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précolombien

Manuscrit aztèque
Manuscrit aztèque

Se dit de la période de l'histoire de l'Amérique qui débute avec l'apparition de l'homme dans le Nouveau Monde et se termine lorsque les sociétés amérindiennes sont remplacées ou transformées par la civilisation européenne. (Synonyme : préhispanique.)

Au Mexique, en Amérique centrale, au Pérou, la période dite « précolombienne » prend fin au xvie s. ; dans d'autres zones, elle se prolonge jusqu'au xviie s., xviiie s., xixe s. ou même xxe s. C'est pourquoi on donne souvent le nom de « préhispanique » aux cultures des régions conquises et colonisées par les Espagnols.

La pénétration humaine, en plusieurs vagues, par le détroit de Béring, commence probablement pendant la dernière glaciation ; il s'agit de prédateurs possédant un outillage lithique et osseux. Ces chasseurs-cueilleurs préhistoriques sont, sans doute, les auteurs d'une grande partie des peintures et des gravures pariétales du continent américain. Vers 7000 avant J.-C., le retrait des glaciers entraîne un réchauffement climatique, ce qui conduit à la modification des conditions de vie humaine et à l'apparition des premières pratiques agricoles. La culture de Valdivia (Équateur) présente l'une des plus anciennes poteries.

Les grandes civilisations précolombiennes

Aux États-Unis, l'une des cultures les plus riches est celle des mound-builders (dans l'est du pays), dont le fondement économique était la culture du maïs associée à la chasse et à la cueillette. Dans le S.-O. des États-Unis, les Indiens Pueblos sont les plus représentatifs de ces civilisations d'agriculteurs. Sédentaires, ces villageois cultivent le maïs et pratiquent l'artisanat, notamment celui de la céramique. La culture pueblo, qui a été précédée par la période des Basket makers (100 avant J.-C.-700 après J.-C.), se met en place vers le viiie s. de notre ère et ne subit pas de grandes transformations jusqu'au xe s.

Les cultures précolombiennes sont étudiées selon leurs aires de diffusion culturelle : Méso-Amérique (des États de Tamaulipas et Sinaloa au Mexique jusqu'au nord-ouest du Costa Rica) ; aire circumcaraïbe (Antilles, sud de l'Amérique centrale, Costa Rica, Panamá, côtes de la Colombie et du Venezuela sur l'Atlantique, et, au sud, jusqu'à la Guyane) ; aire andine (zone des Andes jusqu'au Chili).

La plupart des civilisations précolombiennes évoluent au sein d'une chronologie divisée en trois grandes périodes, elles-mêmes subdivisées et qui définissent les styles :
– l'époque préclassique (vers 2000 avant J.-C.-vers 250 après J.-C.) comprend le préclassique ancien (vers 2000-vers 1000 avant J.-C.), le préclassique moyen (vers 1000-vers 300 avant J.-C.) et le préclassique récent ou tardif (vers 300 avant J.-C.-vers 250 après J.-C.) ;
– l'époque classique (vers 250 après J.-C.-950 après J.-C.) comprend le classique ancien ou inférieur (vers 250-vers 600) et le classique récent ou supérieur (vers 600-vers 950) ;
– l'époque postclassique (vers 950-1500) comprend le postclassique ancien (vers 950-1200) et le postclassique récent de 1200 à 1500.

L'aire méso-américaine

Pendant le préclassique (2000 avant J.-C.-300 après J.-C.), divisé en phases ancienne, moyenne et tardive, apparaissent les traits qui deviendront caractéristiques des civilisations précolombiennes, notamment avec les Olmèques et leurs centres cérémoniels (La Venta, San Lorenzo, Tres Zapotes et Monte Albán). Leur influence s'exerce jusqu'à Chavín, dans l'aire andine, et jusqu'à Kaminaljuyú, d'où émergeront bientôt les Mayas. Sur la côte du golfe du Mexique, les Huaxtèques, après quelques similitudes avec les populations des hauts plateaux, évoluent indépendamment. Sur la côte du Pacifique naissent les cultures du Guerrero, de Jalisco, de Colima, de Nayarit, etc., qui persisteront durant le classique et le postclassique. La période classique (300-900 après J.-C.) correspond à l'épanouissement de la civilisation de Teotihuacán et au développement des mythes de Tlaloc, le dieu de la Pluie, et de Quetzalcóatl, à cette époque dieu de la Végétation, souvent représentés dans les peintures murales et sur les parois des céramiques. Les masques funéraires en pierre dure confirment le talent des sculpteurs ; les ensembles monumentaux aux pyramides imposantes et les ruines de palais attestent un véritable souci d'urbanisme.

Teotihuacán rayonne jusqu'à Kaminaljuyú et Tikal, où brille la civilisation des Mayas, jusqu'à El Tajín, centre des Totonaques, et Monte Albán, capitale des Zapotèques. Ces derniers édifient encore au début de la période postclassique (du xe s. à la conquête espagnole) le centre de Mitla qui, vers le xiiie s., passe aux mains des Mixtèques. Le postclassique a débuté avec le déclin des hommes de Teotihuacán, remplacés par les Toltèques, qui ont Tula pour métropole et dont l'organisation, sensiblement différente de celle des précédentes cités (temple vaste, fortifications…), semble correspondre aux aspirations guerrières de la population, également reflétées par son dieu Tezcatlipoca. Tula tombe sous les coups d'envahisseurs venus du Nord, parmi lesquels les Chichimèques et les Aztèques, qui fondent Tenochtitlán (Mexico), dont les créations artistiques ne laissent aucun doute sur leur caractère guerrier.

L'Amérique centrale et l'aire circumcaraïbe

L'Amérique centrale est marquée par l'interpénétration d'influences méso-américaines et andines ; l'évolution de ses civilisations est souvent proche de celles du Mexique. Citons, parmi les créations artistiques, des statuettes féminines en terre cuite, des poteries et des métates (pierres à moudre), très habilement sculptées, ainsi que des parures de pierre dure et d'or. Relativement récente, la culture Tairona se développe le long de la côte atlantique de la Colombie. Dans les Antilles, les principaux vestiges – ceux qui sont rattachés à la culture des Taïnos, Indiens de la famille arawak, entièrement décimés lors de la conquête – sont des objets en bois sculpté de très belle qualité (sièges de chef), des ruines de terrains de jeu de pelote et de nombreux pétroglyphes.

L'aire andine

Dans les Andes du Nord, qui correspondent actuellement à la Colombie, à l'Équateur et à une partie du Venezuela, l'artisanat le plus développé est celui de l'orfèvrerie, comme en témoignent les magnifiques objets, en or ou en tumbaga, des cultures Muisca, La Tolita, etc.

La période formative (1800-300 avant J.-C.) atteint son apogée avec le site de Chavín dont l'influence se retrouve sur toutes les côtes du Pérou, notamment à Paracas. La période de développement régional (300 avant J.-C.-600 après J.-C.) est marquée par la découverte de l'irrigation, les constructions en adobe (temples et pyramides) et par une certaine individualisation des cultures : au nord les cultures de San Agustín et de Tierradentro, sur la côte nord, celle des Moches, celle de Nazca sur la côte sud et celle de Tiahuanaco, sur le lac Titicaca, dont l'expansion entre 600 et 1000 s'étend jusqu'au Chili ; Huari va influencer la culture des Chimús. Ainsi entre 1000 et 1400 fleurissent des royaumes qui amènent des particularismes locaux, qui seront abandonnés sous la férule de l'Empire inca, lui-même anéanti par la Conquête.