En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques.
En savoir plus
Identifiez-vous ou Créez un compte

suite

(latin populaire *sequita, du latin classique sequi, suivre)

Série de pièces instrumentales écrites dans le même ton et relevant de la danse.

MUSIQUE

La structure formelle

Dès l'origine, le terme impliqua une « suite de danses ». Il apparut au xvie s., époque à laquelle on groupait souvent les danses deux par deux : une lente puis une vive (pavane-gaillarde). En Italie, en France, en Angleterre, l'évolution de la suite fut ainsi étroitement liée à la danse théâtrale.

Le genre se développa au xviie s., en particulier sous l'influence des luthistes. Il entra au répertoire de nouveaux instruments et sa structure de base fut établie, vers 1650, par J.J. Froberger : prélude facultatif (plus tard fréquemment remplacé par une ouverture à la française) puis allemande, courante, sarabande et gigue – ce qui donne quatre morceaux principaux (lent-vif-lent-vif), écrits dans la même tonalité. Ce cadre n'avait rien d'obligatoire. Certaines des quatre danses pouvaient manquer et d'autres s'ajouter, telles que bourrée, gavotte, menuet, passepied, rigaudon.

La fortune du genre

La suite est un genre essentiellement français, qui fut illustré par Lully, Rameau et surtout Couperin – lequel enchaînait parfois plus de vingt mouvements. Elle fut introduite par des « disciples » de Lully en Allemagne, où elle joua un rôle particulièrement important dans les œuvres instrumentales de J.-B. Bach, Händel et Telemann.

Structure ouverte, la suite domina comme genre avec la sonate jusque vers 1750, puis céda la place à d'autres formes. Ultérieurement, le terme fut parfois appliqué à des œuvres fondées essentiellement sur une succession de morceaux (Tchaïkovski).

Au xxe s., la suite évolua soit dans une optique néoclassique (Hindemith, Stravinsky), soit en fonction de conceptions stylistiques très diverses (Satie, Bartók, Schoenberg, Berg, Stockhausen).