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théologie

(latin ecclésiastique theologia, du grec theologia)

Dans un sens chrétien, étude portant sur Dieu et les choses divines à la lumière de la Révélation.

Théologie catholique

« Discours sur Dieu », la théologie est née au sein des traditions philosophiques et scientifiques de l'Antiquité gréco-latine. Elle se développe dès les origines du christianisme, les penseurs chrétiens amalgamant l'héritage païen avec les intuitions des prophètes hébreux et l'enseignement de la loi contenus dans la Bible. Grâce à l'effort des Pères de l'Église – notamment Origène, Augustin, Athanase, Cyrille d'Alexandrie, Basile – se dégage une théologie chrétienne : c'est celle d'une communauté croyante qui médite les écrits de l'un et l'autre Testament, rejette tout dualisme métaphysique ou antijudaïque et toute gnose, et respecte le principe d'une créature humaine capable de faire librement son salut en ce monde. Après la rupture entre Rome et Constantinople (1054), la théologie catholique occidentale est fortement influencée par la scolastique (xiie-xiiie s.), qui, avec saint Thomas d'Aquin surtout, joint une confiance renouvelée envers la légitimité souveraine de la raison dans un ordre de vérité au respect intact envers les Écritures sacrées et leurs commentateurs les plus autorisés. Quand éclate la Réforme protestante (xvie s.), qui oppose à la raison formelle et déductive des théologiens de l'école médiévale une perception plus intuitive de la réalité humaine, la Réforme catholique ou Contre-Réforme, qui s'exprime par les Pères du concile de Trente (1545-1563), tend à donner à la théologie catholique des traits « confessionnels », marqués par la polémique ; jusqu'au premier concile du Vatican (1869), la foi catholique se définit de plus en plus en vertu de la raison considérée formellement à la manière des théologiens scolastiques et non en vertu de l'expérience historique et scientifique de l'humanité contemporaine. Ces excès sont à l'origine de la crise moderniste (→ modernisme) qui, au début du xxe s., remet en question les fondements mêmes de la théologie catholique. La réaction antimoderniste qui suit, caractérisée par un thomisme rationalisé à l'excès, retarde un renouveau théologique qui, cependant, avec Henri de Lubac, Karl Rahner, Marie-Dominique Chenu, Yves Congar…, finit par s'exprimer après la Seconde Guerre mondiale, faisant une place de plus en plus large aux sciences humaines, à l'exégèse critique, à l'ecclésiologie, etc., et sachant dialoguer, pour s'enrichir, avec les théologies des autres Églises chrétiennes. Le concile Vatican II (1962-1965) consacre le renouveau théologique. Cependant, le développement des sciences humaines entraîne des spécialisations de plus en plus contraignantes. D'autre part, la théologie catholique est confrontée aux problèmes de l'inculturation du message évangélique dans les civilisations d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine (théologies de la libération).

Théologie orthodoxe

Après avoir été longtemps marquée par les controverses christologiques (ve-ixe s.), puis par les discussions relatives à la manifestation du Saint-Esprit et aux questions d'ecclésiologie (ixe-xiie s.), la théologie orthodoxe, qui s'est exprimée d'abord dans le cadre de l'Empire byzantin, finit par s'épanouir dans une théologie spirituelle très riche. Elle est caractérisée notamment par une ecclésiologie de communion. Le théologien le plus marquant reste Grégoire Palamas (1296-1359), qui assure un fondement doctrinal aux expériences mystiques des hésychastes. Après la chute de Constantinople (1453), la théologie orthodoxe est influencée par le protestantisme, mais, grâce notamment aux moines du mont Athos et au rayonnement de leur grande compilation mystique, la Philocalie, traduite en slavon en 1793, le renouveau vient, au xixe s., de la Russie. (→ Églises orientales, orthodoxie.)

Théologie protestante

Elle est fondée sur la volonté d'une exclusive référence à l'Écriture sainte, considérée comme seul témoignage authentique. C'est une théologie laïque, du peuple de Dieu, où chacun est responsable de l'interprétation de l'Écriture et de son intervention critique à tous les niveaux de la vie ecclésiale. Dans la crise contemporaine, alors que la vie de la foi et la communication de l'Évangile se heurtent avec les grandes options économiques, sociales et politiques, la théologie protestante est axée sur la responsabilité prophétique des chrétiens. Cette orientation décisive est due notamment à l'influence du plus grand théologien protestant contemporain, Karl Barth (1886-1968), dont l'œuvre est poursuivie notamment par Paul Tillich, Dietrich Bonheoffer, Rudolph Bultmann. L'exégèse, au service de l'intelligence de l'Écriture en fonction du message actualisé de l'Église, est une des fonctions essentielles à la vie des Églises protestantes.