En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

nonsense

(mot anglais)

Genre littéraire anglais dans lequel l'absurde et le paradoxal naissent de jeux sur la langue.

Le nonsense est un genre littéraire anglais qui prend à contre-pied l'irritation des parents et des nurses (« No nonsense », « Pas d'enfantillage »). E. Lear (The Book of Nonsense, 1846), puis Lewis Carroll (Alice au pays des merveilles, 1865 ; À travers le miroir, 1872), profitant de l'essor du public enfantin, font de l'absurde (fatrasie et fantastique léger) le lieu d'une révolution linguistique qui rend à l'imagination sa part de jeu. Le maintien des structures syntaxiques contraint au sens des mots et des images qui se dérobent : le Jabberwocky ou la Chasse au Snark (1876) sont des histoires limpides quoique incompréhensibles. L'obscurité de langage comme dérobade subversive ne résistera pas, malgré G. K. Chesterton (A Defense of Nonsense, 1901), au désir d'interprétation totale du freudisme. Le délire organisé, méticuleux et sournois du nonsense – encore sensible dans The Bad Child's Book of Beasts (1896) d'H. Belloc ou Tirra Lirra (1932) de L. R. Richards – renaîtra alors, mais avec d'autres prétentions, dans les jeux du surréalisme (Rrose Sélavy de R. Desnos et M. Duchamp), la langue sursignifiante de Joyce (Finnegans Wake) ou capricieuse d'Anthony Burgess (l'Orange mécanique).