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juif

(latin Judaeus, de Judée)

Personne appartenant à la communauté israélite, au peuple juif. (Avec une majuscule en ce sens.)

Après la chute du Temple

L'histoire des Juifs, après la destruction de Jérusalem (70 après J.-C.), est celle d'un peuple dispersé, conservé par sa foi, sa Loi et sa vie spirituelle. Rabban Johanan ben Zakkaï réussit à sortir de Jérusalem assiégée pour aller demander à Titus la permission d'aller installer à Yabne (ou Jabneh), près de la côte, une école qui devient un grand centre national, reconnu plus tard par les Romains ; pendant plus de trois siècles, les successeurs de Rabban Johanan, qui portent le titre de « patriarches », sont les chefs reconnus de la communauté juive de Palestine. C'est une période de reconstruction et d'intense activité intellectuelle. La synagogue remplace le Temple détruit ; la prière et l'étude prennent la place des sacrifices. L'instruction est obligatoire pour tous. Mais, bientôt, l'hostilité à l'égard de l'oppresseur romain suscite de nouvelles conflagrations, qui ravagent non seulement la Palestine, mais aussi les communautés qui se sont formées dans le monde méditerranéen, les plus importantes étant celles de Babylonie et d'Alexandrie.

Moins de trente-cinq ans après la chute de Jérusalem, tous ces centres se soulèvent contre Rome : les Juifs succombent, mais leur révolte empêche les Romains de conquérir la Mésopotamie et sauve les communautés de Babylonie. En 132, une autre révolte éclate en Palestine, contre l'empereur Hadrien. Dirigée par Simon Bar-Kokhba (ou Bar Kochba) et soutenue par les rabbins, elle provoque de lourdes difficultés dans le camp romain. Les insurgés libèrent de nombreuses villes, proclament la restauration de l'État juif et battent même monnaie. Mais la révolte est finalement écrasée. Les Romains s'emparent de Bethar, dernier bastion de la résistance juive (135). L'empereur fait de Jérusalem une cité païenne, interdite aux Juifs, qui sont cruellement persécutés. Sous les successeurs d'Hadrien, la persécution cesse, les patriarches sont reconnus, et les rabbins poursuivent l'élaboration de la Mishna, mise par écrit des grands ouvrages de la Loi orale. (→ judaïsme.)

Mais, en 325, Constantin fait du christianisme la religion de l'Empire romain. Partout où l'autorité des Romains s'étend, les Juifs rebelles à l'adoption de la nouvelle foi sont persécutés. En 425, le patriarcat est aboli. Dans l'Empire byzantin, la condition légale des Juifs devient très difficile.

La situation n'est meilleure qu'en Mésopotamie, où les Juifs sont placés sous l'autorité de l'« exilarque », magistrat juif qui a sa place à la Cour. De grandes écoles se créent et fleurissent. On y étudie la Mishna, dont tous les articles sont soumis au crible d'un examen qui en dégage toutes les conséquences et compare entre elles toutes les formulations des règles qui font loi. Cet effort constitue l'« étude de la Loi » (« talmud Torah ») consignée dans le Talmud, dont la rédaction, au ve s., est jugée nécessaire pour assurer la transmission de l'enseignement. Mais les Perses Sassanides, au viie s., persécutent les Juifs à leur tour.

Par contre, sous la domination musulmane, la communauté de Babylonie connaît pendant quatre siècles un nouvel éclat. Elle est toujours sous l'autorité de l'exilarque juif, mais de nouveaux dignitaires, religieux ceux-là, les gueonim, semblent avoir eu sur le peuple une influence plus sensible. Le gaon était le chef de l'école la plus renommée. Le plus célèbre de ces gueonim est Saadia (ou Saadiyah [vers 882-942]), qui lutte contre les karaïtes.

Les communautés ibériques

Délivrés de la persécution par l'arrivée des musulmans (viie s.), les Juifs d'Espagne connaissent à leur tour une longue période d'épanouissement : la symbiose des musulmans et des juifs est remarquable. Libres de toutes restrictions, ces derniers, au service des califes arabes, occupent souvent d'éminentes fonctions, participant à la culture arabe et s'illustrant dans tous les domaines du savoir. Il est parmi eux des hommes d'État, comme Hasday ibn Chaprut (vers 905-vers 975), ministre du calife de Cordoue Abd al-Rahman III. Le califat de Grenade compte un grand homme d'État juif en la personne de Samuel Ha-Nagid (vers 993-1056), qui s'adonne aussi à la poésie. De Tolède à Saragosse et de Málaga à Séville, les communautés brillent d'un vif éclat. C'est à Málaga que naît le grand poète et philosophe Avicébron (vers 1021-vers 1058), qui enrichit de ses poèmes liturgiques le rituel de la synagogue ; le plus célèbre est « la Couronne royale », que l'on récite encore le jour de Yom Kippour. Avicébron est surtout l'auteur d'un grand ouvrage philosophique, la Source de vie.

La reconquête de Tolède par les chrétiens, en 1085, n'entrave pas l'essor en Espagne de la vie juive, illustrée par deux grandes figures : celle du poète et philosophe Juda Ha-Levi dans la première moitié du xiie s., et celle de Moïse Maïmonide.

Au milieu du xiiie s., à part Grenade, les chrétiens ont pratiquement reconquis toute l'Espagne. Mais, jusqu'en 1391, les décrets pris contre les Juifs par les autorités civiles ou ecclésiastiques restent lettre morte. L'activité intellectuelle des Juifs se concentre alors sur l'étude du Talmud, illustrée par des maîtres comme Asher ben Ye·hiel (?-1327), réfugié d'Allemagne, qui devient le rabbin de Tolède. C'est à cette époque que fleurit la kabbale et qu'est rédigé le Zohar. En 1391, une redoutable persécution, patronnée par la noblesse et le clergé, ruine de nombreuses communautés, fait des milliers de victimes et cause de nombreuses conversions au christianisme. Parmi les convertis, ceux qu'on appelle alors les « marranes » (d'un mot espagnol signifiant « porc »), c'est-à-dire ceux qui continuent à pratiquer secrètement le judaïsme, sont nombreux.

L'Inquisition sévit durement contre ces « relaps ». Quant aux Juifs qui ne sont pas convertis, ils doivent porter un insigne spécial, écouter des sermons faits par des prédicateurs chrétiens. Beaucoup de métiers leur sont interdits. L'Inquisition s'acharne aussi à démasquer les marranes. En 1483, le chef de l'Inquisition est le dominicain Tomás de Torquemada, qui veut en finir avec ceux qui sont restés juifs. Lorsqu'en 1492 Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille eurent chassé les Arabes de Grenade, Torquemada les convainc aussi de chasser les Juifs d'Espagne. En juillet 1492, 300 000 Juifs quittent le pays. Le Portugal imitera bientôt l'Espagne.

Beaucoup de Juifs périssent en route. Certains gagnent l'Afrique du Nord ou l'Italie. La plupart reçoivent un bon accueil dans les possessions du sultan de Turquie, en Grèce, en Turquie d'Europe et d'Asie, dans les îles de l'Archipel et en Palestine. Ils apportent avec eux leur culture et leur langue, le ladino, caractéristique des Juifs d'origine espagnole, ou Séfarades (« Espagnols »). Plus tard, vers 1512, certains de ceux qui avaient réussi à se cacher en Espagne et au Portugal réussiront à venir dans la région de Bordeaux et de Bayonne, ainsi que dans certains ports français. D'autres gagneront la Hollande et, de là, grâce au bon vouloir de Cromwell, s'installeront en Angleterre ou gagneront les colonies du Nouveau Monde.

Les Juifs en Europe occidentale

Depuis l'époque romaine, il y a en Gaule et en Allemagne des Juifs qui, d'abord, possèdent la totalité des droits sans discrimination. L'installation du christianisme les leur retire. Mais c'est surtout l'établissement de la féodalité qui restreint leur liberté : ils n'ont plus le droit de posséder de terres ni d'exercer les professions sujettes à la tutelle des corporations. Ils ne peuvent donc vivre que du prêt à intérêts, avec de gros risques, des taxes énormes et le mépris de leurs obligés. Philippe Auguste, Louis IX et Philippe IV le Bel s'illustrent dans l'art de les pressurer et de les brimer ; ils les expulsent pour s'approprier leurs biens, puis les rappellent moyennant des taxes coûteuses. Après le IVe concile du Latran (1215) et la croisade des albigeois, on impose aux Juifs le port de la « rouelle ». Sous l'influence de l'Église, il se crée dans l'esprit du peuple une image hideuse et redoutable du Juif, considéré comme un usurier diabolique, ayant partie liée avec les sorciers, les lépreux et les démons. On l'accuse de prétendus « meurtres rituels » et de sacrilèges, plus particulièrement d'attentats contre la personne du Christ par perforation des hosties consacrées. Au xve s., il ne reste guère de Juifs que dans le comtat Venaissin.

En Allemagne, il n'y a pas de mesures générales, mais les violences ne manquent pas, notamment à l'époque des croisades. Les Juifs d'Angleterre, installés depuis l'arrivée de Guillaume le Conquérant (1066), connaissent une certaine tranquillité jusqu'au couronnement de Richard Cœur de Lion. Après un siècle de persécutions, ils sont finalement expulsés (1290).

L'Italie, morcelée en une multitude de petits États, traite moins mal ses Juifs, qui ont la ressource, en cas de troubles, de gagner un autre État. C'est pourquoi la science juive y fleurit remarquablement : il faut citer le grand homme d'État Isaac Abravanel (1437-1508) et ses fils, qui s'installent à Venise.

L'épidémie de peste qui ravage l'Europe en 1348 est l'occasion d'une vague de massacres des Juifs, accusés de fomenter avec les lépreux un immense complot pour empoisonner les sources et les puits.

Vers plus de tolérance

Dans l'Empire ottoman, les Juifs jouissent, par contre, d'une large liberté : Constantinople, Thessalonique, Smyrne et Andrinople deviennent le siège de grandes communautés, dotées de riches institutions et d'imprimeries hébraïques. Jérusalem et Safad sont de grands centres spirituels. C'est à Safad que vivent Joseph Caro (1488-1575), auteur du Shulhan Aruk, code religieux qui fait encore loi aujourd'hui, et Isaac Luria (1534-1592), l'un des plus grands kabbalistes. De leur côté, les Pays-Bas protestants deviennent un havre de salut pour les marranes portugais, qui peuvent reprendre ouvertement leur religion d'origine et sont rejoints par des réfugiés d'Allemagne. De grandes communautés se créent, surtout à Amsterdam. Les figures dominantes de ce judaïsme des Pays-Bas sont le rabbin Manassé ben Israel (1604-1657) et le philosophe Spinoza (exclu toutefois de la communauté juive en 1656).

Les marranes installés dans le sud-ouest de la France sont protégés par des « lettres patentes » d'Henri II, plusieurs fois renouvelées jusqu'au xviiie s. Ils finissent par pratiquer presque ouvertement le judaïsme, acquérant une grande influence dans le commerce avec les colonies d'Amérique.

La France gagne d'autres Juifs lorsque les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun) lui reviennent en 1559. En 1648, les traités de Westphalie donnent l'Alsace à la France. Il y a là aussi des milliers de Juifs. Dès le règne de Louis XI, des Juifs alsaciens, lorrains, bordelais ou avignonnais commencent à s'établir à Paris. Installés les uns dans le Marais, les autres près du pont Saint-Michel, ils y ont bientôt des synagogues.

En Pologne se développe dès le xiiie s. une très importante communauté, formée par des Juifs d'Allemagne qui ont fui les persécutions. Les rois Ladislas Ier (1305-1333) et Casimir III le Grand (1333-1370) leur accordent des chartes. D'Allemagne ils ont apporté un allemand médiéval qui, mêlé d'hébreu et de mots slaves, devient le yiddish, parlé par la plupart des Juifs d'Europe centrale et orientale, ou Ashkénazes (« Allemands »).

Au xviie s., les cosaques orthodoxes massacrent les communautés juives de Pologne et de Lituanie ; beaucoup de survivants iront grossir, au xviiie s., les communautés occidentales. Dans ces conditions, l'influence des faux messies est aisément explicable. Naît aussi le mouvement des hassidim, largement suivi par les masses, un peu rebutées par l'intellectualisme des rabbins et enthousiasmées lorsqu'on leur enseigne que chacun peut servir Dieu selon ses possibilités, au milieu d'une véritable joie de vivre, d'un formidable embrasement mystique.

En 1795, la plus grande partie des Juifs polonais deviennent les sujets du tsar, qui les parque dans une « zone de peuplement juif ». Accusés, surtout après l'assassinat d'Alexandre II (1881), d'être les complices des nihilistes et des révolutionnaires, les Juifs russes, jusqu'à la Première Guerre mondiale, sont les victimes de « pogroms » qui s'accompagnent de massacres et provoquent un vaste mouvement d'émigration vers l'Empire britannique, l'Amérique et aussi la France.

Naturellement, l'idée de la résurrection de la nation juive en Palestine gagne de plus en plus de terrain en Russie, mais aussi en Roumanie et dans la Pologne autrichienne. En Roumanie, les Juifs sont maintenus dans un statut d'étrangers sans protection. Les idées des partisans de la restauration d'Israël en Palestine s'expriment dans des congrès et dans des livres. Elles trouvent leur expression la plus achevée dans celui qu'un journaliste viennois en poste à Paris, Theodor Herzl, fait paraître à Paris en 1896, après la dégradation du capitaine Dreyfus, à laquelle il a assisté. Cet ouvrage, l'État juif, pose le principe du sionisme politique. D'autres Juifs de Russie et de Pologne préfèrent cependant d'autres idéaux et se joignent aux mouvements révolutionnaires de leur pays.

L'émancipation en Occident

Dès le xviiie s. s'enracine l'idée d'une émancipation qui, dans la plupart des cas, s'allie à un processus d'assimilation. L'un des promoteurs de cette idée est le philosophe juif allemand Moses Mendelssohn (1729-1786), qui cherche à propager parmi ses frères opprimés la culture allemande et à amener ceux-ci à faire de leur judaïsme un système qui pourrait être exposé valablement à leurs contemporains chrétiens.

En France, les philosophes et les Encyclopédistes commencent à parler d'égalité de tous les hommes. On cherche à « régénérer » les Juifs, qui trouvent des défenseurs en la personne de l'abbé Grégoire, de Mirabeau et de quelques autres. Sous Louis XVI, une commission améliore la situation des Juifs d'Alsace. Lorsque la Révolution éclate, les doléances des Juifs se joignent à celles des autres habitants du royaume. Mais ce n'est que le 27 septembre 1791 que les Juifs de France obtiennent l'entière égalité avec les autres citoyens.

Les armées de la République apportent aux Pays-Bas le nouveau statut. Mais celui-ci ne résout pas tout ni ne met fin aux griefs de certains chrétiens, en Alsace particulièrement. Alors Napoléon Ier, sensible au patriotisme des Juifs français, organise une assemblée de notables juifs dont les attendus constituent un véritable corps de doctrine du judaïsme français. L'Empereur donne à ce corps de doctrine une apparence de législation religieuse en créant un grand sanhédrin, puis en mettant en place l'organisation consistoriale, étroitement surveillée par le pouvoir et chargée de veiller au bon ordre du culte, à la conscription des Juifs et à l'exactitude dans le devoir fiscal. Mais, en 1808, l'Empereur prend le « décret infâme », qui limite le droit de séjour dans certains endroits et dépossède beaucoup de Juifs d'Alsace.

Sous la Restauration, les Juifs s'intègrent de mieux en mieux à la vie française. Sous Louis-Philippe, ils obtiennent même que leurs ministres du culte soient rétribués par l'État (1831).

Il n'en est pas de même dans les États allemands, où beaucoup de Juifs ne peuvent accéder à des fonctions publiques qu'au prix du baptême.

En Grande-Bretagne aussi la bataille pour l'égalité des droits fut longue. Ce n'est qu'en 1858 que Lionel Rothschild peut prêter serment, en tant que membre du Parlement, avec une formule conforme à sa croyance et non « avec la vraie foi d'un chrétien » (on the true faith of a Christian). Mais, dans ce pays, beaucoup de Juifs sont anoblis et arrivent souvent à de très hautes positions, comme Disraeli.

En 1871, l'émancipation légale des Juifs de l'Europe occidentale est chose faite. Ils s'européanisent et se vouent à l'industrie, au commerce, aux professions libérales, à l'enseignement, à la politique, à la carrière des armes. Mais cette liberté a incontestablement un pouvoir dissolvant pour la foi. Et puis le monstre médiéval de l'intolérance n'est pas mort en Europe. Il reparaît, notamment au moment de l'affaire Dreyfus, sous le déguisement prétendument scientifique de la théorie des races. On lui invente le nom d'antisémitisme.

C'est aux États-Unis, où ils sont 3 500 000 en 1914, que les Juifs d'Europe centrale se réfugient le plus volontiers : ils y trouvent en effet la liberté pleine et entière.

Encore la persécution

Après la Première Guerre mondiale- au cours de laquelle les Juifs, qui sont alors 14 millions dans le monde, paient un lourd tribut comme combattants -, l'antisémitisme se développe en Europe : en Europe occidentale, où les nationalismes d'extrême droite se teintent presque toujours d'antisémitisme, et surtout en Europe orientale : Pologne, Autriche, U.R.S.S., Hongrie… Mais c'est dans l'Allemagne nazie, à partir de 1933, que la persécution des Juifs est la plus odieuse. Les Juifs y sont mis au ban de la société, rançonnés et maltraités. Ravalés au rang d'une sous-humanité dénuée de tout, ils sont le jouet de la férocité démente du pouvoir hitlérien. Des milliers d'entre eux sont enfermés dans les camps de concentration (Dachau, Buchenwald, Sachsenhausen…). Les descendants de Juifs convertis au christianisme n'échappent pas à ces mesures, les « lois de Nuremberg » (1935) étant la charte de la discrimination raciale.

La Seconde Guerre mondiale, en étendant le champ d'action des nazis, ne fait qu'ajouter aux souffrances des Juifs, qui, dans la France de Vichy, sont l'objet de mesures discriminatoires. En janvier 1942, à Wannsee, les nazis décident de la « solution finale », qui doit aboutir à l'extermination des Juifs européens. Quand l'Allemagne capitule, le 8 mai 1945, 6 millions de ces Juifs ont péri.

Aussitôt après la guerre, les survivants ne veulent pas tous rentrer dans leurs pays d'origine, où ils prévoient d'autres souffrances. Ils restent donc parqués dans des camps, en attendant que la Palestine les accueille. Une immigration clandestine est organisée avec l'aide efficace de certains pays, comme la France et l'Italie, d'où partent les bateaux de « maapilim » (immigrants clandestins), dont les plus valides ont déjà reçu un rudiment d'instruction militaire. La flotte britannique les traque sur mer, tandis que l'Intelligence Service enquête sur les filières de l'immigration illégale. Au cours de l'été 1947, l'affaire de l'Exodus cause une grande émotion dans le monde. En mai 1948, l'indépendance de l'État d'Israël est proclamée. (→ antisémitisme.)