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thermothérapie

Si l'action antitumorale d'une élévation de température (de 40 à 42 °C) est connue depuis longtemps, ce n'est qu'à partir des années 1960 qu'a été étudiée expérimentalement l'action anticancéreuse de l'hyperthermie.

Les travaux ont concerné les effets de la chaleur seule ou les combinaisons de la chaleur et des radiations ionisantes ou de substances cytotoxiques ; ils ont démontré certains mécanismes de thermosensibilité spécifiques des cellules tumorales.

Dans les années 1980, les développements technologiques et les essais cliniques de l'hyperthermie se sont multipliés en raison des potentialités de la thermothérapie révélées par les études biologiques, des insuffisances des thérapeutiques classiques pour certaines tumeurs et enfin des progrès technologiques (en particulier micro-ondes et ultrasons) permettant de produire une hyperthermie locale qui, associée à la radiothérapie, a concerné le plus grand nombre d'essais cliniques.

Ce sont les méthodes électromagnétiques qui ont été le plus souvent utilisées : radiofréquences (13 ou 27 MHz) ou micro-ondes (434, 915 ou 2 450 MHz), en application externe ou interstitielle (implantations d'aiguilles-antennes). Des résultats probants ont été obtenus, notamment pour des tumeurs des sphères oto-rhino-laryngologique et pelvienne, avec des taux de régression tumorale complète pouvant atteindre 80 % pour l'association thermothérapie-radiothérapie.

Les problèmes techniques majeurs sont liés :

– à la difficulté d'obtenir par voie électromagnétique un chauffage tumoral sélectif, et ce d'autant plus que la tumeur est plus profonde ;

– au manque de méthodes performantes de mesure de l'hyperthermie engendrée dans la tumeur (et les tissus environnants). En effet, la thermométrie par sondes (aiguilles à fibre optique) est fiable mais traumatisante et les techniques externes (micro-ondes, ultrasons, résonance magnétique) sont encore au stade de la recherche, surtout pour les tumeurs profondes.

Depuis la fin des années 1980, les essais cliniques pratiqués sur plusieurs milliers de patients sont encourageants en termes de non-toxicité et de tolérance du traitement ainsi que de régression tumorale à court terme. Cependant, l'efficacité thérapeutique de la thermothérapie en termes de durée et de qualité de survie et ses indications n'ont pas encore été établies de façon statistiquement significative et de longs travaux sont encore nécessaires pour définir les possibilités et les limites de la méthode.

De nouveaux axes de recherche se dessinent : approfondissement des mécanismes de thermosensibilité et de thermoprotection cellulaires ; étude des champs de température induits, dont la connaissance précise est nécessaire pour le contrôle de l'opération, diversification des générateurs d'hyperthermie (notamment ultrasonores), des modalités d'application comme les sondes endocavitaires (vagin, rectum…) et des modalités d'utilisation pour les pathologies infectieuses et inflammatoires.