaves (Russes, Polonais), de Roumains et de Juifs d'Europe orientale entre 1880 et 1920. Ces régions ont également accueilli, au xxe s., un nombre important de Noirs du Sud qui, attirés par les besoins en main-d'œuvre de l'industrie, ont massivement migré vers le nord. Depuis les années 1940, toutefois, on assiste à un rééquilibrage au profit de la « ceinture du soleil » (Sun Belt) : si les deux tiers des Américains vivent encore à l'est du Mississippi, le centre de gravité de la population a, quant à lui, franchi le fleuve et se situe, à présent, au sud-ouest de Saint Louis. Ainsi, depuis les années 1980, les États du Sud et de l'Ouest rassemblent la moitié de la population américaine. Le Sud ensoleillé, chaud, désormais climatisé, s'industrialise et attire les descendants des migrants noirs et les retraités. L'Ouest, du Texas à l'État de Washington en passant par la Californie, a bénéficié des délocalisations stratégiques de centres de recherche militaires durant la Seconde Guerre mondiale, qui ont attiré à leur suite nombre d'industries de haute technologie. Le dynamisme de sa périphérie côtière se propage désormais vers l'intérieur. Seuls les États agricoles des Grandes Plaines ne profitent pas de ces mouvements de population.

Les divisions administratives des États-Unis

DIVISIONS ADMINISTRATIVES DES ÉTATS-UNIS

État

Superficie (en km2)

Population (recensement de 2010)

Capitale

Alabama

133 915

4 779 736

Montgomery

Alaska

1 530 000

710 231

Juneau

Arizona

295 000

6 392 017

Phoenix

Arkansas

138 000

2 915 918

Little Rock

Californie

411 000

37 253 956

Sacramento

Caroline du Nord

136 413

9 535 483

Raleigh

Caroline du Sud

80 582

4 625 364

Columbia

Colorado

270 000

5 029 196

Denver

Connecticut

13 000

3 574 097

Hartford

Dakota du Nord

183 119

672 591

Bismarck

Dakota du Sud

199 730

754 844814 180

Pierre

Delaware

5 295

897 934

Dover

Floride

151 670

18 801 310

Tallahassee

Géorgie

152 488

9 687 653

Atlanta

Hawaii

16 600

1 360 301

Honolulu

Idaho

216 412

1 567 582

Boise

Illinois

146 075

12 830 632

Springfield

Indiana

94 000

6 483 802

Indianapolis

Iowa

146 000

3 046 355

Des Moines

Kansas

213 063

2 853 118

Topeka

Kentucky

104 623

4 339 367

Frankfort

Louisiane

125 674

4 533 372

Baton Rouge

Maine

86 156

1 328 361

Augusta

Maryland

27 092

5 773 552

Annapolis

Massachusetts

21 500

6 547 629

Boston

Michigan

150 780

9 883 640

Lansing

Minnesota

217 735

5 303 925

Saint Paul

Mississippi

123 500

2 967 297

Jackson

Missouri

180 500

5 988 927

Jefferson

Montana

381 000

989 415

Helena

Nebraska

200 000

1 826 341

Lincoln

Nevada

295 000

2 700 551

Carson

New Hampshire

24 000

1 316 470

Concord

New Jersey

20 169

8 791 894

Trenton

New York

128 400

19 378 102

Albany

Nouveau-Mexique

315 000

2 059 179

Santa Fe

Ohio

107 000

11 536 504

Columbus

Oklahoma

181 000

3 751 351

Oklahoma City

Oregon

251 000

3 831 074

Salem

Pennsylvanie

117 400

12 702 379

Harrisburg

Rhode Island

3 144

1 052 567

Providence

Tennessee

109 152

6 346 105

Nashville

Texas

690 000

25 145 561

Austin

Utah

220 000

2 763 885

Salt Lake City

Vermont

24 887

625 741

Montpelier

Virginie

105 586

8 001 024

Richmond

Virginie-Occidentale

62 759

1 852 994

Charleston

Washington

176 500

6 724 540

Olympia

Wisconsin

145 348

5 686 986

Madison

Wyoming

253 500

563 626

Cheyenne

District fédéral de Columbia

175

601 723

Washington

Porto Rico

8 897

3 725 789

San Juan

2. Les tendances démographiques récentes

La croissance démographique du pays a été spectaculaire : 4 millions d'habitants en 1790, 75 millions à la fin du siècle suivant, le double en 1950 et, en 2000, plus de 280 millions d'Américains. Entre 1990 et 2000, la population a augmenté de près de 33 millions d'habitants, soit la plus forte croissance de l'histoire du pays en chiffres absolus, et de 13,2 %, en pourcentage, taux comparable à celui de la décennie 1960, quand, dans un contexte de croissance économique soutenue, le baby-boom de l'après-guerre dopait encore la natalité et que l'immigration, longtemps contenue, reprenait.

Le taux de natalité a cependant chuté de 25 ‰ dans les années 1950 (baby boom) aux environs de 14 ‰ dans les années 1970 (baby krach). Après s'être maintenu autour de 15,5 ‰ au cours des années 1980, il diminue de nouveau pour tomber à 13,8 ‰. Les indicateurs les plus récents montrent toutefois que ce déclin a été stoppé puisque le taux est à présent repassé à 14 ‰.

La mortalité a reculé plus lentement, de 10,5 ‰ aux alentours de 8 ‰.

L'indice de fécondité, qui a été divisé par deux entre 1960 et 1980, reste cependant, avec 2,1 enfants par femme, plus élevé que dans les autres pays développés.

Ces moyennes doivent en outre être affinées en fonction des composantes de la population : ainsi, les Noirs connaissent une natalité d'environ 20 ‰ et une fécondité de 2,4 enfants par femme. Chez les Hispaniques, celle-ci avoisine même 3 enfants par femme. Globalement, le taux d'accroissement démographique annuel qui s'est ralenti, passant de 1,5 % par an à 0,9 % de 1960 à 1990, remonte à 1,1 %.

Malgré ces chiffres sans comparaison avec les autres pays occidentaux, comme dans ces derniers la population tend, relativement (car, du fait du dynamisme démographique, le phénomène est moins spectaculaire qu'ailleurs dans le monde développé), à vieillir : l'espérance de vie s'allonge et atteint aujourd'hui 79 ans. L'âge médian est désormais de 36 ans (contre 30 ans en 1980). Les Américains de plus de 60 ans représentent 18 % de la population et les jeunes de moins de 15 ans, 20 %. À quelques exceptions près, les États du Sud et de l'Ouest, où les moins de 18 ans constituent près de 30 % de la population, sont plus jeunes que ceux du Nord-Est et du Midwest.

En somme, malgré le sursaut des années 1990, et une conjoncture globalement plus favorable, la démographie américaine suit la même évolution que celle des autres pays développés. Comme au Canada voisin, elle se distingue néanmoins par la place de l'immigration, qui assure un bon tiers de l'accroissement démographique annuel.

3. Pays d'immigrants, population pluriethnique, nation multiculturelle

En 2000, la population américaine était composée, selon les catégories de l'US Census Bureau (l’équivalent de l’I.N.S.E.E. en France), à environ 70 % (contre 75 % en 1990) de Blancs, 13 % d'Hispaniques (9 %), 12,3 % de Noirs (12,1 %), 3,6 % d'Asiatiques (2,9 %), d'environ 1 % d'Amérindiens.

Plus de 75 millions d'immigrants se sont installés aux États-Unis depuis 1820, dont 7,5 millions dans les années 1980 (soit autant que dans les deux décennies précédentes) et 11 millions dans les années 1990. En 1921 et 1924, des lois établissant des quotas ont surtout visé les ressortissants des pays de l'Europe du Sud et de l'Europe de l'Est, suspectés de ne pouvoir se fondre dans le fonds anglo-saxon dominant, les Chinois, quant à eux, étant interdits d'entrée depuis 1882. En 1965, le Congrès a supprimé ces quotas et fixé des plafonds qui s'élèvent, pour l'ensemble des continents, à 290 000 immigrants par an, dont 170 000 pour l'Europe, et à 20 000 immigrants au maximum par pays. Révisée en 1987, la loi autorise la venue annuelle de 540 000 immigrants, portée à 700 000 en 1990, la priorité étant donnée à la main-d'œuvre qualifiée. Concernant les clandestins, une loi de 1986, renforcée depuis, prévoit leur régularisation ou leur expulsion, ainsi que des sanctions à l'égard des employeurs. Leur nombre a considérablement augmenté et ils représenteraient 11 millions des 33 nouveaux millions d'habitants entre 1990 et 2000.

Dans les années 1950, 75 à 80 % des immigrants étaient des Européens. À présent, ce sont, pour les quatre cinquièmes, des travailleurs manuels ou qualifiés d'Amérique latine (plus de 40 %) et d'Asie (entre 35 et 40 %) venant, pour l'essentiel, de sept pays : Mexique, Philippines, Chine/Taïwan, Viêt Nam, Corée du Sud, Inde et République dominicaine. Présents sur tout le territoire, ils privilégient néanmoins un petit nombre d'États côtiers et/ou frontaliers, de la Californie au Texas et du New Jersey au Massachusetts, sans oublier la Floride. Les Asiatiques se concentrent principalement sur la façade pacifique, les Hispaniques, dans les États frontaliers avec le Mexique et jusque dans le Nevada et le Colorado (plus la Floride), où l'on évoque la naissance d'une « Mexamérique ».

Le nombre d'Américains d'origine asiatique a doublé entre 1980 et 1990. Leur revenu moyen, de 15 % supérieur à celui des Blancs, et la proportion des plus de 25 ans ayant suivi des études universitaires (38 % contre 26 % pour les Blancs et 13 % pour les Noirs) attestent une insertion exceptionnelle. Devenus, avec l'immigration et une croissance de 60 % de leurs effectifs en dix ans, la minorité la plus représentée devant la communauté africaine-américaine, les Hispaniques constituent néanmoins un groupe assez diversifié. Les réfugiés de Cuba (5 %), dont la grande majorité vit en Floride, ont un niveau de vie et un statut social assez proches du reste de la population. Ils se distinguent des Portoricains (10 %, présents surtout à New York), plus jeunes et revendicateurs, ainsi que des Mexicains (60 %), qui fuient la misère et le chômage et qui composent le gros des clandestins (wet backs frontaliers). Les Hispaniques font parfois l'objet de manifestations de rejet, pour des questions religieuses et linguistiques. L'usage de l'espagnol se répand de fait, mais 90 % des Hispaniques nés aux États-Unis parlent couramment l'anglais, signe d'une insertion en cours, en définitive assez rapide comparée à celle des Noirs.

Victimes de la ségrégation jusqu'aux lois civiques des années 1960, les Noirs ont bénéficié, par la suite, d'une politique en faveur des minorités (Affirmative Action) qui a renforcé en leur sein une bourgeoisie dynamique représentée, notamment, par Colin Powell, ex-chef d'état-major et secrétaire d'État de l'administration G. W. Bush, par le juge à la Cour suprême Clarence Thomas et par de nombreuses personnalités politiques et médiatiques ; la victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle en novembre 2008 représente pour sa part un immense espoir – plus que d’insertion, de réussite – pour toute la communauté afro-américaine. Mais la grande majorité de la communauté noire (les deux tiers environ) n'a pas vu sa situation s'améliorer au même rythme que le reste de la population. Ainsi, 30 % des Noirs (contre 11 % des Blancs) vivent au-dessous du seuil de pauvreté, dans le Sud profond ou dans les ghettos urbains. La mortalité infantile (16 ‰) reste deux fois plus élevée que la moyenne. Mais, si la croissance économique actuelle ne réduit pas les écarts sociaux, elle tend semble-t-il à atténuer légèrement la fracture ethnique.

De fait, les Blancs non hispaniques sont devenus minoritaires dans certaines grandes villes (Los Angeles, San Francisco, Houston…), voire dans certains États. C'est désormais le cas de l'État le plus peuplé, la Californie. Les minorités forment 75 % de la population du District de Columbia (Washington), 70 % de celle d'Hawaii, 50 % de celle du Nouveau-Mexique. Enfin, les Noirs constituent les deux tiers de la population de Detroit, de Washington, d'Atlanta, dont ils ont pris le contrôle politique. D'où parfois des tensions, plus ou moins violentes, entre communautés (émeutes raciales de Los Angeles en 1992).

Les diverses communautés cohabitent, néanmoins, en conservant leurs particularités au lieu d'adopter celles du groupe dominant : le salad bowl, ou « macédoine », a remplacé comme symbole d'une société multiculturelle l'image – idéologique et illusoire – du melting pot, ou « creuset ». L'appartenance ethnique succède ainsi aux religions dans la formation d'une identité individuelle qui se nourrit d'un profond sentiment communautaire. Son développement traduit donc moins une fragmentation de la société américaine que la poursuite de son mode particulier de fonctionnement. Il contribue, en outre, à l'émergence de l'idée d'une « nation-monde » qui alimente la prétention du pays à l'universalité (modes de vie, culture).

4. Une population de citadins

Le pays, fortement urbanisé, compte 79 % de citadins. Les deux tiers des Américains se concentrent dans 45 agglomérations millionnaires, dont 20 dépassent 2,5 millions d'habitants (en comptant San Juan, dans le territoire associé de Porto Rico). Ce phénomène de « métropolisation » explique, notamment, que plus de 60 % des citadins résident dans les banlieues. Celles-ci regroupent, aujourd'hui, l'essentiel des activités industrielles et tertiaires. Structurées par l'automobile et de gigantesques autoroutes, elles développent, autour des principaux nœuds de communication, des parcs industriels et des quartiers d'affaires, édifiant une ville inverse où la périphérie domine (et non plus le centre-ville).

Malgré des programmes de réhabilitation et le retour d'une partie des cadres aisés sans enfants, les centres-villes s'appauvrissent : sièges des groupes internationaux, leurs quartiers d'affaires (CBD : Central Business District) sont environnés de zones d'habitation souvent dégradées, occupées par des populations défavorisées, noires et hispaniques essentiellement. En raison du départ des activités économiques et des riches contribuables, et en l'absence de solidarité financière à l'échelle de l'agglomération, leurs revenus fiscaux s'amenuisent alors que les besoins sociaux des populations résidentes appellent un surcroît de charges (notamment en périodes de crise économique). D'où des problèmes de gestion qui entraînent un délabrement des services, la poursuite des départs et une aggravation de la situation (qui semble, aujourd'hui, provisoirement enrayée, mais pour combien de temps ?).

L'agglomération devient donc multipolaire. Le symbole de cette métropolisation polycentrique est la conurbation de Los Angeles, qui étale ses 13 millions d'habitants, ses quartiers d'affaires, ses zones industrielles et ses centres commerciaux sur plus de 10 000 km2 (l'équivalent de deux départements français), le long de 2 000 km d'autoroutes passablement engorgées. La redistribution spatiale des activités et d'une population très mobile (1 Américain sur 6 déménage tous les ans) au sein de l'agglomération se double d'une réorganisation du réseau urbain à l'échelle du pays (voire même du continent), les phénomènes de métropolisation et de littoralisation traduisant l'importance accrue de l'ouverture au monde des États-Unis.

5. La répartition spatiale de la population

La faible densité moyenne de la population, de l'ordre de 30 habitants par km2, ne rend pas compte d'une répartition spatiale très contrastée, allant de 2 habitants par km2 dans le Wyoming à plus de 400 habitants par km2 dans le New Jersey. La distribution des densités révèle une double opposition est-ouest et côtes-intérieur.

La moitié de la population se concentre sur les façades littorales, soit 25 % du territoire, l'intérieur du pays montrant un peuplement en oasis. Les densités les plus élevées correspondent aux zones anciennement occupées de l'Est atlantique (de Norfolk à Portland), aux axes de pénétration intérieure (les Grands Lacs, le Mississippi et ses affluents orientaux) et aux pôles récents de développement de la façade pacifique (Puget Sound, côte californienne, Grande Vallée).

Trois vastes semis urbains apparaissent dominés par trois mégapoles de rayonnement mondial, New York (plus de 20 millions d'habitants), Chicago (9,6 millions), Los Angeles (13 millions) ; une mégalopolis de Boston à Washington (Bos-Wash, plus de 50 millions d'habitants sur 2 % du territoire) égrène ses immenses métropoles (dont Baltimore, Boston, New York, Philadelphie et Washington) et leurs banlieues sur 650 km et tend à se desserrer vers le Vermont, le New Hampshire et la Virginie ; les villes des Grands Lacs (dont Chicago, Cleveland-Akron et Detroit) forment un corridor industriel de Milwaukee à Buffalo et à Pittsburgh (Mil-Pitt) ; enfin, l'urbanisation quasi continue de la côte californienne s'étire de San Francisco à San Diego (San-San) et même au-delà de la frontière mexicaine, jusqu'à Tijuana.

Ailleurs dans le pays, un chapelet de grosses métropoles émerge de façon spectaculaire : Houston (6 millions d'habitants), Atlanta (5 millions), Miami-Fort Lauderdale (5,5 millions), Sea-Tac (Seattle-Tacoma, 3,4 millions), Phoenix-Mesa (4,2 millions), Minneapolis-Saint Paul (3 millions)… Les cités du Vieux Sud connaissent un véritable essor : Atlanta , Nashville, avec aussi, sur les marges de cette région, les villes de Floride, celles du Texas ou celles de Caroline du Nord : Miami , Orlando, mais aussi Austin , Raleigh-Winston-Salem, Dallas… De même, le dynamisme des États de l'Ouest repose des conurbations géantes comme Los Angeles ou San Francisco. Se sont très rapidement développées de grosses agglomérations comme Phoenix, Denver, Seattle et Portland. Championne toutes catégories de la croissance, Las Vegas (dépassant 1,6 million d'habitants). Ces records affectent aussi les villes moyennes de cet espace, à l'instar de Boise, dans l'Idaho, Reno, dans le Nevada, Tucson, dans l'Arizona, Salt Lake City, dans l'Utah… Les grandes cités en queue de peloton de la croissance, à l'exception de Saint Louis, au cœur des Plaines rurales, et de La Nouvelle-Orléans, à leur débouché sur le Mississippi et le golfe du Mexique, sont toutes situées dans la ceinture « de la rouille » (Rust Belt), région d'industries lourdes en reconversion : Philadelphie, Detroit et Milwaukee, Rochester et Cleveland, tandis que Pittsburgh et Buffalo-Niagara Falls déclinent.

Les divisions administratives des États-Unis

DIVISIONS ADMINISTRATIVES DES ÉTATS-UNIS

État

Superficie (en km2)

Population (recensement de 2010)

Capitale

Alabama

133 915

4 779 736

Montgomery

Alaska

1 530 000

710 231

Juneau

Arizona

295 000

6 392 017

Phoenix

Arkansas

138 000

2 915 918

Little Rock

Californie

411 000

37 253 956

Sacramento

Caroline du Nord

136 413

9 535 483

Raleigh

Caroline du Sud

80 582

4 625 364

Columbia

Colorado

270 000

5 029 196

Denver

Connecticut

13 000

3 574 097

Hartford

Dakota du Nord

183 119

672 591

Bismarck

Dakota du Sud

199 730

754 844814 180

Pierre

Delaware

5 295

897 934

Dover

Floride

151 670

18 801 310

Tallahassee

Géorgie

152 488

9 687 653

Atlanta

Hawaii

16 600

1 360 301

Honolulu

Idaho

216 412

1 567 582

Boise

Illinois

146 075

12 830 632

Springfield

Indiana

94 000

6 483 802

Indianapolis

Iowa

146 000

3 046 355

Des Moines

Kansas

213 063

2 853 118

Topeka

Kentucky

104 623

4 339 367

Frankfort

Louisiane

125 674

4 533 372

Baton Rouge

Maine

86 156

1 328 361

Augusta

Maryland

27 092

5 773 552

Annapolis

Massachusetts

21 500

6 547 629

Boston

Michigan

150 780

9 883 640

Lansing

Minnesota

217 735

5 303 925

Saint Paul

Mississippi

123 500

2 967 297

Jackson

Missouri

180 500

5 988 927

Jefferson

Montana

381 000

989 415

Helena

Nebraska

200 000

1 826 341

Lincoln

Nevada

295 000

2 700 551

Carson

New Hampshire

24 000

1 316 470

Concord

New Jersey

20 169

8 791 894

Trenton

New York

128 400

19 378 102

Albany

Nouveau-Mexique

315 000

2 059 179

Santa Fe

Ohio

107 000

11 536 504

Columbus

Oklahoma

181 000

3 751 351

Oklahoma City

Oregon

251 000

3 831 074

Salem

Pennsylvanie

117 400

12 702 379

Harrisburg

Rhode Island

3 144

1 052 567

Providence

Tennessee

109 152

6 346 105

Nashville

Texas

690 000

25 145 561

Austin

Utah

220 000

2 763 885

Salt Lake City

Vermont

24 887

625 741

Montpelier

Virginie

105 586

8 001 024

Richmond

Virginie-Occidentale

62 759

1 852 994

Charleston

Washington

176 500

6 724 540

Olympia

Wisconsin

145 348

5 686 986

Madison

Wyoming

253 500

563 626

Cheyenne

District fédéral de Columbia

175

601 723

Washington

Porto Rico

8 897

3 725 789

San Juan

Les États champions de la croissance démographique forment une écharpe occidentale, de l'État de Washington au Texas (plus la Géorgie, la Floride et la Caroline du Nord), avec en tête des États des montagnes Rocheuses, le Nevada, l'Arizona, le Colorado, l'Utah. À la traîne, l'Ohio, le Rhode Island, le Maine, le Connecticut, la Pennsylvanie, tandis que la Virginie-Occidentale et le Dakota du Nord stagnent et que le district de Columbia perd des habitants. En résumé, la plupart des États ruraux des Grandes Plaines et la région anciennement très industrialisée du Nord-Est ont des taux de croissance inférieurs à la moyenne nationale et accentuent leur déclin relatif. De fait, le Nord-Est-Midwest fait désormais presque jeu égal avec un Sud (de la Virginie au Texas) qui compte pas loin de 40 % de la population (33 % des Américains en 1890, cette apparente stabilité masquant en fait une longue période de déclin, de 1890 à 1950), tandis que l'Ouest en regroupe environ le quart (contre seulement 3,5 % de la population en 1890). Le centre de gravité démographique du pays est désormais au cœur du Missouri. Cette évolution implique en outre le renforcement du poids politique de ces régions de la Sun Belt, dans l'ensemble plus conservatrices que les États du Nord-Est, de tendance démocrate : après la Californie, État le plus peuplé avec ses 37 millions d'habitants, le Texas, fort de ses 25 millions d'habitants, envoie désormais plus de représentants à la Chambre et de grands électeurs au collège électoral que l'État de New York, relégué à la troisième position (19 millions d'habitants) et talonné par la Floride (16 millions d'habitants).

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique des États-Unis et activités économiques des États-Unis.