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western

(américain western, de l'ouest)

Film dont l'action se situe dans le Far West américain et qui illustre certains épisodes de la conquête des terres de l'Ouest sur les Indiens.

La conquête de l'Ouest, poussant pionniers et aventuriers dans les pays situés au-delà de la Frontier, a donné naissance à des personnages spécifiques : l'Indien (également appelé « Peau-Rouge »), le cow-boy (gardien ou convoyeur de bétail), l'éleveur, le chercheur d'or, le chasseur de bisons, le trappeur, mais aussi le shérif, le justicier, le hors-la-loi, le joueur de poker, la prostituée de saloon, parmi toute une galerie de portraits qui singularisent le western en tant que genre cinématographique. L'espace y est un acteur à part entière, offrant de majestueux décors naturels aux attaques de diligences, aux poursuites à cheval ou aux charges de la cavalerie américaine. Dans tous ces cas, le cheval est lui aussi un héros de western.

Enfin, le fort, poste avancé de la nouvelle civilisation en terre indienne, ou la ville de pionniers, lieu de tous les rêves mais aussi des règlements de comptes qui font parler la poudre, appartiennent de droit à ce qui deviendra la légende du Far West. La musique de western, jouée au banjo ou à l'harmonica, parachève l'archétype.

La genèse d'un genre au temps du muet

L'Attaque du Grand Rapide ([The Great Train Robbery], 1903), d'Edwin Stanton Porter, est le premier western en date. Son succès entraîne la prolifération de petits films dans lesquels se spécialisent réalisateurs (T. H. Ince) et acteurs (William S. Hart, Tom Mix). Dès l'apparition d'Hollywood, le genre est à l'honneur avec le Mari de l'Indienne, de C. B. De Mille (1914). D. Fairbanks fait lui-même ses débuts dans des westerns (le Métis, Allan Dwan, 1916), avant d'incarner le héros de Johnston McCulley dans le Signe de Zorro (Fred Niblo, 1920).

Outre le thème des guerres indiennes traité par le Dernier des Mohicans (Maurice Tourneur, 1920), les westerns montrent la ruée vers l'Ouest (la Caravane vers l'Ouest, James Cruze, 1923) et la construction du chemin de fer (le Cheval de fer, J. Ford, 1924). L'ère du muet s'achève alors que G. Cooper obtient ses premiers grands rôles (Au service de la loi, Arthur Rosson, 1927 ; le Chant du loup, V. Fleming, 1929).

L'avènement des premières stars

Le premier grand western parlant est la Piste des géants (1930), réalisé en format 70 mm par R. Walsh et interprété par le débutant J. Wayne. Au cours des années 1930, le champion de rodéo Ken Maynard devient le héros du Far West préféré du public américain et les cow-boys chantants Roy Rogers et Gene Autry font leur apparition. Les principaux studios mettent en œuvre des westerns à grand spectacle, où les personnages manifestent une profondeur psychologique (Billy le Kid, K. Vidor, 1930 ; Cimarron, Wesley Ruggles, 1931 [le premier western à obtenir l'oscar du meilleur film]).

Aux côtés de G. Cooper (Une aventure de Buffalo Bill, C. B. De Mille, 1936) et de J. Wayne (la Chevauchée fantastique [Stagecoach], J. Ford, 1939), dont la carrière est lancée, d'autres acteurs campent des héros de western : Randolph Scott (Frontier Marshall, Allan Dwan, 1939), Tyrone Power et H. Fonda (le Brigand bien-aimé [sur la légende des frères James], Henry King, id.), J. Stewart (Femme ou Démon, George Marshall, id.), E. Flynn (la Caravane héroïque, M. Curtiz, 1940).

L'ère des classiques

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le western devient le genre cinématographique favori du public de tous les pays. Après les Conquérants d'un nouveau monde (1947), De Mille s'efface. C'est alors J. Ford qui s'impose comme le maître du genre en réalisant treize westerns : la Poursuite infernale ([My Darling Clementine], 1946) retrace le fameux affrontement à OK Corral entre le shérif Wyatt Earp (H. Fonda) et le clan Clanton ; le Massacre de Fort Apache (1948) transpose la défaite de Custer à Little Big Horn ; la Prisonnière du désert (1956) évoque le sort des enfants blancs enlevés par les Indiens ; le Sergent noir (1960) s'insurge contre le racisme ; l'Homme qui tua Liberty Valance (1962) en finit avec les grands mythes ; les Cheyennes (1964) réhabilitent la cause des Indiens.

R. Walsh est tout aussi prolifique, avec des films comme la Vallée de la peur (1947), la Fille du désert (1949), Victime du destin (1952), Bataille sans merci ([film en relief], 1953), les Implacables (1955), la Charge de la huitième brigade (1964).

Réalisateur toujours très inspiré, H. Hawks fait preuve à la fois de rigueur et d'humour dans la Rivière rouge (1948) et la Captive aux yeux clairs (1952), puis il réalise le chef-d'œuvre Rio Bravo (1959), avant de se livrer à une réflexion ironique (El Dorado, 1967) et à un bilan désenchanté (Rio Lobo, 1970).

K. Vidor trouve dans le western prétexte à son goût pour la démesure (Duel au soleil, 1947). William Wellman, qui a introduit le réalisme dans le genre (l'Étrange Incident [réquisitoire contre le lynchage], 1943), tourne encore la Ville abandonnée (1948), Au-delà du Missouri (1951), Convoi de femmes (id.). A. Mann fait de J. Stewart son acteur de prédilection (l'Appât, 1953 ; l'Homme de la plaine, 1955), mais tourne aussi une de ses œuvres majeures avec G. Cooper (l'Homme de l'Ouest, 1958). Henry Hathaway attache son nom notamment à l'Attaque de la malle-poste (1951), la Fureur des hommes (1958) et Nevada Smith (1966).

En 1962, J. Ford, H. Hathaway et G. Marshall réalisent la Conquête de l'Ouest, une superproduction qui lance le procédé Cinérama. De grands acteurs passent aussi derrière la caméra, tels J. Wayne (Alamo, 1960) et M. Brando (la Vengeance aux deux visages, 1961).

La représentativité du genre

Le western est une source d'inspiration pour des réalisateurs, y compris d'origine étrangère, qui cultivent d'autres genres. Ainsi, F. Lang (déjà auteur du Retour de Frank James [1940] et des Pionniers de la Western Union [1941]) revient au western avec l'Ange des maudits (1952), tandis que O. Preminger s'y essaie avec la Rivière sans retour (1954).

Tandis que N. Ray (Johnny Guitare, 1954) et J. Huston (le Vent de la plaine, 1960) illustrent le courant lyrique du western, la veine réaliste se prolonge avec Fred Zinnemann (Le train sifflera trois fois [pathétique parabole sur la lâcheté], 1952), George Stevens (l'Homme des vallées perdues, 1953), W. Wyler (les Grands Espaces, 1958), A. Penn (le Gaucher [portrait de Billy le Kid interprété par P. Newman], id.) ou Edward Dmytryk (l'Homme aux colts d'or, 1959).

Maître du film d'action, J. Sturges replace le western au cœur de cette tradition avec Règlement de comptes à OK Corral (1957), le Trésor du pendu (1958), le Dernier Train de Gun Hill (1959) et les Sept Mercenaires (1960), transposition du film les Sept Samouraïs (1954) du Japonais Akira Kurosawa.

D'autres cinéastes encore, embrassant la cause indienne, incarnent la tendance au progressisme inaugurée par D. Daves dans la Flèche brisée (1950) : ce sont R. Aldrich (Bronco Apache, 1954), S. Fuller (le Jugement des flèches, 1957), Richard Brooks (la Dernière Chasse, 1956 ; les Professionnels, 1966 ; la Chevauchée sauvage, 1975).

Les ultimes métamorphoses

L'ère des métamorphoses se poursuit avec Monte Hellman, qui intellectualise le western (l'Ouragan de la vengeance, 1966). Sam Peckinpah met l'accent sur la violence (la Horde sauvage, 1969), tandis que George Roy Hill joue de la nostalgie (Butch Cassidy et le Kid, 1969) et que Ralph Nelson ajoute sa voix à ceux qui dénoncent les massacres d'Indiens (Soldat bleu, 1970).

De retour d'Italie, où il a participé à l'aventure du « western-spaghetti » de S. Leone, C. Eastwood devient un héros de western d'un genre nouveau, dans Sierra torride (Don Siegel, 1970) et Joe Kidd (J. Sturges, 1972), avant de réaliser lui-même l'Homme des hautes plaines (1973), Josey Wales hors-la-loi (1976), Pale Rider (1985) et Impitoyable (1992), qui le consacrent comme auteur à part entière.

Si J. L. Mankiewicz (le Reptile, 1970), A. Penn (Little Big Man, id.) et R. Altman (John McCabe, 1971 ; Buffalo Bill et les Indiens, 1976) mènent à bien leur entreprise de démythification, S. Pollack, auteur de Jeremiah Johnson (1972), donne encore ses chances au western à ambition humaniste et écologique, dont le film de Kevin Costner Danse avec les loups (1991) sera l'apothéose – en même temps, sans doute, que le testament du genre tout entier.