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radicalisme

(anglais radicalism)

Léon Gambetta
Léon Gambetta

Attitude d'esprit et doctrine de ceux qui veulent une rupture complète avec le passé institutionnel.

1. En France

1.1. Origines

Le radicalisme apparaît sous le règne de Louis-Philippe. Il s'agit moins d'un corps de doctrines que d'un état d'esprit propre à ceux qui proposent une politique de réformes qui réaliseraient pleinement la laïcité, la liberté et l'égalité.

Dans le sillage de Ledru-Rollin, la grande revendication des radicaux est alors l'établissement du suffrage universel. Durant le second Empire, une nouvelle génération républicaine apparaît. Son radicalisme s'exprime en 1869 dans le programme de Belleville, proposé par Gambetta et qui vise à élargir les libertés publiques et à étendre le principe électif.

1.2. Sous la IIIe République

Mais celui-ci ayant glissé dans l'opportunisme, Clemenceau devient le chef d'un nouveau radicalisme, qui se structure en 1892 avec la formation du groupe républicain radical-socialiste (communément appelé depuis parti radical), tandis que les radicaux modérés se regroupent dans la gauche radicale. Léon Bourgeois, président du Conseil en 1895, forme le premier ministère radical homogène et se heurte à la droite sur le problème de l'impôt sur le revenu.

Les radicaux au pouvoir : naissance du parti radical et radical-socialiste

À la suite de l'affaire Dreyfus, les radicaux accèdent au pouvoir (1899) avec la victoire du Bloc des gauches. Ils forment en 1901 le parti républicain radical et radical-socialiste, dont le programme est précisé par le congrès de Nancy (1907). L'implantation rurale et provinciale du parti radical en fait un partenaire indispensable de la vie politique française. Mais, s'il se situe à gauche par son anticléricalisme, son attachement à la propriété privée l'oppose au parti socialiste (PS). Les radicaux dirigent le gouvernement pratiquement de 1902 à 1914. Avec eux, la République modérée devient la « République radicale », et la loi de séparation des Églises et de l'État est votée (1905).

Après la Première Guerre mondiale, les radicaux socialistes se définissent à la fois contre le conservatisme et contre « toute forme de bolchevisme ». Alors que la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) lui refuse son alliance et qu'apparaissent les communistes, le parti radical glisse par contrecoup un peu plus vers le centre. Édouard Herriot et Daladier alternent à sa direction.

1.3. Entre deux guerres

À la suite de son succès aux élections de 1924, le parti radical prend avec Herriot la direction du gouvernement et du Cartel des gauches (1924-1925 et 1926). Après un léger recul en 1928, il renforce ses positions en 1932 et revient à la direction du gouvernement. Les radicaux forment l'aile droite du Front populaire (1936-1938), puis reprennent la direction des affaires avec les modérés (1938-1940).

De 1940 à 1944, certains apportent leur soutien au gouvernement de Vichy, d'autres sont inquiétés (Herriot, Daladier), d'autres encore participent à la Résistance (Henri Queuille, Jean Moulin, Pierre Mendès France). Aussi le parti radical connaît-il un grave échec en 1945, mais redevient rapidement, au sein de la « troisième force » (radicaux, socialistes, MRP), l'arbitre de la politique française. Cependant, un net vieillissement menace le parti. Les radicaux tentent alors de le rajeunir, en prônant un néoradicalisme plus axé sur le social, qui s'incarne en la personne de Mendès France, à la vice-présidence en 1955. Des exclusions (Edgar Faure, 1955), une scission (H. Queuille, 1956) entament l'unité du parti radical rénové.

1.4. Sous la Ve République

En 1959, Mendès France quitte le parti, après l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir. Félix Gaillard, Maurice Faure, René Billères, se succèdent à la présidence.

À l'occasion de l'élection présidentielle de 1965, les radicaux se divisent à nouveau. Alors que la tendance de M. Faure a voté pour Jean Lecanuet, les partisans de R. Billères soutiennent François Mitterrand.

Élu en 1971 à la présidence du parti, Jean-Jacques Servan-Schreiber rejoint les centristes du Mouvement réformateur, provoquant une scission. Une fraction des radicaux refuse de le suivre et, sous la direction de R. Fabre, se rallie à l'Union de la gauche (1972). Ces radicaux de gauche se constituent en parti en 1973 (Mouvement des radicaux de gauche, MRG), et soutiennent la candidature de F. Mitterrand aux élections présidentielles de 1974, de 1981 et de 1988, puis participent aux gouvernements socialistes (de 1981 à 1986 et de 1988 à 1993).

En 1994, le MRG prend le nom de Radical, puis, en 1996, le nom de parti radical-socialiste. L'autre tendance, le parti radical, soutenant Valéry Giscard d'Estaing, s'associe en 1978 au parti républicain et au Centre des démocrates sociaux pour former l'Union pour la démocratie française (UDF). En 2002, le parti radical rejoint, avec le statut de formation associée, l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

Pour en savoir plus, voir l'article parti radical et radical-socialiste.

2. En Grande-Bretagne

Le mot « radical » servit à désigner les réformistes les plus résolus parmi les whigs, puis parmi les libéraux. Un premier radicalisme apparaît à la fin du xviiie siècle contre la politique autoritaire de George III. Ses revendications politiques (réforme parlementaire) se teintent de préoccupations sociales sous l'influence de la Révolution française. À partir de 1815, les radicaux mènent campagne pour une réforme électorale, réalisée en 1832.

Réapparu à la fin du xixe siècle, le radicalisme acquiert un caractère de plus en plus populaire, et trouve son porte-parole en Joseph Chamberlain. L'achèvement des réformes politiques et l'apparition d'un parti travailliste amènent sa disparition au début du xxe siècle.

Pour en savoir plus, voir l'article histoire de la Grande-Bretagne.