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openfield

(anglais openfield, champ ouvert)

Paysage rural caractérisé par l'absence de haies et de clôtures, par la juxtaposition de parcelles souvent allongées, par la division du terroir en quartiers de culture et correspondant généralement à un habitat groupé.

GÉOGRAPHIE

Les caractères de champs ouverts opposent le paysage de l'openfield à celui du bocage. Hormis quelques jardins proches des maisons, les terres cultivées sont exploitées pour produire des céréales. Elles sont desservies par des routes qui rayonnent à partir du village. Les arbres sont absents, sauf aux limites des finages qui pouvent avoir des bois ou des boqueteaux.

Ce type de structure agraire s'est répandu dans une bonne partie de l'Europe depuis les xie-xiie s., du Bassin parisien à la Russie. Sous des formes un peu différentes, on le rencontrait aussi dans le Proche-Orient, en Afrique occidentale et dans l'Amérique andine. Ce paysage se retrouve dans les pays méditerranéens où était pratiqué l'assolement biennal, mais les champs sont souvent complantés d'arbres.

Ce système agraire est surtout apparu lorsque l'assolement triennal a été adopté. L'espace cultivé était divisé en trois soles, une pour les céréales d'hiver, une autre pour les céréales de printemps, la dernière étant mise en jachère. Les animaux paissaient et fumaient la jachère pendant une partie de l'année, puis après enlèvement des récoltes, étaient admis sur les autres soles, sous la conduite d'un berger communal. Il était donc interdit de clore. Un système communautaire assez contraignant régentait la vie du village, notamment la date des travaux agricoles.

L'openfield a cependant laissé la place à des systèmes plus individualistes, tournés vers l'élevage du bétail, dans les pays d'enclos. Là où il a subsisté, il a peu à peu évolué. La jachère a disparu à partir du xviiie s. Le remembrement est apparu indispensable au xxe s. en raison de la motorisation. Les parcelles longues et étroites ont été le plus souvent remplacées par un parcellaire en mosaïque. Les contraintes collectives ont disparu. Les systèmes de culture sont devenus beaucoup plus variés et complexes. Quant à l'élevage, il a été développé dans certains cas mais il a été éliminé dans d'autres.

Les raisons de ce contraste ont été recherchées par les historiens et les géographes (A. Demangeon, M. Bloch, R. Dion et G. Roupnel). Certains d'entre-eux ont invoqué l'influence des facteurs naturels. Mais le paysage d'openfield n'est pas nécessairement lié aux sols calcaires, limoneux ou alluviaux et au climat continental, propice à la culture des céréales. L'openfield est également l'expression d'un ancien régime agraire reposant sur une organisation collective de la vie au village : division du terroir en soles ou quartiers de cultures, assolement obligatoire, vaine pâture, utilisation communautaire des communaux, etc. L'absence de clôtures résulte alors d'une interdiction de nature juridique, imposée par les nécessités du travail en commun sur un même quartier et par la libre circulation du troupeau sur les chaumes. Ce type d'aménagement agraire a subsisté après l'abandon de l'assolement et des pratiques communautaires.