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taliban

(pluriel de l'arabe ṭalib, étudiant)

Étudiant en théologie islamique, d'origine pachtoune. Au pluriel, le terme désigne une mouvance islamiste djihadiste active en Afghanistan puis au Pakistan, fondée en 1994 sous le nom de Tehreek-i-Islami-i-Taliban Afghanistan.

1. Les origines et les débuts du mouvement taliban

Le mouvement des talibans naît après l’évacuation de l'Afghanistan par les troupes soviétiques en 1989 alors que le pays est déchiré par la guerre civile.

Apparu soudainement autour d’un groupe restreint de moudjahidin auquel se rallient plusieurs chefs du Hezb-i Islami (faction de Younès Khalis ayant rompu avec Gulbuddin Hekmatyar), il est rejoint par plusieurs milliers de jeunes Pachtouns d'origine rurale, pour beaucoup d’entre eux en provenance du Pakistan.

Issue des camps de réfugiés afghans établis par ce pays depuis 1979 le long de sa frontière avec l’Afghanistan, cette nouvelle génération de combattants est passée par les écoles coraniques – madrasas de tradition déobandie mais perméables à l’influence wahhabite – qui se sont multipliées dans le pays au cours des années 1980 dans le sillage de la politique d’islamisation du général Zia ul-Haq (1978-1988).

Les talibans s’imposent à Kandahar (sud de l'Afghanistan) en 1994, sous le commandement du mollah Mohammad Omar, ancien combattant du djihad contre l’occupant soviétique et originaire de cette province. Les mesures prises contre le banditisme et les exactions commises par certains chefs locaux sont bien accueillies par une population lasse de la guerre civile menée par des dirigeants désormais déconsidérés. C'est dans ce fief originel où il met fin à l’anarchie et la corruption engendrées par la lutte entre seigneurs de la guerre, que ces austères soldats d'Allah commencent à mettre en œuvre leurs principes ultrarigoristes tout en conciliant charia et lois coutumières (Pachtounwali).

2. La prise du pouvoir et l’alliance avec al-Qaida

Forts de l’appui militaire, financier, logistique du Pakistan et du soutien de la population, les talibans s’emparent de Kaboul les 26-27 septembre 1996 avant de se rendre maîtres de la quasi totalité du pays en 2000. Seuls le Pakistan, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis reconnaissent leur « Émirat islamique d'Afghanistan », régime théocratique intransigeant et implacable, particulièrement à l’égard des femmes, frappées par des interdits et des obligations « coraniques » de toute nature sous le contrôle d'un « Ministère pour la promotion de la vertu et la répression du vice ». Ne faisant que de très rares apparitions publiques et se cantonnant dans son fief de Kandahar, le mollah Omar reçoit le titre de « commandeur des croyants ».

Après y avoir fondé al-Qaida en 1988, Oussama Ben Laden est de retour en Afghanistan en 1996 où, protégé par le mollah Omar qui refusera toujours de le livrer aux Américains, il peut continuer à entraîner librement ses troupes. Au-delà des divergences entre leurs objectifs respectifs, se tisse ainsi une alliance entre les « Arabes afghans », leur chef et les talibans, scellée lors de l'offensive contre l'Alliance du Nord d'Ahmad Chah Masud à Mazar-e Charif durant l’été 1998.

Malgré ses conquêtes, le régime est cependant fragilisé par la poursuite de la guerre, l’incapacité de ses dirigeants à reconstruire un État failli, la détérioration de la situation économique et l’isolement international.

L'« hospitalité » accordée à O. Ben Laden et à ses djihadistes entraîne notamment l’affaiblissement du soutien dont il avait pu bénéficier parmi les Afghans et conduit à la rupture des relations avec l'Arabie saoudite et à l’intervention des États-Unis.

3. La défaite et la résurgence des talibans

L'opération américaine « Liberté immuable » d'octobre 2001 à la suite des attentats du 11 septembre chasse les talibans du pouvoir et les forcent à se replier dans le sud et l'est du pays ou à trouver refuge dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan et au Baloutchistan. Le mouvement n’est cependant pas défait. Bénéficiant toujours de l’appui tacite des services de renseignement pakistanais (ISI), il reconstitue ses forces à partir de Quetta (Baloutchistan), où siègent son conseil (choura) et son haut commandement.

À la faveur de l'enlisement de l'intervention internationale, désormais assimilée à une occupation, de l'impopularité croissante des troupes américaines et du régime dirigé par Hamid Karzai désigné comme le « valet » des États-Unis, il parvient à regagner du terrain à partir de 2005, renforcé par de nouveaux combattants radicalisés en provenance du Pakistan.

Parallèlement, les talibans pakistanais (Tehreek-e-Taliban Pakistan) font leur apparition officielle en décembre 2007 dans le Sud-Waziristan et multiplient de leur côté leurs attentats dans l'ensemble du Pakistan ; quant au réseau Haqqani, étroitement lié aux talibans ainsi qu'à al-Qaida, il reprend ses opérations terroristes à partir de ses bases dans le Nord-Waziristan (Miramshah) et de ses bastions dans les provinces afghanes orientales de Paktiya, Khost et Paktika.

En dépit de ses dénégations, le Pakistan fait également preuve de duplicité concernant ces deux mouvances mais, sous la pression de son allié américain et des ravages causés par les attentats, il doit à plusieurs reprises montrer davantage de fermeté, notamment à partir de juin 2014 avec le lancement d’une offensive militaire massive déclenchée dans le Nord-Waziristan.

4. Les talibans depuis 2015

Alors que les forces de sécurité afghanes prennent la relève des troupes occidentales dont la mission de combat prend officiellement fin en janvier 2015, les talibans, divisés, sont à la croisée des chemins depuis la mort du mollah Omar advenue en 2013 mais annoncée en juillet 2015, et l'apparition récente d'affidés à l'organisation « État islamique », de laquelle il entend se démarquer.

Le mouvement semble ainsi hésiter entre la poursuite du djihad – marquée par des succès militaires jusque dans le nord du pays et plusieurs attentats-suicides, notamment à Kaboul – le ralliement au gouvernement afghan (recherché et partiellement obtenu depuis 2009) d’une partie de ses combattants et l'ouverture de véritables négociations de paix.

Pour en savoir plus, voir l'article Afghanistan.