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pays émergent

Séoul
Séoul

Qui se distingue des autres pays de sa catégorie (pays en développement) par des résultats macroéconomiques (production industrielle, emploi) supérieurs et un taux de croissance élevé.

Caractérisés par un brusque décollage économique, fondé sur l'industrialisation, et par un fort potentiel de croissance, les pays émergents ont quitté les rangs du tiers-monde dans les années 1970. Leurs performances, influant notamment sur l'indice de développement humain (I.D.H.) et sur le taux d'équipement des ménages, sont liées à la conquête des marchés internationaux par leurs produits d'exportation.

Le concept d'« émergence »

Qui sont les pays émergents ?

C'est au sein des pays en développement que sont apparus les pays émergents. On a d'abord parlé de nouveaux pays industriels ou industrialisés (N.P.I.) pour désigner notamment les « quatre dragons » d'Asie : la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hongkong. À ces derniers s'est ajoutée, en Asie du Sud-Est, une seconde génération de nouveaux pays industriels : les « tigres », que sont la Thaïlande, les Philippines et la Malaisie. À l'expression « nouveaux pays industriels », très en vogue dans les années 1980, s'est substituée celle de « pays émergents ». La Chine, l'Inde et l'Indonésie, de même que des pays latino-américains comme le Brésil et l'Argentine relèvent aujourd'hui de cette catégorie.

Un groupe cohérent ?

Ces pays se caractérisent avant tout par le volume des activités industrielles et tertiaires au sein de leur système productif et par la part croissante de leurs exportations dans le commerce mondial. Leur croissance économique est forte et le niveau de vie de leurs populations a tendance à se rapprocher des standards de consommation occidentaux. Il n'en reste pas moins que les pays émergents ne constituent pas une entité globale : leur évolution historique de même que leurs structures économiques et sociales sont différentes.

Les causes de l'émergence

L'apparition des pays émergents sur la scène internationale résulte à la fois d'un type particulier de développement, dit « extraverti », de l'afflux de capitaux appelés investissements directs à l'étranger (I.D.E.) et du soutien des gouvernements nationaux.

Le développement extraverti

La division du travail

Le processus de modernisation économique des pays émergents trouve ses fondements dans ce que les économistes nomment « un modèle de développement extraverti ». D'inspiration libérale, ce modèle original est articulé autour du principe de la division internationale du travail. Les entreprises de chaque pays se spécialisent dans un type de biens qu'elles produisent à coûts plus faibles que le reste du monde, c'est-à-dire dans un secteur où elles ont un avantage comparatif sur les entreprises des autres pays. L'examen des dotations factorielles, à savoir le facteur travail (caractéristiques quantitatives et qualitatives de la population active) et le facteur capital (biens d'équipement), aboutit ainsi à une stratégie de spécialisation industrielle à destination des marchés internationaux. L'objectif consiste à utiliser le facteur le plus abondant, et le moins coûteux, pour les entreprises naissantes : pour les pays émergents, il s'agit du travail humain.

Le développement des exportations

La croissance économique de ces pays s'est parfois appuyée, à ses débuts, sur la substitution de la production domestique (production nationale) aux importations. Ce phénomène, se produisant à l'abri d'importantes barrières douanières, a donné naissance à une industrie nationale. Il évite ainsi de creuser le déficit de la balance commerciale, qui est générateur de dévaluations en chaîne. À cette première phase de substitution a succédé, en Corée du Sud et à Taïwan, le développement des exportations destinées aux marchés mondiaux. Dopées par le faible coût de la main-d'œuvre locale, les exportations des pays émergents ont été la source d'excédents commerciaux, qui sont venus alimenter l'investissement productif. Si les économies de ces pays se sont d'abord spécialisées dans des branches bas de gamme (textile, cuir, industrie légère), elles ont ensuite évolué vers la production de biens plus sophistiqués, et même vers celle de biens à haute valeur ajoutée, comme l'informatique.

La part des I.D.E.

Le financement de la modernisation a pour origine un taux d'épargne élevé parmi les populations des pays émergents, mais surtout la part considérable des investissements (voir encadré ci-après) réalisés par certaines firmes multinationales américaines et japonaises. La fabrication de produits distribués à l'échelle mondiale, comme les matériels informatiques, est mise en œuvre par des « filiales ateliers ». La logique de la délocalisation des centres de production, qui se fait des pays du « centre » (pays développés) vers les pays de la « périphérie » (pays émergents), est déterminée par le faible coût de la main-d'œuvre dans les pays d'accueil. Tel est l'atout des pays asiatiques. Par transferts de technologie, aboutissant à l'installation de biens d'équipement modernes, les multinationales ont créé ex nihilo un tissu industriel fortement compétitif. (→ mondialisation.)

L'investissement direct



L'investissement direct à l'étranger (I.D.E.) se définit comme un investissement en actifs réels (biens de production) à l'étranger, ou par l'achat d'actifs financiers représentant au moins 10 % du capital d'une société étrangère déjà existante, afin d'en prendre le contrôle. Ce seuil permet de différencier l'I.D.E. du simple investissement en portefeuille, conçu à des fins de placement financier. L'I.D.E. vise à établir un lien durable entre la société-mère et sa filiale et constitue l'un des vecteurs de la mondialisation des entreprises.

L'encadrement étatique

Le rapide développement des pays émergents n'aurait pas été possible sans l'intervention des gouvernements, qui ont favorisé l'ouverture des économies nationales aux capitaux étrangers, en même temps que l'adaptation des structures internes aux transformations économiques. L'État a été le maître d'œuvre de la modernisation grâce à une politique industrielle volontariste : choix des filières à développer, orientation sélective des crédits vers les industries jugées prioritaires, amélioration des infrastructures. Il a également contribué à la formation du capital humain par la croissance des dépenses d'éducation : ainsi, en Corée du Sud, le taux de scolarisation était supérieur à 90 % dès les années 1990, et le taux d'inscription dans l'enseignement supérieur y est proche de 40 %. Parallèlement, afin de permettre le financement des investissements, les pouvoirs publics ont mis en place un système fiscal favorable à la pénétration des capitaux étrangers.

Les difficultés des pays émergents

La crise asiatique de 1997

Une crise monétaire et financière

Au milieu de l'année 1997, les pays émergents d'Asie ont été frappés de plein fouet par une crise financière de grande ampleur. Les manifestations de cette crise ont d'abord été perceptibles dans la sphère monétaire et financière, avant de l'être dans la sphère de l'économie réelle, provoquant la chute de la croissance, l'amorce d'une récession et la poussée du chômage. Le 2 juillet 1997, les autorités thaïlandaises ont laissé flotter leur monnaie, le baht, qui, jusqu'alors, était rattaché au dollar américain dans un rapport fixe. Par effet de domino, les autres monnaies des pays émergents ont accusé une dépréciation de l'ordre de 30 à 50 % de leur cours antérieur. Le secteur financier a également été touché, et les Bourses de valeurs ont enregistré une chute allant jusqu'à 30 %.

Le rôle du système financier mondial

Cette double crise, monétaire et financière, n'a pas remis en cause le « modèle asiatique » de développement, étant donné qu'elle était surtout imputable au système financier international, déréglementé dans les années 1980. La forte croissance asiatique, face à la croissance modérée aux États-Unis et en Europe, a généré l'arrivée de capitaux à vocation exclusivement spéculative. Il s'en est suivi l'apparition de « bulles » financières, provoquant une envolée des titres sans rapport avec les perspectives réelles de développement des entreprises. En s'effondrant, les Bourses ont entraîné un reflux des capitaux internationaux et une chute des monnaies. Les banques qui avaient emprunté à court terme se trouvaient alors face à une crise de liquidités. Par contagion, les difficultés du secteur monétaire et financier se sont propagées à l'ensemble de l'économie.

Certains pays émergents, tels que la Corée du Sud, la Thaïlande et l'Indonésie, ont dû faire appel au Fonds monétaire international (F.M.I.). Les gouvernements sont intervenus, notamment en Corée du Sud, afin d'assainir leur secteur bancaire.

Les effets pervers de la dépendance commerciale et financière

Les pays émergents d'Asie ont continué à rencontrer un certain nombre de difficultés en raison même de leur modèle de développement extraverti. En donnant naissance à des « pays ateliers », ce modèle ne permet le développement économique et social qu'à partir du moment où les carnets de commandes des entreprises sont suffisamment remplis. En effet, les exportations de pays comme la Thaïlande, la Malaisie ou l'Indonésie représentent une part notable de leur P.I.B. L'exemple de la Chine est tout à fait révélateur, dans la mesure où son P.I.B. est lié à son commerce extérieur – et près de 40 % à ses seules exportations. Une simple contraction du commercial mondial de même qu'une récession chez leurs clients, notamment les États-Unis, peuvent casser le processus de croissance et mettre au jour le caractère très fragile de la modernisation de certains pays émergents.

À la dépendance commerciale s'ajoute la dépendance financière. Les investisseurs internationaux (grandes banques et grandes entreprises mondiales) peuvent à tout moment réorienter leurs stratégies financières en délocalisant d'un pays vers un autre les ressources investies en capital ou placées sur les marchés financiers. L'ouverture de la Chine s'est traduite par une réduction des droits de douane et par une normalisation des relations commerciales avec les autres nations qui a trouvé son aboutissement dans l'adhésion du pays à l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.). Or, la Chine présente plus d'attraits pour les investisseurs internationaux que beaucoup d'autres pays émergents de la zone. Les coûts de production y sont bien moins élevés et l'existence d'un marché potentiel de plus de 1,3 milliard de consommateurs a tout pour susciter l'afflux d'investissements directs.

Les conséquences humaines de la modernisation

De nouveaux déséquilibres

Si le décollage des pays émergents est indéniable, la modernisation de leur système économique s'est traduite par l'apparition d'importants déséquilibres sociaux et une augmentation des inégalités entre les différentes composantes de la population. Comme le soulignait l'économiste français François Perroux (1903-1987), l'industrialisation est « dévoreuse d'hommes ». Les transformations des systèmes productifs des pays émergents ont accentué les disparités entre les populations urbaines et les populations rurales, entre les catégories instruites et ceux qui ne peuvent avoir accès à l'éducation.

Ainsi, le développement économique des pays émergents ne réduirait pas le « mal développement », qui prend souvent la forme d'un dualisme structurel entre un secteur moderne, rattaché à l'économie mondiale, et un secteur traditionnel, toujours enlisé dans la pauvreté.

Cette situation est surtout sensible pour les grandes nations, telles que la Chine et l'Inde.

Le cas de la Chine

Si la Chine se caractérise par une très forte croissance d'environ 10 % par an, des excédents commerciaux records et l'apparition d'une classe moyenne de plusieurs centaines de millions de personnes, il n'en reste pas moins vrai que le chômage pouvait y être estimé à 20 % de la population active en 2001. Par ailleurs, les travailleurs migrants venus des campagnes vivent dans des conditions de travail très difficiles (salaires modestes, absence de couverture sociale, longues journées de travail).

Le cas de l’Inde

En Inde, on dénombre près de 300 millions de pauvres, soit presque le tiers de la population, ne disposant que d'un dollar par jour pour vivre. En dépit de l'augmentation du nombre de diplômés, le pays compterait 350 millions d'analphabètes.