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hasard

(espagnol azar, de l'arabe az-zahr, le dé)

Puissance considérée comme la cause d'événements apparemment fortuits ou inexplicables.

La notion de hasard

La réflexion philosophique

Dès le xviie s., avec Descartes, c'est bien la lutte contre le hasard, et contre l'angoisse dont il est porteur, qui suscite le désir de connaître et qui lui inspire sa méthode pour y parvenir. Au moins jusqu'au xviiie s., les philosophes cherchent à relativiser, sinon à maîtriser la part du hasard. D'abord, ils entendent éliminer, dans la mesure du possible, le hasard surnaturel, en soumettant l'idée de nature aux lois de la Raison divine, créatrice de toutes choses avec ordre et mesure. Ensuite, ils tentent de délimiter le hasard subjectif lié aux passions humaines. Enfin, ils situent le hasard dans une conception « positive » (scientifique) du monde.

La réflexion scientifique

Cournot, au xixe s., s'efforce de distinguer les différents sens et emplois du mot en opposant un hasard réglé par la probabilité mathématique – mesure de la possibilité physique – à un hasard concevable au sein d'une probabilité philosophique, participant d'une croyance subjective dans l'indépendance de certaines chaînes causales au sein de l'univers (Essai sur les fondements de nos connaissances, 1851). La probabilité des causes dans les « lois de la pensée » de Boole est une autre approche du hasard, parmi celles qui maintiennent en question l'objectivation du concept tout au long du xixe s.

La question de l'objectivité

Bien que le xxe s. ait mis fin à la croyance du déterminisme strict, selon laquelle l'univers n'est qu'ordre et enchaînement réglé des causes et des effets – grâce notamment aux travaux de la mécanique quantique et de la biologie –, le hasard n'a pas acquis l'objectivité scientifique. Seule la relation entre le calcul des probabilités et l'imprévisibilité d'un événement est la condition première d'une transformation de la notion de hasard en concept scientifique.