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miniature

(italien miniatura, du latin miniare, enduire de minium)

Al-Hariri, Maqamat (les Séances)
Al-Hariri, Maqamat (les Séances)

Peinture de petites dimensions, telle que scène gracieuse ou portrait, soit encadrée, soit traitée en médaillon, soit employée pour décorer une boîte, une tabatière.

BEAUX-ARTS

Miniature byzantine

Elle est florissante du ve au xve s. malgré une interruption due à l'iconoclasme. Évangéliaires, lectionnaires, ménologues, recueils d'homélies et autres textes religieux constituent la majorité des écrits conservés, et leur illustration témoigne d'une grande variété : pleine page, marge, scènes insérées dans le texte, etc. (Évangéliaire de Rossano, vie s., Bibliothèque de Rossano). Les miniatures jouaient un rôle pédagogique indéniable en résumant le texte. Les mêmes procédés se retrouvent dans les manuscrits profanes tels que traités scientifiques ou pharmacologiques (Theriaca de Nicandre ou le Traité de Dioscoride) ; ce dernier, dans l'exemplaire de Vienne (Autriche) du vie s., en dehors des plantes, est enrichi d'un portrait de la donatrice. Lors de la renaissance macédonienne (ixe-xie s.), la miniature atteint son apogée. Les œuvres de cette époque participent d'une synthèse de la tradition proprement byzantine, alliée à la redécouverte de l'Antiquité et à l'apport des motifs orientaux : Psautier de Paris (xe s.) et Homélies de Grégoire de Nazianze (ixe s.) [Paris, B.N.F.].

Miniature islamique

Les miniatures de l'islam apparaissent (xie s.) d'abord en Égypte et surtout en Iraq avec l'école de Bagdad illustrée par al-Wasiti, dont la fantaisie, la verve et le sens du détail réaliste restent inégalés. Les sujets les plus appréciés sont les Maqamat d'al-Hariri, les traductions arabes du De materia medica de Dioscoride, du Livre des antidotes du pseudo-Gallien et des Fables de l'Indien Bidpai. Après les invasions mongoles, la miniature devient presque exclusivement iranienne avec pour centres : Tabriz (xive s.), Chiraz (fin du xive s.), Harat (xve s.), où travaille Behzad, à nouveau Tabriz et Bukhara. Là s'invente un univers parallèle au réel, excluant tout souci de perspective, au ductus d'une extrême finesse et aux rehauts de couleurs somptueuses et raffinées. Chah-name de Ferdowsi et poètes comme Sadi, Nezami, etc., sont les nouveaux sujets abordés.

L'esthétique iranienne domine les xvie s.-xviie s. avec l'école séfévide d'Ispahan. En Turquie, au xve s., se manifeste une étonnante curiosité intellectuelle qui invite à interroger aussi bien l'Europe que l'Extrême-Orient (Siyahkalem) ; la peinture des xvie-xviiie s. conserve un aspect narratif. En Inde, les artistes se dégagent des influences iraniennes au début du xviie s. ; ils tournent le dos aux préoccupations éthiques et philosophiques de l'islam et s'inscrivent en marge de l'art islamique classique. Partout, dès le xviiie s., le déclin se fait sentir.

Miniature de l'Occident médiéval

Il convient de distinguer, pour les productions médiévales, entre l'enluminure, décor d'un livre dans son ensemble, et la miniature, c'est-à-dire l'image illustrative qui, au même titre que la lettrine et la bordure ornementale, intervient dans l'élaboration de cet ensemble. Une place à part est occupée par les manuscrits irlandais et northumbriens, qui donnent l'exemple d'un décor dominé par l'entrelacs géométrique d'origine celte (Livre de Kells, vers 800, Dublin).

L'Empire carolingien voit se développer les scriptoriums monastiques, qui combinent influences barbares et volonté antiquisante (Évangéliaire de Godescalc, fin du viiie s., B. N., Paris) pour aboutir au style illusionniste et frémissant des dessins du Psautier d'Utrecht (835, Bibliothèque d'Utrecht). À l'époque romane, grâce aux réseaux des relations monastiques, une certaine unification stylistique se fait jour à travers les différents foyers : nord de l'Espagne (les beatus), Gascogne (Apocalypse de Saint-Sever, xie s., B.N.F.), Bourgogne (Bible de Souvigny, xiie s., Bibliothèque de Moulins), Normandie, Angleterre (Bibles de Bury et de Winchester), Allemagne, Flandre, Italie…

Dès le début de la période gothique, la miniature connaît en France un éclat qui ne s'éteindra qu'à la découverte de l'imprimerie. Paris en est le centre majeur au xiiie s. (Psautier de Saint Louis, B.N.). Au xive s., fonds d'or et cadres architecturaux cèdent la place aux fonds de couleur ou à des paysages ; maître Honoré est le peintre du Décret de Gratien (Tours) ; J. Pucelle développe dans les marges un décor aigu et foisonnant. À la suite de Charles V, des collectionneurs mécènes vont susciter des illustrations d'une audacieuse nouveauté, oscillant entre naturalisme et maniérisme, soit anonymes (Térence des ducs, Arsenal, Paris ; Heures de Bedford, British Museum ; œuvres du Maître de Rohan ; le Cœur d'Amour épris, Vienne), soit attribuables à des artistes comme Beauneveu, Jacquemart de Hesdin, les Limbourg, J. Fouquet… La miniature italienne est notamment illustrée par les noms de S. Martini, de Taddeo Crivelli au xve s., d'Attavante degli Attavanti (qui travaille pour Mathias Corvin) et du Dalmate G. Clovio au xvie s. Mais, dès cette époque, la miniature est en voie de disparition en tant qu'illustration de manuscrits.

Époque classique

Le terme de miniature va désormais recouvrir des œuvres d'un art menu tourné vers le portrait (Hilliard en Angleterre, les Clouet en France), pratiqué sur vélin (peau, plus tard papier), sur émail (J. Petitot au xviie s.) ou sur ivoire (R. Carriera, P. A. Hall ou François Dumont au xviiie s., Isabey au xixe s.). Au portrait s'ajouteront la composition religieuse ou mythologique, le paysage, la scène de genre enfin, le tout employé, surtout au xviiie s., dans le décor de bijoux et de petits objets tels que tabatières, boîtes et étuis divers (scènes galantes de Baudouin, vues de Van Blarenberghe, etc.).