En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

tsunami

(japonais tsunami, raz de marée)

Tsunami, Asie du Sud-Est, décembre 2004
Tsunami, Asie du Sud-Est, décembre 2004

Raz de marée d'origine tellurique, provoqué par une instabilité brusque du plancher océanique résultant d'un séisme, d'une éruption volcanique ou d'un glissement de terrain.

1. Caractéristiques

Les tsunamis sont d'énormes vagues qui viennent s'abattre sur certaines côtes et qui balaient tout sur leur passage. Quelquefois, la mer se retire dans un premier temps, laissant des poissons sur la grève découverte, pour revenir soudainement avec force. Plusieurs puissantes vagues peuvent ainsi se succéder, écrasant ou propulsant à l'intérieur des terres hommes et bêtes, bateaux et maisons, puis aspirant dans les flots les victimes et les débris. Toute la colonne d'eau à l'aplomb du déplacement du plancher océanique est poussée brutalement, et ce mouvement se propage telle une onde à travers l'océan à une vitesse de 700 à 800 km/h. En surface, les vagues qui en résultent n'atteignent guère plus d'un mètre de hauteur en pleine mer. Mais lorsque le fond sous-marin se relève progressivement à l'approche des côtes, les vagues deviennent de plus en plus hautes. Ce sont alors des murs d'eau, pouvant atteindre 30 m de haut (la hauteur d'un immeuble de douze étages), qui s'abattent sur le littoral. Cela explique que, bien souvent, les pêcheurs ne ressentent pas en pleine mer le train de vagues qui passe sous leur bateau mais découvrent, au retour, leur port dévasté. Un laps de temps allant d'une minute à plus d'une heure peut s'écouler entre deux vagues successives, dont la puissance n'est pas toujours décroissante.

2. Le réseau d'alerte international

Au cours de sa propagation en mer, une onde solitaire perd très peu de son énergie ; de ce fait, elle peut se propager sur des distances considérables et venir ravager des côtes situées à des milliers de kilomètres de son mécanisme générateur.

Il a donc été instauré un réseau d'alerte international aux tsunamis, le Seismic Sea Waves Warning System, où les données sismologiques mondiales en relation avec un événement pouvant donner naissance à un tsunami sont transmises de façon à organiser l'évacuation des populations concernées. En place depuis 1968 et centralisé à Hawaii, région du globe particulièrement touchée par les tsunamis du fait de sa situation géographique au centre de la « ceinture de feu » du Pacifique, il implique 28 pays du Pacifique et fonctionne avec des réseaux de stations d'observation sismologique, des bouées et des capteurs de pression sous-marins reliés par des câbles ; les données recueillies sont transmises par satellite aux stations.

Dès qu'un séisme est enregistré, des scientifiques analysent les données avec des modèles et déterminent s'il existe un risque de tsunami. Dans l'affirmative, l'alerte est immédiatement relayée vers des centres nationaux, qui la diffusent selon leurs propres moyens (par exemple, au Japon, des haut-parleurs géants installés sur les côtes). L'ampleur de la catastrophe provoquée par le tsunami qui a ravagé les côtes des pays d'Asie du Sud le 26 décembre 2004 a montré la nécessité d'étendre le système actuel d'alerte aux pays riverains de l'océan Indien. Un système d'alerte même très performant n'aurait cependant pas permis d'informer à temps les populations riveraines de Sumatra, en raison du trop bref intervalle de temps ayant séparé le séisme du tsunami dévastateur, tant le séisme était proche de la côte.

3. Conséquences des tsunamis

Les tsunamis sont souvent plus dévastateurs que les séismes qui les ont provoqués, notamment quand l’épicentre est proche d’une côte densément peuplée. Ces catastrophes naturelles ont marqué l’histoire à plusieurs reprises : le tsunami de Santorin au xve s av. J.-C. en Grèce qui aurait anéanti la civilisation minoenne – voir plus bas –, plus d’une dizaine de vagues géantes recensées au Japon entre le xvie et le xxe siècles faisant à chaque fois plusieurs milliers de morts, notamment en 1707 et 1896, le séisme de 1755 à Lisbonne qui a engendré une onde se propageant jusqu’aux Antilles, et plusieurs événements meurtriers similaires au Chili, Pérou, Indonésie et dans les îles du Pacifique.

Mais les images cataclysmiques des tsunamis récents, filmés aujourd’hui en direct, et leurs conséquences en termes humains et économiques, permettent de mieux mesurer l’ampleur du phénomène.

3.1. Océan Indien, 2004

Le 26 décembre 2004, un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter est survenu au large de la côte ouest du nord de l'île de Sumatra engendrant une vague qui, par endroits, a dépassé les 30 m de hauteur et plus de 10 m sur les côtes. Ce tsunami a touché de nombreux pays de l’océan Indien faisant plus de 220 000 morts et des milliards de dégâts. L’eau qui est entrée dans les terres, parfois sur plusieurs kilomètres, a dévasté des villes entières et rayé de la carte certains villages en emportant tout sur son passage : maisons, routes, trains, véhicules, etc.

Les pays les plus touchés sont l’Indonésie (160 000 morts ; la seule ville de Banda Aceh sur Sumatra compte 9 000 morts), le Sri Lanka (35 000 morts), la Thaïlande (5 000 morts ; le drame a touché de nombreux touristes occidentaux en vacances sur l’île de Phuket) et l’Inde (notamment les îles de Andaman et Nicobar qui comptent 7 000 morts). Pourtant éloignées de l’épicentre, les îles Maldives, qui ne dépassent pas 1 m d’altitude, ont été partiellement submergées.

3.2. Japon, 2011

Le 11 mars 2011, un séisme avoisinant 9 sur l’échelle de Richter a touché violemment le Japon ; ce séisme, le plus puissant enregistré dans ce pays, a déplacé l’île principale de l’archipel, Honshu, de 2,4 m. Son épicentre est situé au large des côtes nord-est de l’île à 130 km de la ville de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, à 300 km de Tokyo. L’alerte au tsunami est immédiatement lancée, mais une vague de 14 m de haut déferle, à peine 10 minutes plus tard, sur les côtes proches. Malgré les préparations à ce type d’événement au Japon, Sendai et sa région sont dévastés par le tsunami. Le torrent de boue qui s’est abattu sur 10 km à l'intérieur des terres a emporté trains, véhicules et bateaux de toutes tailles ainsi que de nombreuses infrastructures, pulvérisé les maisons en bois, provoqué des incendies, notamment dans une raffinerie, inondé l’aéroport local. La catastrophe a fait plus de 25 000 morts et disparus, 550 000 personnes ont été évacuées.

Plusieurs jours après la catastrophe, l’inquiétude se focalise sur le risque nucléaire lié à l’arrêt du système de refroidissement de plusieurs réacteurs situés sur les côtes touchées, provoquant deux explosions dans la centrale de Fukushima-Daiichi. L'accident nucléaire s'avère être le plus sérieux de l’histoire du nucléaire civil depuis Tchernobyl en 1986 (classés niveau 7 – le plus élevé – sur l'échelle internationale INES).

Outre le risque lié aux radiations, les conséquences économiques de la catastrophe sont considérables : le coût des dégâts s'élève à plus de 150 milliards de dollars.

4. Les risques en Méditerranée

Des risques de tsunami existent aussi en Méditerranée, particulièrement dans sa partie orientale. Depuis l'Antiquité, cette mer a connu une vingtaine de ces cataclysmes. L'histoire a particulièrement retenu celui qui anéantit la civilisation minoenne, il y a environ 3 500 ans, quand l'éruption de l'île grecque de Santorin engendra des vagues de 50 m de haut. La Méditerranée étant une mer exiguë, les vagues arriveraient sur les côtes très rapidement, en une heure maximum. Le 1er novembre 1755, le violent séisme qui détruisit une bonne partie de Lisbonne provoqua, lui aussi, un tsunami, qui dévasta toute la côte sud-ouest de la péninsule ibérique.