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palais de Justice de Paris

Palais parisien situé dans l'île de la Cité (Ier arrondissement), où siègent la cour d'appel et les tribunaux de Paris.

Du palais royal des Capétiens au palais de Justice de Paris

Le palais de Justice de Paris fut longtemps la demeure des rois de France. Il fut bâti sur les lieux où les gouverneurs romains puis les Mérovingiens et les ducs capétiens avaient établi leur siège. Philippe Auguste puis Saint Louis y résidèrent, et ce dernier y fit élever la Sainte-Chapelle (1246-1248). C'est là que les rois rendaient la justice, et c'est à cette époque que furent construites la Conciergerie et les « cuisines de Saint Louis ».

Les tours qui s'élèvent sur les bords de la Seine (tour de l'Horloge, d'Argent, de César ou de Montgomery, de Bon-Bec) datent de Philippe le Bel (1313). Charles V fit établir l'horloge de la tour faisant l'angle du quai et du boulevard actuel du Palais.

En 1431, Charles VII céda le Palais au Parlement, les rois ayant adopté le Louvre comme résidence.

Le Palais fut ravagé par de graves incendies, notamment en 1618, puis en 1737 et en 1776. Salomon de Brosse (l'architecte du palais du Luxembourg et de l'église Saint-Gervais) fut chargé de réparer les dégâts dus au premier incendie et créa la salle des Pas-Perdus. Plus d'un siècle et demi plus tard, Desmaisons et Antoine (1783-1786) construisirent l'entrée et la façade monumentales sur la cour de mai (grille en fer forgé, escalier de style Louis XVI, etc.). Le tribunal révolutionnaire y tint son siège et la prison de la Conciergerie fut le théâtre de scènes tragiques.

Des projets d'extension furent repris à partir de 1825 et réalisés surtout sous le second Empire par l'architecte Duc et ses collaborateurs puis par Daumet après 1879. En 1911-1914, Albert Tournaire éleva l'aile du quai des Orfèvres, au coin du boulevard du Palais.

L'extérieur du Palais

La tour de l'Horloge

(xive siècle) se dresse à l'angle du quai et du boulevard du Palais. Cette tour carrée (47 mètres de haut) est ornée de la première horloge publique de Paris, commandée en 1371 par Charles V à Henri de Vic. Refaite sous Henri III, cette horloge fut décorée et sculptée, au xvie siècle, par Germain Pilon. Les sculptures furent restaurées une première fois en 1685, puis en 1851 par Toussaint. Souvent remise en état depuis lors, l'horloge est aujourd'hui hors d'usage.

Au-delà de la tour de l'Horloge, la façade du palais est flanquée de trois tours rondes coiffées de toits en poivrière. Ce sont successivement la tour César qui jouxtait les appartements de Philippe le Bel, la tour d'Argent où fut entreposé quelque temps le trésor royal (toutes deux furent élevées vers 1300) et la tour Bonbec. Cette dernière, bâtie en 1250, servit, du xve au xvie siècle, de lieu de torture des prisonniers (d'où son nom « Bon Bec » car elle avait la vertu de faire parler les plus récalcitrants…). Elle fut refaite après un incendie en 1935.

Ces tours et les parties basses de l'édifice sont les restes du palais royal des Capétiens, du début du xive s. Le fossé qui longe la façade entre la tour de l'Horloge et la tour Bonbec indique le niveau du sol primitif. Les parties hautes du bâtiment, de même que la façade comprise entre les tours d'Argent et Bonbec, ont été rebâties au xixe s., dans le style gothique, par l'architecte Dic auquel on doit les trois quarts de l'édifice.

Enfin, tout le corps du bâtiment à l'Ouest de la tour Bonbec, qui est celui de la Cour de cassation, a été construit par Duc dans le style corinthien, avec un pavillon central à fronton, décoré de cariatides.

La cour du Mai

(entrée principale du palais) est due aux architectes Desmaisons et Antoine (1783-1786) et se distingue par la magnifique grille en fer forgé (1787 ; restaurée en 1877) qui la clôt. Au fond de la cour, un grand escalier précède la façade principale, de style Louis XVI. De part et d'autre de la grille, des pavillons classiques terminent les galeries latérales qui encadrent la cour : celle de droite est occupée par un escalier Louis XVI par lequel on accède directement à la galerie marchande et à la salle des Pas-Perdus ; celle de gauche est percée de trois passages voûtés qui mettent en communication la cour du Mai avec la cour de la Sainte-Chapelle.

L'intérieur du palais

La salle des Pas Perdus

constitue le cœur du palais. Elle se compose de deux immenses nefs séparées par un rang d'arcades en plein cintre. La salle des Pas-Perdus a remplacé la Grande-Salle, une des plus illustres de l'histoire de France, jadis décorée de statues royales. Cette salle était le siège des cérémonies d'apparat. Incendiée en 1618, elle fut reconstruite par Salomon de la Brosse en 1822. Après le nouvel incendie de la Commune (1871), elle fut refaite par Duc et Daumet, dans l'esprit de l'ancienne. À l'extrémité droite de la pièce, en face du monument aux Morts, un escalier imposant, à double révolution, conduit aux chambres du tribunal civil et au greffe.

La chambre dorée ou Grand-Chambre

est un vestige de l'ancien palais. Le lieu a joué un rôle considérable dans l'histoire du palais. Probablement chambre de Saint-Louis à l'origine, elle fit plus tard partie des locaux du parlement de Paris. C'est dans la chambre Dorée du Palais de justice que siégea, à partir du 6 avril 1793, le tribunal révolutionnaire et que de nombreux personnages historiques, dont Marie-Antoinette, furent condamnés.

Restaurée en 1866, incendiée en 1871, la Grande-Chambre a été rétablie dans le style primitif de Louis XII (1502) par Duc et Daumet.