Théorie qui, dans sa partie élémentaire, traite des notions d'ensemble, d'élément, de sous-ensemble, d'algèbre des ensembles et des relations et des applications définies sur les ensembles, et qui, dans sa partie axiomatique, vise à formaliser et axiomatiser la notion intuitive d'ensemble pour supprimer les paradoxes qui découlent de celle-ci. (La théorie des ensembles est à la base de tout l'édifice mathématique, et son vocabulaire constitue le langage des mathématiques dites modernes.)

À la fin du XIXe s., le besoin s'est fait sentir d'unifier le langage des mathématiques. G. Cantor remarqua que ce dont elles parlent, en général, c'est de collections, d'ensembles : ensembles de points (figures), ensembles de nombres (fonctions), etc. Et cela sans tenir compte de la nature des objets considérés ; seules importent les relations entre ces collections. Il n'y a donc qu'un seul type d'objet, les ensembles, et qu'une relation de base, appartenir – ou non – à un ensemble. La relation sera notée â^ et on écrira « x â^ y ». On dira aussi : « x est élément de y ». (Le contraire se note x ∉ y, x n'appartient pas à y.)
Il n'y a donc pas lieu de définir un « ensemble » – tout objet est un ensemble –, mais d'indiquer comment il peut être délimité et décrit. Deux manières sont envisageables : une énumération de ses éléments (par exemple l'alphabet : a, b, c, d…) ; une propriété permettant de savoir si un élément appartient ou non à l'ensemble (par exemple les entiers divisibles par 3).
Mais la construction du langage des ensembles, à partir d'opérations intuitives et simples, a soulevé des problèmes inattendus et délicats.
Si, dans un ensemble, on veut distinguer deux éléments autrement que par le fait qu'ils ne sont pas identiques, on doit « structurer » cet ensemble. La structure est une manière de considérer un ensemble permettant d'y effectuer certaines opérations. Si l'on désire, par exemple, exprimer : que « u est le double de v », on définit une structure algébrique ; que « A et B sont de part et d'autre de la frontière », on définit une structure topologique ; que « X et Y sont équidistants de Z », on définit une structure métrique. Et si l'on veut exprimer que « P est avant Q », on définit une structure d'ordre. Cette dernière structure permet de parcourir l'ensemble non pas de façon géométrique ou topologique, mais en se déplaçant d'un élément à un autre qui se trouve « après ».
Une relation d'ordre doit : 1. propager l'information : si a est après b et que b est après c, alors a sera après c. Ainsi, avec deux informations, on en fabrique une troisième, qui étend la relation ; c'est la transitivité ; 2. interdire les « cercles vicieux » : si a est après b et que b est après a, alors a = b ; c'est l'antisymétrie.
Pour les mathématiques, qui, entre autres, travaillent avec des collections infinies de la même manière qu'avec des ensembles finis – ce qui était l'un des objectifs de Cantor –, ces notions vont être consolidées et enrichies afin de s'appliquer au-delà du fini et de la numération à l'aide des entiers. Bien plus, les structures d'ordre vont se révéler l'outil privilégié qui permettra de définir des infinités d'infinis.
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