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littoralisation

(xxe s. ; de littoral)

Mouvement de concentration des hommes et de leurs activités sur les parties littorales des continents.

La zone de contact de la terre et de la mer est un type d’espace riche en possibilités d’usage ; elle attire donc depuis très longtemps les hommes. La variété biologique des milieux littoraux, sous presque toutes les latitudes, a permis des densités d’occupation humaine importantes dès le Paléolithique, comme en témoignent, en plusieurs régions du Monde, des monticules de coquilles laissés par des groupes qui ont pu ainsi se sédentariser sans agriculture.

Trois grands ensembles d’attractivités des littoraux peuvent entrer en concurrence dans la littoralisation : l’exploitation des ressources du rivage ou de la mer plus ou moins proche, par la pêche en particulier, mais aussi par certaines formes d’agriculture ; les conséquences du fait que l’eau permet de se déplacer et de transporter des marchandises au moindre coût, donc les ports de commerce et les industries littorales ; les pratiques balnéaires et, plus généralement, touristiques du bord de mer. Du fait que le trait de côte est simultanément une interface et une frontière découle également une présence militaire littorale, autant pour la défense face aux attaques venues de la mer, que sous la forme de ports de guerre avec leurs arsenaux.

Jusqu’à la révolution industrielle, bien des littoraux ont pu néanmoins représenter des marges peu attractives, menacées par des tempêtes ou des actes de piraterie, souvent laissées aux marécages paludéens. Il faut localement excepter des aménagements des parties hautes des estrans, les polders, qui permettent une agriculture intensive. Mais depuis le xixe s., les côtes ne cessent de prendre de l’intérêt, du fait du développement simultané des transports maritimes et de l’interconnexion croissante d’activités économiques « outre-mer » avec celles des zones côtières où s'installent de grandes zones industrielles. Les migrations massives de populations favorisent le développement des grandes portes d’entrées des territoires d’immigration. La majorité des grands ensembles urbains contemporains sont aujourd’hui sur des façades littorales, non seulement les mégalopoles du nord-est des États-Unis ou du Japon, mais aussi beaucoup de très grandes villes des pays en développement aux économies extraverties. Les estuaires, qui ouvrent plus facilement l’arrière pays, sont particulièrement occupés.

En même temps, concurremment avec les métropoles et les industries littorales, s'est développé un goût pour les bains de mer et le climat maritime. La mer n’est plus un milieu effrayant, mais un paysage attractif, hautement valorisé. D’un usage récréatif ponctuel on est passé progressivement à une urbanisation du bord de mer de plus en plus étendue. Le tourisme de masse colonise des plages tropicales et les rivieras deviennent des localisations prisées des retraités. En outre, ces régions attirent particulièrement les activités de haut niveau sous forme de technopôles.

Les littoraux, du fait de leurs caractères à la fois terrestres et maritimes, sont des milieux écologiquement fragiles. Ils sont évidemment en première ligne face à la menace de montée du niveau marin. Les fortes densités humaines de beaucoup de littoraux contribuent à la dégradation de leurs équilibres en même temps qu’elles peuvent donner aux catastrophes liées aux risques naturels une dimension dramatique, comme l’a montré le tsunami de décembre 2004 dans l’est de l’océan Indien. Le souci de protection environnementale de ces milieux fragiles, comme le promeut le Conservatoire du littoral en France, entre souvent en tension avec une occupation croissante des rivages. Avec le même objectif, l'Union européenne impulse des recherches et des mises en œuvre pour une gestion intégrée des zones côtières.