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faïence

(de Faenza, nom propre)

Faïence de Delft, flacon à thé
Faïence de Delft, flacon à thé

Céramique à pâte argileuse, tendre, poreuse, recouverte d'un enduit imperméable et opaque. (Le décor peint sur émail cru et cuit avec lui définit les faïences dites de grand feu. Le décor posé sur émail déjà cuit exigera une cuisson supplémentaire à basse température pour les couleurs [faïences dites de petit feu].)

ARTS DÉCORATIFS

C'est en Égypte ptolémaïque et en Perse achéménide que l'on rencontre les premières utilisations de l'émail stannifère. Les potiers musulmans, au viiie s., généralisent son emploi (Égypte à Fustat, Mésopotamie à Suse et Samarra), créant ainsi les premières faïences, qu'ils recouvrent parfois d'un lustre métallique. Les conquérants arabes véhiculent ces techniques vers l'Occident et, dès le xiiie s., apparaissent, venant de Majorque, les luxueuses faïences lustrées dites « hispano-mauresques », dont la fabrication est à son apogée au xve s. dans la région de Valence. En Italie, l'art de la majolique prend un essor considérable aux xve et xvie s. Les grands centres en sont Faenza, Cafaggiolo, Sienne, Casteldurante, Deruta et Urbino. Ils produisent des œuvres polychromes aux décors historiés.

La faïence de grand feu est introduite en France par les Italiens : les Conrade s'installent à Nevers, Abaquesne à Rouen, etc. Ils créent surtout des vases pour les apothicaires. Inspirés par la porcelaine chinoise, les décors bleu et blanc font, vers le milieu du xviie s., la célébrité de Delft, alors que la famille Poterat domine la production rouennaise. Fin xvii, début xviiie s., Rouen lance son décor de lambrequins rayonnant « en broderie », bleu et rouge, auquel succèdent les décors chinois (vers 1720), rocaille (vers 1740). Moustiers (décors adaptés de J. Berain) et Marseille rivalisent avec Rouen au xviiie s. Parmi les autres centres français, citons Sinceny, Moulins, Saint-Omer, Saint-Amand-les-Eaux. La faïence de petit feu permet de diversifier les couleurs. Cette technique, qui privilégie le décor floral, apparaît en 1748 chez Hannong, à Strasbourg, et à Marseille chez la veuve Perrin. L'exemple se transmet à Niederwiller, Sceaux, Lunéville, Meillonnas, etc. Au xixe s., une certaine décadence s'amorce, due à la concurrence de la porcelaine et de la faïence fine.

Faïence fine

Elle apparaît en France, au xvie s., avec la création des poteries fines de Saint-Porchaire, recouvertes d'un vernis plombifère transparent. Son usage ne se répand qu'au xviiie s. à Pont-aux-Choux, en Lorraine (Lunéville, Saint-Clément, Toul-Bellevue) et à Apt. On l'appelait alors « terre de pipe » et elle contenait de la chaux. La faïence fine anglaise, ou cailloutage, appelée au xviiie s., en France « grès anglais », voit le jour vers 1720 en Angleterre, dans le Staffordshire. Sa fabrication y prend une grande extension grâce à une organisation déjà industrielle. Les principales manufactures françaises sont celles de Creil (1797), Longwy (1798), Sèvres (1798). Avec le décor par impression, la fabrication devient industrielle, ainsi à Montereau (1819), à Sarreguemines, à Gien et chez Boch (Setpfontaines, Luxembourg), qui comptent parmi les centres les plus connus.

INDUSTRIE

Les faïences fines (environ 40 % de kaolinite, 40 % de quartz et 20 % de calcaire) constituent l'essentiel des faïences industrielles. En général, les pâtes de faïence fine subissent deux fois l'action du feu. Une première cuisson, entre 1 200 °C et 1 300 °C, donne le biscuit de faïence fine, celui-ci recevant ensuite une glaçure ; une seconde cuisson, (cuisson émail), se fait à une température de l'ordre de 1 000 °C. La faïence a trouvé de nombreux domaines d'application, en dehors de celui de la céramique de table, tels les domaines du sanitaire et des carreaux de revêtement.