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expositions et salons artistiques

Édouard Manet, le Déjeuner sur l'herbe
Édouard Manet, le Déjeuner sur l'herbe

Présentation au public d'œuvres d'art ; ensemble des œuvres exposées

BEAUX-ARTS

L'exposition d'œuvres d'art, sous sa forme organisée, apparaît (1667) et se développe en France à partir du xviie s., avec les expositions officielles des peintres de l'Académie présentées au Palais-Royal, puis dans la Grande Galerie du Louvre et enfin, à partir du xviiie s., dans le salon Carré (d'où le nom de Salon).

D'autres expositions, plus ouvertes aux jeunes artistes, sont proposées au xviiie s. (Exposition de la jeunesse, salon de l'académie de Saint-Luc, salon de la Correspondance), mais elles sont souvent considérées comme une dangereuse concurrence.

Longtemps réservé aux artistes membres ou agréés de l'Académie (d'où la création d'expositions rivales), le Salon devient libre en 1791, avant d'être placé, en 1798, sous le contrôle d'un jury d'admission issu de l'Institut, et, en 1881, sous celui de la Société des artistes français.

Au xixe s., les expositions universelles présentent des sections de beaux-arts ; mais, surtout, apparaissent des salons et des expositions organisées en réaction au Salon officiel : Salon des Refusés (1863), expositions impressionnistes (de 1874 à 1886), suivis d'autres qui offrent un visage plus vrai de la création artistique et servent souvent de manifeste à telle ou telle école nouvelle. L'académisme intransigeant du jury suscite la fondation, en 1884, de la Société des artistes indépendants, en 1890, de la Société nationale des beaux-arts, qui organisent leurs salons respectifs. Dès lors, les manifestations concurrentes se multiplient à Paris, du Salon d'Automne (1903) à la Jeune Peinture (1956), en passant par les Réalités nouvelles (1939), le Salon de Mai (1945), etc.

L'initiative privée devient alors un élément déterminant pour la promotion des œuvres et des artistes, et les expositions des grands marchands de tableaux jalonnent, et parfois même orientent l'histoire de l'art moderne (Durand-Ruel, Vollard, Kahnweiler, etc.).

Des catalogues accompagnent ces Salons (le premier livret date de 1673), d'abondants commentaires aussi, comptes rendus critiques publiés dans la presse et signés, aux xviiie et xixe s., d'amateurs d'art et d'écrivains (Salons de Diderot, Gautier, Baudelaire, des Goncourt, etc.).

En même temps, à partir de la fin du xixe s., apparaît le principe, qui va se développer au cours du xxe s., des expositions qualifiées de « scientifiques », parce qu'elles dressent, avec des moyens muséographiques renouvelés, un bilan sur un artiste, une période ou un style et proposant une analyse historique et critique (expositions patronnées depuis 1945 par le Conseil de l'Europe).

Des expositions périodiques d'art contemporain sont créées, telles la biennale de Venise (depuis 1895) ou l'exposition quadriennale de Kassel, très avant-gardiste, baptisée Documenta (depuis 1955).

Tandis que les galeries privées sont motivées par la nécessité de conquérir ou d'élargir le marché et que les musées multiplient les grandes expositions didactiques, salons et expositions collectives s'organisent pour défendre des conceptions souvent très différentes de l'art et de sa fonction, maintenant la tradition des expositions-manifestes.