En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

hispano-mauresque

Cordoue, la Grande Mosquée
Cordoue, la Grande Mosquée

Se dit de l'art, de la civilisation islamiques à l'ouest du Bassin méditerranéen, au temps où les califes de Cordoue réunissaient sous leur autorité le Maroc et l'Espagne.

ARTS

Une architecture religieuse

Descendants des califes de Damas qui s'étaient réfugiés en Espagne vers la fin du viiie s., les émirs omeyyades entreprirent dans Cordoue, qu'ils avaient choisie pour capitale, la construction d'une grande mosquée. Commencée en 785, elle s'inspire, dans son tracé initial, du plan rectangulaire syrien ; mais, à l'intérieur de sa grande salle, elle déploie un nombre considérable d'arcs outrepassés en fer à cheval (si représentatifs de l'architecture maure) combinés avec des arcs tréflés et à dents. Une cour d'entrée précède cette salle des prières, qui dégage, d'une nef à l'autre, de surprenantes perspectives aériennes. Dans l'axe de la nef médiane, de forme quadrangulaire, s'élève le minaret. La grande mosquée de Cordoue, au riche répertoire ornemental, demeure l'un des plus importants monuments de l'art hispano-mauresque.

La domination almoravide

La dynastie des Omeyyades disparut au début du xie s., et l'Espagne musulmane ne tarda pas à se morceler en une foule de petits royaumes, arabes, berbères, voire d'origine slave, bientôt menacés par la conquête de Ferdinand Ier, roi de Castille. Le développement artistique du temps de ces princes (les rois de Taifas) a laissé peu de traces ; mais quand l'un d'eux, le roi de Séville al-Moutamid, requit l'aide des Almoravides pour résister à Ferdinand, ceux-ci transformèrent profondément les territoires espagnols désormais placés sous la dépendance administrative du Maghreb. La domination almoravide en péninsule Ibérique s'accompagna d'un élan civilisateur qui privilégia la construction de mosquées inspirées de la mosquée Qarawiyyin de Fès, avec ses belles coupoles, et la grande mosquée de Tlemcen.

L'influence des Almohades

Aux Almoravides succédèrent les Almohades, autres tribus berbères mises en mouvement par la guerre sainte. Avant même de songer à bâtir des palais, les Almohades construisirent des édifices de culte. La mosquée Koutoubia à Marrakech représente une des plus brillantes réalisations de l'islam. Les « trois tours sœurs » : le minaret de Koutoubia, la tour Hassan à Rabat et la Giralda de Séville, n'expriment pas seulement l'ambition personnelle des souverains almohades, qui étaient animés d'un rigorisme intransigeant ; elles attestent essentiellement la profonde unité qui, des frontières de la Castille à la Tripolitaine, s'établit entre le Maghreb et l'Espagne.

Si nulle trace ne subsiste de l'architecture militaire des Almoravides, il existe en revanche des vestiges des constructions militaires almohades (porte de Marrakech, début du xiiie s.), de Fès à Marrakech en passant par Rabat, nouvelle preuve d'un ascétisme qui ne consentit que tardivement à céder aux fastes des palais.

Il fallut attendre le xive s. pour avoir l'exemple d'une demeure royale de style mauresque : l'Alhambra de Grenade. Édifiée par Youssef (1333-1353) et Mohammed V (1353-1391), partiellement détruite puis restaurée, elle a néanmoins conservé le plan initial et la somptueuse décoration de stuc qui en font l'un des plus beaux témoignages de l'art et de la civilisation hispano-mauresque.

Le style mudéjar

Les artistes et les artisans appelés de Grenade à Fès, à Tlemcen, à Séville, répandirent à travers tout l'Empire le style de l'Alhambra. Le style mudéjar (expression artistique des Maures appelés à vivre sous domination chrétienne après la Reconquista) constitua son véritable prolongement : l'Alcazar de Séville, rebâti entre 1353 et 1364 par Pierre le Cruel, lui appartient tout entier.

Du xiie au xvie s., l'art de la faïence à reflets métalliques (vases, plats, vasques) ainsi que la fabrication des lustres connurent un développement considérable dans des centres tels que Málaga, Valence, Séville ou Grenade. Héritière directe de Damas dans l'art de forger les lames, Tolède ne démérita jamais de l'enseignement syrien originel.

En architecture, les mudéjars utilisèrent leurs propres techniques (arcs outrepassés, arcatures aveugles, clochers en forme de minarets) et leur propre ornementation (arabesques, plafonds à caissons [artesonados] à marqueterie). Appliqués à des édifices romans, surtout gothiques et même Renaissance, ces éléments produisirent un style hybride d'un grand intérêt. Les plus grands centres de l'art mudéjar furent Séville et Tolède.