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sânkhya

Le terme de sânkhya désigne un des six darshanas, systèmes philosophiques entre lesquels sont répartis tous les textes du brahmanisme relatifs à la connaissance et selon un point de vue (darshana) qui commande leur orientation sotériologique, celui de la logique (nyâya), de la physique (vaishêshika), de la cosmologie (sânkhya), de l'union (yoga), des rites (mimânsâ) et de la métaphysique (vêdanta).

Les trois premiers darshanas sont tombés en désuétude en tant que voie de la Délivrance, mais ils subsistent et continuent d'être cultivés comme sciences traditionnelles au titre de complément des trois autres.

La tradition attribue la fondation du sânkhya à Kapila qui vécut plusieurs siècles avant notre ère et qui, dans les textes qui nous en parlent, se présente comme un sage parfait (siddha) et autonome, ayant élaboré sa doctrine de manière à la rendre indépendante de la révélation védique. Le sânkhya est ainsi appelé parce qu'il énumère les 35 véritables principes (tattvas) de l'exitsence envisagée d'une façon synthétique à partir de deux principes transcendants. Cette énumération a pour objet principal de dégager la nature réelle et immuable du 35e principe nommé purusha, la pure essence lumineuse de tout être conscient, principe éternel dont l'association avec un deuxième principe, appelé prakriti, également éternel mais inanimé, produit le cosmos tout entier. L'actualisation ainsi réalisée de ce qui est contenu à l'état potentiel dans la prakriti, racine non manifestée de la manifestation, a un double caractère téléologique, déterminant la servitude et la libération du purusha. Celui-ci, s'identifiant par ignorance avec les modalités de la connaissance empirique, perd de vue sa véritable nature alors qu'en lui-même il ne cesse jamais d'être le témoin non agissant et impassible de tous les accidents, physiques et mentaux, grossiers et subtils, du devenir universel. Par la parfaite discrimination des tattvas, des facteurs de l'existence conditionnée, l'être conscient reconnaît la nature fallacieuse de son union adventice avec la substance primordiale et cette lucidité provoque l'« involution » des tattvas, qui se résorbent l'un dans l'autre jusque dans la prakriti originelle. Celle-ci, par l'état d'équilibre ainsi rétabli, redevient purement potentialité et le purusha jouit désormais pleinement de la grande solitude (kaivalya) dont il n'était jamais véritablement sorti. Le sânkhya ignore délibérément théisme et ritualisme, et ses prémices, comme on vient de le voir, sont dualistes et pluralistes : autant de purushas qu'il y a d'êtres conscients. il est cependant considéré par les hindous comme orthodoxe avec la seule réserve qu'il implique, par rapport à un point de vue purement métaphysique, des limitations inhérentes à sa perspective cosmologique, et appropriées à un horizon mental à l'avenant.