En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

genre

Division fondée sur un ou plusieurs caractères communs ; depuis la fin du xxe s., désigne l'identité sexuée (masculine ou féminine) dans ses dimensions sociales et psychologiques, plus que dans ses caractéristiques biologiques (→ sexe).

Sous l'impulsion de féministes et du mouvement queer notamment, la question du genre, masculin et féminin, a fait l'objet de nombreuses réflexions à la fin du xxe s., par exemple dans les départements de gender studies (« études du genre ») des universités américaines.

1. Aspects sociaux et/ou biologiques du genre

Le féminin et le masculin incluent une dimension sociale. Il existe en effet dans chaque culture des éléments supposés déterminants pour définir le genre ; mais ces critères, du type passivité/activité (→ rôles sexuels), ont montré leurs limites.

La caractéristique physiologique elle-même, qui répartit l'espèce en mâles et femelles, n'est parfois pas déterminante, certaines personnes revendiquant une identité sexuée autre que celle que leur corps désigne.

Enfin, en l'absence de référence sociale instituée, ou bien en opposition à celle-ci, certains inventent des critères singuliers pour définir leur position sexuelle. S'est ainsi posée la question de savoir si on naît homme ou femme, ou si on le devient, la deuxième voie ayant été retenue tant par la psychanalyse que par des courants féministes.

2. Développement de l'identité sexuée

• Les premières années. Les caractères sexuels que chacun découvre dans son corps conduisent à définir sa position sexuée. Dès sa naissance, le petit humain expérimente une forme de plaisir. À mesure qu'il grandit (voir développement de l'enfant, stades), grâce aux échanges avec les autres, et tout particulièrement avec sa mère, la dimension du plaisir s'inscrit dans des lieux significatifs du corps, nommés zones érogènes. Ce parcours conduit l'enfant à s'intéresser aussi au plaisir apporté par les organes sexuels, où se manifestent des sensations fortes, qu'il tente de loger dans la rencontre avec ses partenaires familiaux (complexe d'Œdipe). L'impossible auquel il se heurte alors (angoisse de castration) vient arrêter un temps ce développement, tout en laissant la trace de cette expérience et des solutions imaginaires entrevues (satisfaire le père, la mère, ou, par identification, un copain ou une copine).

• À l'adolescence. Si le petit enfant, confronté déjà à son corps, tente de régler la question de sa position sexuée à travers ses identifications imaginaires aux parents, c'est à l'adolescence que se dessine pour chacun son orientation sexuelle et le style qu'elle prendra. Ce temps où le sujet doit décider de ce qui oriente son désir, et de ce qui soutiendra sa jouissance sexuelle, est toujours difficile. Cette orientation se nourrit alors des premières expériences, des rencontres et de l'inscription dans des groupes de référence (bande d'adolescents, équipe sportive, etc.). Le corps est ainsi, à cette période de la vie, un partenaire encombrant pour beaucoup.

3. Jouissance au masculin et au féminin

La puberté remet au premier plan des préoccupations l'usage des organes sexuels et le plaisir qu'ils suscitent. Partant de l'organe chez l'homme, plus diffuse chez la femme, la jouissance sexuelle diffère selon le sexe (→ désir sexuel).

• La rencontre du plaisir. Le pénis ramène le jeune garçon à la question de la jouissance de l'organe, qu'il traite d'abord par une satisfaction solitaire, la masturbation, qui n'est pas sans partenaire imaginaire. En revanche, l'apparition des règles confronte la jeune fille à cette limite de la jouissance féminine qu'est la maternité. Le rapport au plaisir sexuel est ainsi différent pour chacun, et plus complexe pour la fille.

• Jouissance et lien social. Pour la femme, à la question de la jouissance sexuelle se superpose aussitôt celle de la maternité, prônée socialement comme une forme civilisée de jouissance. La lutte des féministes au xxe s. (et les moyens de contraception), en permettant aux femmes des sociétés industrielles de mieux maîtriser la procréation, a reposé la question de ce qu'est la jouissance sexuelle féminine. Ce débat est moteur dans les évolutions sociales contemporaines.