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plaine

(de plain)

Île-de-France, la Brie
Île-de-France, la Brie

Étendue caractérisée par une topographie faiblement différenciée, sinon plane, à drainage superficiel.

Les plaines sont des étendues sans relief où les cours d'eau ne sont pas encaissés, ce qui les distingue des plateaux.

L'altitude n'est pas un critère déterminant : des plaines peuvent se former dans des régions élevées où la présence d'une barrière montagneuse, alliée à une faible érosion fluviale, a empêché le creusement de vallées (c’est le cas des Hautes Plaines d'Algérie, situées parfois à plus de 1 000 m d'altitude). Cependant les plaines les plus vastes (Amazonie, plaines de l'Europe du Nord, Prairie américaine, etc.) se trouvent à moins de 200 m d’altitude.

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Amérique du Nord

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Formées le plus souvent de sédiments non plissés, recouvertes parfois de limons ou d'alluvions, les plaines sont parcourues par des cours d'eau lents, coulant dans des lits larges et sinueux dont ils débordent facilement lors des crues.

1. Origines des plaines

D'origines très diverses, les plaines résultent soit de processus d'érosion, soit de phénomènes d'accumulation. Le modelé des plaines d'érosion est plus accidenté que celui des plaines d'accumulation, les roches tendres étant plus facilement dégagées que les roches dures (relief de cuesta).

1.1. Plaines d’érosion

Les plaines d'érosion se sont formées dans des terrains sédimentaires. Elles peuvent être des surfaces structurales, c'est-à-dire des topographies d'aplanissement mises en place sur le sommet d'une couche dure, ou encore des surfaces d'érosion, c'est-à-dire des surfaces topographiques planes qui recoupent en biseau des couches variées (la Brie et la Beauce). Une désagrégation mécanique et chimique très poussée des roches en climat glaciaire, aride ou tropical peut donner de belles surfaces d'aplanissement par ennoyage des reliefs (pédiments des pays tropicaux formés de granite arénisé) ou adoucissement de la pente des versants (glacis d'érosion des piémonts).

1.2. Plaines d’accumulation

Aux phénomènes d'accumulation sont liées :
– les plaines alluviales, formées par les matériaux (limons) abandonnés par les fleuves après chacune de leurs crues (la plaine alluviale du bas Mississippi, aux États-Unis, atteint 80 km de large) ;
– les plaines littorales, construites par les fleuves et la mer qui colmatent les lagunes et comblent les golfes ;
– les plaines d'épandage, constituées par les divagations de cours d'eau à régime torrentiel ou glaciaire et à forte charge.

2. Typologie des plaines

Le terme de « plaine » s'applique à un large éventail de formes d'échelles variables (dues à l’érosion ou à l’accumulation) :
– plaine d'érosion ;
– plaine alluviale ;
– plaine proglaciaire (ou sandr), constituée par les matériaux grossiers étalés par les eaux de fonte en avant du front glaciaire ;
– plaine d'obturation latérale, édifiée par un remblaiement fluvio-lacustre en amont d'une langue glaciaire dans une vallée affluente non englacée ou déglacée ;
– plaine de niveau de base, construite par un fleuve ou un oued en position côtière ou intérieure selon que le drainage est ou non exoréique ;
– plaine littorale ;
– plaine abyssale : zones quasi horizontales du fond des océans dont elles occupent les parties les plus profondes, les plaines abyssales ont été formées par ennoyage du relief sous-marin préexistant par des sédiments venus des continents. Les plaines abyssales sont situées soit en avant des continents ou des archipels, au pied du talus continental auquel elles se raccordent par un glacis en pente douce entaillé parfois de cañons sous-marins, soit au fond de fosses sous-marines. Elles sont bordées, vers le large, par la zone des collines abyssales, qui sont l'aspect le plus fréquent du fond des océans. Les plaines abyssales se caractérisent par leur pente extrêmement faible (inférieure à 1 /1 000), leur grande profondeur (5 000 m en moyenne) et la finesse des sédiments qui les recouvrent. Ceux-ci, d'origine terrigène ou planctonique (tests siliceux), parviennent aux plaines abyssales de deux façons : sous forme de coulées boueuses qui cheminent lentement au ras du fond, ou de pluies de particules en suspension. La couche sédimentaire qui compose les plaines abyssales atteint une épaisseur moyenne de 1 km et s'accroît d'environ 2 cm par millénaire.

3. L’homme et les plaines : des pôles d’attraction

La majeure partie de la population mondiale vit dans les plaines, à des altitudes inférieures à 200 m. Le plus souvent, les plaines bénéficient en effet de conditions thermiques favorables. Toutefois, dans la zone tropicale, les régions d'altitude élevée (plateaux des Andes, en Amérique du Sud, et d'Afrique orientale) présentent des conditions bien plus propices au peuplement que les plaines chaudes et humides couvertes de forêts denses. D'autre part, l'agriculture des plaines dispose de sols plus fertiles que les montagnes, où se produit une érosion violente, destructrice des sols. Les plaines ont encore sur les montagnes l'avantage d'une circulation plus aisée. Enfin, ce sont fréquemment des secteurs géologiques où se sont conservés divers gisements miniers (charbon, pétrole, fer), qui ont été démantelés dans les montagnes sous les effets de l'érosion. Les plaines rassemblent la majeure partie des grandes activités industrielles du globe et, par là, des concentrations urbaines récentes.

Cependant, les avantages naturels des régions de plaine sont loin d'être absolus et généraux. Sans que l'on puisse invoquer l'avantage climatique des montagnes tropicales, les régions montagneuses de l'Europe centrale, de l'Afrique du Nord sont plus peuplées que des plaines de climat tempéré : au cours de certaines invasions, des plaines se sont vidées d'une grande part de leur population au profit de régions montagneuses, plus sûres (Carpates, Afrique du Nord, Caucase). Les grandes plaines monotones, aux sols lourds, riches, mais difficilement cultivables sans matériel puissant, ont pendant longtemps constitué un milieu naturel moins favorable au peuplement que des contrées plus accidentées, aux terroirs plus diversifiés, plus facilement exploitables dans le cadre des petites économies agricoles traditionnelles vivant en autarcie. Souvent, la mise en valeur des plaines a nécessité d'importants travaux de drainage ou d'irrigation. Les plaines de l'Europe danubienne et orientale, certaines plaines méditerranéennes, malariennes il y a encore peu de temps, ne sont fortement peuplées que depuis un siècle ou deux. Jusqu'à la révolution industrielle, les montagnes ont présenté l'avantage, sur nombre de plaines, de disposer de l'eau et du bois, sources d'énergie et matière première.

Aujourd'hui, l'avantage des plaines s'affirme plus nettement : elles sont le milieu d'élection pour les transports rapides de masse, créateurs des grands organismes urbains, et pour la grande agriculture mécanisée. Les techniques modernes rendent possible la mise en valeur des plaines arides ou marécageuses : c'est dans ce domaine géographique que l'on observe les extensions les plus considérables de la surface cultivée depuis le début du xxe s. Il n'est pas jusqu'à l'hydroélectricité qui, après des débuts essentiellement localisés dans les montagnes, ne se développe dans les plaines sur les grands fleuves barrés d'énormes digues.