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mortalité

(latin mortalitas, -atis)

Phénomène de la mort, considéré du point de vue du nombre.

1. Le taux brut de mortalité

1.1. L'aspect démographique

Le rapport de deux chiffres, nombre de décès et effectif moyen de population, est ramené à un effectif de 1 000 personnes pour constituer le taux brut de mortalité pour une période donnée. La valeur de ce taux est tributaire de la structure par âge de la population : un pays vieux (où les personnes âgées sont nombreuses) à faible mortalité peut en effet avoir un taux brut de mortalité plus élevé qu'un pays jeune (où les jeunes sont nombreux) à forte mortalité. Le chiffre de l'espérance de vie à la naissance est alors un indicateur plus précis.

Les principaux facteurs affectant la mortalité d'une population donnée sont les conditions de vie (alimentation et hygiène) et les désastres majeurs que causent les épidémies et les guerres. La Peste noire, par exemple, a tué 25 millions de personnes entre 1347 et 1352, soit le tiers de la population européenne de l'époque. Au cours de l'existence humaine, les risques de mort les plus importants se situent dans les premières années de la vie pour les deux sexes et dans les années de maternité pour les femmes.

1.2. Au plan médical

Le taux de mortalité est généralement calculé sur une période d'un an et pour une population de 1 000 habitants. Il est établi globalement et pour chaque catégorie de pathologie. La comparaison des taux de mortalité est une manière fiable d'évaluer l'état de santé d'une population donnée, définie selon l'âge des individus qui la composent ou selon des critères géographiques, sociaux, etc. Dans les pays développés, les principales causes de mortalité sont les maladies cardiovasculaires (maladies coronariennes, accidents vasculaires cérébraux) et les cancers (notamment digestifs, bronchopulmonaires et gynécologiques) ; viennent ensuite les causes traumatiques et toxiques (accidents de la circulation et suicides, notamment).

2. Évolution de la mortalité dans le monde contemporain

2.1. L'exemple de la France

L'exemple de la France rend bien compte de l'évolution de la mortalité dans le monde occidental. Jusqu'à la seconde moitié du xviiie siècle, l'espérance de vie à la naissance plafonne aux environs de 27,5 ans pour les hommes et de 29 ans pour les femmes. Avec les reculs progressifs des épidémies et des famines, ainsi que l'amélioration des conditions économiques et sanitaires, la durée de vie moyenne augmente pour atteindre, vers 1835, 39 ans pour les hommes et 41 ans pour les femmes. Elle ne fera ensuite que de faibles progrès jusqu'à la fin du xixe siècle. Mais, à partir de 1890, un mouvement continu, si l'on excepte les périodes des grandes guerres, porte à l'allongement de la vie.

Au cours du xxe siècle, les progrès considérables de la médecine et de la thérapeutique ont puissamment contribué à accélérer le recul de la mortalité. Deux traits surtout se dégagent. Tout d'abord, l'importance de la réduction de la mortalité infantile : en 1955, celle-ci était encore de peu inférieure à 40 ‰, en 1970 elle était de l'ordre de 18 ‰, en 1980 elle est tombée en deçà de 10 ‰ et elle se situe à 3,7 ‰ en 2010.

Par ailleurs, il faut noter l'écart entre les espérances de vie masculine et féminine. La surmortalité masculine est un phénomène démographique constant, que l'on retrouve, à de rares exceptions près, dans tous les pays et à toutes les époques. Elle tend cependant à s'accroître actuellement dans la plupart des pays développés : en France en 2010, il y a presque 7 ans d'écart entre la durée de vie moyenne des hommes (78,1 ans) et celle des femmes (84 ,8 ans). Aux causes biologiques de cette surmortalité s'ajoutent des causes exogènes tenant surtout aux conditions de travail et de vie.

Il reste souvent difficile de déterminer le rôle précis de tel ou tel facteur dans les différences de mortalité observées entre individus et groupes d'individus. Mais la distinction des causes de décès entre facteurs endogènes (qui émane de l'organisme lui-même) et facteurs exogènes (qui provient de l'extérieur) permet notamment l'analyse de la mortalité infantile. La mortalité infantile endogène varie peu d'un pays à l'autre, au contraire de la mortalité infantile exogène, qui reflète l'état socio-sanitaire du pays et le développement de son système de prévention et de soins.

Elle permet aussi de définir la notion de mortalité biologique limite, mesurant l'espérance de vie qui correspondrait à la disparition totale des causes exogènes de mortalité.

Le plus souvent, facteurs exogènes et endogènes interfèrent, entrent en interaction cumulative, comme le montre l'exemple de l'inégalité devant la mort suivant le milieu social.

2.2. La mortalité dans les pays développés

Les taux de mortalité sont faibles dans l’ensemble des pays industrialisés. Les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et les états d’Europe sont à la fin de la transition démographique, stade caractérisé par une faible natalité et une faible mortalité.

En Europe cependant il y a de grands écarts : les taux de mortalité varient entre 6 ‰ et 15 ‰. D’une façon générale, les taux de mortalité sont plus élevés en Europe orientale qu’en Europe occidentale. Cette différence s’explique en partie par la qualité des systèmes de santé et de la couverture sociale et tient également au fait que les progrès sanitaires de l’ensemble des anciens pays du bloc soviétique ont été longtemps freinés par la crise sanitaire des années 1960.

C’est l’Ukraine qui détient le taux de mortalité le plus élevé (15 ‰) avec la Bulgarie, suivies par la Russie et la Biélorussie (14 ‰). Situation que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) attribue pour la Russie à la dégradation du système de santé et à l’accroissement de la mortalité masculine, en relation avec la consommation d’alcool.

En Europe occidentale, l’Allemagne, la Belgique, la Grèce ont un taux de mortalité de 10 ‰. La France, la Finlande et la Grande-Bretagne, de 9 ‰, la Suisse, de 8 ‰ et l'Irlande de 6 ‰ Il faut observer que les taux de mortalité sont fortement liés à la structure par âge de la population : plus la part relative des personnes âgées dans une population est importante et plus le taux de mortalité est élevé.

Le taux moyen pour l'Union européenne (27 pays) se situe à 9,8 ‰ en 2011, combinant une faible mortalité infantile et un recul de la mortalité aux âges avancés. Le vieillissement de la population en Europe occidentale pourrait progressivement faire remonter le taux de mortalité.

Il faut noter que la situation sanitaire de l'Europe centrale et orientale est beaucoup moins bonne que celle de l'ouest du continent. La Russie notamment a vu sa situation se dégrader : le taux brut de mortalité est passé de 13,6 ‰ à 15,3 ‰ entre 1998 et 2003 pour stagner à 14 ‰ en 2010 et 2011.

Les autres pays développés à économie de marché (PDEM), les États-Unis, le Japon et l'Australie notamment, ont une structure par âge de leur population et une situation sanitaire comparables à celles des pays de l'Union européenne.

3. Évolution de la mortalité dans les pays en développement

3.1. La situation dans l'Afrique subsaharienne

Dans la liste des 50 pays du monde ayant le plus fort taux de mortalité, l'Afrique subsaharienne est fortement représentée. Dans cette partie de l'Afrique se superposent en effet plusieurs causes de mortalité. Les taux de mortalité infantile y sont parmi les plus élevés du monde, la pauvreté, la malnutrition et la famine (Somalie) y sont encore présentes, un fort pourcentage de jeunes adultes meurent de maladies, paludisme, tuberculose, sida, et plusieurs conflits armés y sont très meurtriers. L'ensemble de ces facteurs exposent les populations à de graves problèmes de santé et faute de structures hospitalières adaptées et suffisantes, les taux de mortalité y restent les plus élevés au monde.

En 2003, selon les chiffres fournis par l'ONU , les taux bruts de mortalité extrêmes se situaient à 27 ‰ et 25,2 ‰ pour le Swaziland et le Botswana. Chiffres qui renvoient aux ravages du sida en Afrique.

Les premières estimations de l'ONU pour l'année 2011 font état d'une forte baisse de la mortalité, notamment dans les pays d'Afrique. Le taux de mortalité le plus élevé concerne la République démocratique du Congo avec un taux de 17 ‰ suivi par le Nigeria, le Tchad et la Guinée-Bissau avec un taux de 16 ‰, le taux de la Zambie étant de 15 ‰. (contre 19 ‰ en 2010)

3.2. Ailleurs, une nette amélioration

Nombre de pays en développement ont un taux brut de mortalité inférieur, se situant entre 7 ‰ et 5 ‰, qui caractérise une situation particulière de la structure par âge de la population : très forte proportion des moins de 15 ans, accompagnée des effets de la diminution de la mortalité infantile et de l'amélioration de la situation sanitaire et sociale  : c'est le cas de l'Algérie et de la Tunisie, du Mexique, du Brésil et de plusieurs autres États d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud.

Les taux de mortalité des pays du Moyen-Orient, d’Amérique centrale, d’Amérique du sud et de certains pays d’Afrique sont inférieurs aux taux de mortalité des pays industrialisés, qui eux ont une forte proportion de personnes âgées.

Les Émirats arabes unis (1 ‰), le Koweït (3 ‰), la Jordanie (4 ‰), Oman (3 ‰), l’Arabie saoudite (4 ‰) mais aussi le Costa Rica (4 ‰), l’Iran (6 ‰), la Libye (4 ‰) ou le Mexique (5 ‰) ont des taux de mortalité très bas. La population de ces pays est jeune, les conditions sanitaires s’améliorent et la mortalité infantile a fortement diminué ces quinze dernières années, ce qui a mécaniquement renforcé la part relative des jeunes dans la population : en Bolivie, au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua, au Paraguay, les moins de 15 ans représentent entre 30 % et 40 % de la population et les plus de 65 ans seulement entre 4 % et 5 %.

En 2010, les deux géants mondiaux, la Chine et l'Inde, ont des taux de mortalité de 7 ‰ . Ce sont les seuls pays au monde où l'on compte plus d'hommes que de femmes, la venue d'un enfant de sexe féminin n'étant pas toujours acceptée. Ils entrent tous les deux dans la catégorie des pays où la proportion de jeunes est très importante et où la baisse de la mortalité à tous les âges est encore en progression.