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paysage chinois

Peinture Ming, paysage
Peinture Ming, paysage

En Chine, l'art du paysage met en œuvre une perspective « mouvante », qui n'est pas soumise, comme en Occident, à de strictes règles géométriques.

On attribue à Wang Wei (699-759) l'invention du paysage monochrome à l'encre. Sous les Tang (618-907), la nature est encore traitée comme la juxtaposition d'éléments minutieusement représentés. Elle deviendra, sous les Song (960-1279), le sujet par excellence de la peinture. Li Cheng (960-990) en traduit une perception intuitive dans des compositions équilibrées et grandioses (Temple bouddhiste dans les montagnes). Tous les grands paysagistes de la période Song se réclameront de lui, de Fan Kuan, avec ses « rides en gouttes de pluie », à Gao Xi, avec sa « perspective atmosphérique », fondée sur les dégradés d'encre. Le lyrisme propre aux artistes des Song du Sud s'accompagne de recherches nouvelles. Li Tang, au début du xiie s., rejetant l'essentiel de la composition dans un angle en premier plan, rythme le paysage par des décrochements successifs, donnant ainsi l'illusion de l'espace et du vide (Une infinité d'arbres sur des pics étranges). Dans la mouvance de l'académie des Song du Sud, les paysages de Ma Yuan, dans lesquels l'homme occupe une place déterminante, sont l'expression d'un état d'âme. Ceux de son fils, Ma Lin (En écoutant le vent dans les pins), expriment la tension et la profondeur psychologique de façon aiguë. Xia Gui, pour sa part, concentre son travail sur l'épure de la ligne, organisant l'œuvre autour du vide avec une extrême concision.

Avec l'arrivée de la dynastie mongole des Yuan (1279-1368), l'académie des Song du Sud disparaît, mais son style et ses sujets se perpétuent. Gao Kegong (1248-1310) reprend la tradition Tang mais y introduit, par la répétition des formes, une présence oppressante de la réalité physique (Collines vertes et nuages blancs). Le xive s. est dominé par Wang Meng (1308-1385), qui, avec un trait sinueux et frémissant, donne force et dynamisme à ses compositions, et par Ni Zan (1301-1374), qui ne s'intéresse au paysage qu'afin d'exprimer les sentiments qui l'habitent. Au début de la période Ming (1368-1644), le fondateur de l'école de Zhejiang, Dai Jin (vers 1388-vers 1462), exécute d'un trait rapide des œuvres d'une grande virtuosité descriptive (Pêcheurs au bord du fleuve). À la fin du xve s., avec l'école de Wu, la calligraphie prend le pas sur la peinture, le rendu de l'espace se réduit à deux dimensions (Wen Zhengming : Pins et Cyprès à la cascade, 1549). Sous la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911), la peinture chinoise, avant son déclin du xixe s., jette ses derniers feux avec les « Huit Excentriques de Yangzhou », dont le plus doué, Hua Yan (1682-1765), est l'auteur de paysages remarquables de concision.