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technocratie

Système dans lequel les responsables politiques sont supplantés, en fait ou en droit, par les techniciens et les fonctionnaires dans la prise des décisions.

La dénonciation de la technocratie, entendue à la fois comme système de pouvoir privilégiant le point de vue de l'efficacité technique sur celui de la volonté générale, et comme groupe de fonctionnaires (ou de cadres) confisquant à leur profit l'autorité de l'État, va de pair avec la professionnalisation progressive, dans la société industrielle, de nombre d'activités s'exerçant autrefois sans l'acquisition d'une compétence spécifique (ce qu'attestent, par exemple, la multiplication récente des professionnels de la communication – conseil, médiation – ou la spécialisation du travail social).

Le développement de la technique ne suppose plus seulement la soumission du travailleur aux exigences souvent inhumaines de l'automatisation de la grande entreprise. Elle entraîne de plus en plus la perte d'autonomie de décision des individus sur le contenu de leur existence quotidienne, sur laquelle s'exerce la domination sans partage du jugement de l'expert (du médecin, du conseiller d'orientation, de l'urbaniste, etc.). La prise de conscience du risque d'inhumanité inhérent à la monopolisation par les experts du pouvoir de décision dans la vie publique, qu'illustre parfaitement l'affaire de la distribution du sang contaminé par le virus HIV à des hémophiles, suscite du même coup, dans la plupart des pays occidentaux, une généralisation de la réflexion sur les problèmes éthiques induits par l'utilisation de certaines techniques, la multiplication d'instances de contrôle (comités d'éthique) et l'élaboration de codes de déontologie pour les professions qui n'en sont pas pourvues.

La spécialisation du savoir et le morcellement de la pensée rendent de plus en plus difficiles le respect de la dignité humaine et la considération pour l'expérience de l'être considérée comme une et unique. Le problème politique qui se pose aujourd'hui explicitement et effectivement dans tous les domaines n'est pas seulement la lutte pour le pouvoir à l'intérieur d'institutions politiques données, ni la transformation de ces institutions et de quelques autres, mais la réappropriation par tous les membres de la société de leur destin, remettant en cause la régulation par l'expertise.