En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

néokeynésianisme

Une particularité de la science économique est de classer les auteurs dans différentes écoles (classiques, keynésiens, néoclassiques, libéraux, néolibéraux, etc.).

L'école « néokeynésienne », dont l'inspiration est évidente, est un des quatre principaux courants de macroéconomie théorique contemporaine aux côtés des monétaristes (Milton Friedman), des néoclassiques (Robert Lucas) et des théoriciens du déséquilibre (Robert Clower).

Les néokeynésiens ont dominé la pensée économique jusque vers la fin des années 1960. L'école néokeynésienne est riche de grands auteurs : John R. Hicks (1904-1989 ; prix Nobel d'économie en 1972), Franco Modigliani (1918-2003 ; prix Nobel d'économie en 1985), Paul A. Samuelson (1915-2009 ; prix Nobel d'économie en 1970), Robert M. Solow (né en 1924 ; prix Nobel d'économie en 1987), James Tobin (1918-2002 ; prix Nobel d'économie en 1981) et George Stigler (1911-1991 ; prix Nobel d'économie en 1982), dont les travaux des années 1980 ont finalisé l'identité de ce courant.

Le projet des néokeynésiens

La macroéconomie traditionnelle, d'inspiration keynésienne, dont l'âge d'or est celui des « Trente Glorieuses », était par définition incompatible avec les hypothèses de la microéconomie. À l'image de Gérard Debreu (prix Nobel d'économie en 1983), certains économistes ont tenté de reformuler la théorie de l'équilibre général fondée sur la microéconomie. La volonté de réconcilier ces tendances opposées de l'économie est à l'origine du projet néokeynésien et d'une bonne partie de l'économie contemporaine. La conciliation entre la microéconomie et la macroéconomie peut se faire soit en appliquant les hypothèses de la macroéconomie à la microéconomie, soit en faisant l'inverse. Le néokeynésianisme procède de la première logique au moment même où la microéconomie se trouve bouleversée par les hypothèses de la théorie de l'information. Or les problèmes d'information sur les marchés ont été systématisés par John M. Keynes au travers du rôle primordial que celui-ci donne aux prévisions. On peut ainsi considérer qu'une partie de la reformulation de la microéconomie est née de la tentative néokeynésienne.

L'apport théorique des néokeynésiens

Pour schématiser, la contribution néokeynésienne à l'économie contemporaine porte sur les problèmes d'information et leurs conséquences. L'existence d'une asymétrie de l'information entraîne d'abord le problème de la sélection adverse (si un échange paraît avantageux pour l'une des parties, l'autre pensera que cette satisfaction provient d'informations dont elle n'a pas connaissance). Ce problème est particulièrement perceptible au niveau des prix : un faible prix de vente fait anticiper une mauvaise qualité du produit vendu.

Le second problème est celui dit de la relation d'agence qui désigne la non-perceptibilité de certaines informations sur l'une des parties contractantes. Un contrat de travail est signé sans que l'employeur connaisse la réalité du comportement de la personne au travail. Le risque augmente proportionnellement aux informations cachées. Ces asymétries d'informations ont pour conséquence directe d'invalider la loi de l'offre et de la demande en provoquant des rationnements et donc des équilibres de sous-emploi. Sur le marché du travail, caractérisé par l'asymétrie de l'information, celle-ci se traduit par l'existence de chômage.