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fusion

(de l'anglais fusion music, musique née d'une fusion)

James Brown
James Brown

Terme qui recouvre trois orientations musicales actuelles : un mélange de rock et de jazz, de rock et de punk et un troisième de rap, de funk et de punk.

MUSIQUE

Évolution

À l'origine, la fusion est la rencontre de plusieurs genres musicaux : de la gamme Bartock aux innombrables évolutions du gospel, dont la plupart des musiques actuelles sont originaires. Enfermer tel ou tel alliage musical sous ce vocable fourre-tout, c'est mettre au purgatoire du vocabulaire des styles musicaux embryonnaires avant de leur concéder l'autonomie. Trois grandes orientations musicales, toujours vivaces, ont cependant hérité de ce terme.

La fusion par le jazz

À partir de 1965, cette tendance relève de l'inévitable évolution du rock, intégrant la musique classique ou le jazz et ses dérivés. Les premières tentatives en la matière sont l'œuvre de musiciens de blues-rock comme Mike Bloomfield, avec son Electric Flag, Al Kooper et son Blood, Sweat and Tears (BST) ou leur clone, le groupe Chicago. Certains d'entre eux ajoutèrent des cuivres à la traditionnelle formation basse/batterie/guitare, d'autres se lancèrent dans d'audacieuses reprises (BST revisitant Satie, par exemple). De ces initiatives naîtra le rock expérimental, porté par son grand maître Frank Zappa, amateur de jazz, de musique classique et contemporaine et de jazz-rock. En 1969, Miles Davis, avec son album Bitches Brew (1969), fera de nombreuses concessions au rock et convertira à la fusion une pléiade de jazzmen, au premier rang desquels figurent John McLaughlin, Chick Corea, Herbie Hancock ou des groupes comme Weather Report. D'autres expériences seront menées, visant à un rapprochement des cultures par la fusion de leur identité musicale, développant le concept de world music, dont les années 1980 seront si friandes. Carlos Santana en sera l'un des pionniers, mélangeant avec succès blues-rock, rythmes sud-américains et africains.

Fusion par la soul : le pont à partir de 1975

Là encore, il faut remonter vers 1965 pour voir éclore, par l'alchimie de James Brown et de Jimi Hendrix, les bases de cette musique qui porte aujourd'hui le nom de « fusion » et regroupe une nébuleuse de styles plus ou moins à même de gagner leur autonomie. Tandis que James Brown retourne aux sources en mêlant rhythm and blues, jazz et rythmes afro, Jimi Hendrix fait pleurer sa guitare, renvoie la technique classique du rock à la préhistoire de la musique et y introduit une rythmique funk qui n'en porte pas encore le nom. Mais le grand tournant arrive durant les années 1970 avec George Clinton (et son complice Bootsy Collins), qui, à la suite des pionniers Sly And The Family Stone, mélangera funk et rock, développant un groove si particulier qu'il est aujourd'hui le musicien le plus samplé par les groupes de rap et le père de la fusion actuelle.

Fusion actuelle : le grand brassage à partir de 1982

Née au États-Unis au début des années 1980, cette tendance va tenter de concilier des genres a priori opposés, dans un déferlement de violence musicale et verbale. Le premier groupe « dépositaire » du terme fusion sera les Bad Brains, qui mélangeront hard-core (vision américaine du punk, plus sauvage encore) et rythmes jamaïquains. Leur album God Of Love est sans doute le meilleur jamais produit à ce jour dans ce style. Mais les représentants les plus marquants de ce courant s'inspireront davantage du funk, bien que Bad Brains y ait succombé aussi. Et il n'est pas étonnant que les Red Hot Chili Peppers, groupe phare de la mouvance, aient vu leur album Freaky Styley (1990) produit par Clinton en personne. Dans leur sillage s'engouffreront Fishbone, Living Colors (produits par Mick Jagger), Rage Against The Machine et, en France, Lofofora, Silmarils ou Frogmouth. S'affirmant parallèlement à l'explosion du rap, la fusion ne pouvait pas ignorer ce dernier genre, ou inversement, et c'est sans surprise que le rappeur Run DMC a invité le groupe de hard-rock Aerosmith à reprendre avec lui son Walk This Way sur l'album Raising Hell (1986), créant une énième subdivision dans la fusion. Celle-ci sera notamment marquée par les Beastie Boys, groupe de rappeurs blancs lancé par le grand label de rap californien Def Jam (tout comme LL Cool J, dans le même registre, du rap hard-rock au slow rap), qui mélangent hard-core et rap agrémentés de samples. Que dire enfin de la rencontre du jazz-rock et du rap, dernier avatar de la fusion actuelle, illustrée par certaines prestations de Steve Coleman avec le groupe de rap Metrics (album A Tale Of 3 Cities, en 1995) ou de Branford Marsalis avec son groupe Buckschot Le Fonque (jazz/rap/raggamuffin) ? La boucle est-elle bouclée ? Sans doute pas, mais si le jazz-rock a gagné son autonomie, tout comme le rock de Frank Zappa ou de Joe Satriani, la fusion actuelle finira sans doute par se réunir sous une nouvelle bannière, avant d'être absorbée à son tour, dans la logique de l'évolution du rock.