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encyclopédie

(latin de la Renaissance encyclopaedia, du grec egkuklopaideia)

Buffon lit les premiers feuillets de son encyclopédie d'histoire naturelle, en présence de Daubenton
Buffon lit les premiers feuillets de son encyclopédie d'histoire naturelle, en présence de Daubenton

Ouvrage où l'on expose méthodiquement ou alphabétiquement l'ensemble des connaissances universelles (encyclopédie générale) ou spécifiques d'un domaine du savoir (encyclopédie spécialisée).

Depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge et à la Renaissance, le mot encyclopédie garde son sens grec, « éducation qui embrasse le cercle entier des connaissances ». C'est au début du xviie s., avec le philosophe Francis Bacon, que son sens moderne apparaît.

Introduction

Comme le dictionnaire, l'encyclopédie prend en compte noms propres et noms communs ; mais, pour ces derniers, elle ne retient que les substantifs ou les locutions significatives, dont elle complète la définition par des descriptions plus étendues, de nature historique, fonctionnelle, etc. Le classement des entrées est généralement alphabétique, mais il existe des encyclopédies, dites « thématiques », ou « méthodiques », dans lesquelles le savoir est découpé et présenté suivant un ordre logique, qui permet une consultation raisonnée reposant sur la répartition en secteurs du savoir général. La notion de « mot » ou « groupe de mots » désignant une ou plusieurs entités conceptuelles disparaît ainsi au profit de l'entrée du type « titre de chapitre ». L'Encyclopédie de Diderot, parue d'abord sous forme alphabétique, a été exploitée par des « libraires » peu scrupuleux aux xviiie et xixe s. sous forme thématique.

Petite histoire de l'encyclopédie

De l’Antiquité au Moyen Âge

Le désir de rassembler l'ensemble des connaissances humaines s'est fait sentir dès l'Antiquité. On doit à Speusippe, neveu de Platon, l'encyclopédie la plus vieille qui nous soit parvenue (on n'en possède, en fait, que quelques fragments). Le monde romain a fourni, avec les ouvrages de Varron et la Naturalis Historia de Pline l'Ancien, une œuvre dont les compilateurs d'ouvrages généraux se sont servis jusqu'à la fin du Moyen Âge. Il faut citer ensuite les Etymologiae (les Étymologies) de saint Isidore de Séville (viie s.), qui nourrit la culture monastique et le dictionnaire encyclopédique dit Lexique de Suidas (xe-xie s.) où, pour la première fois, les entrées sont disposées par ordre alphabétique. Cependant, le chef-d'œuvre du Moyen Âge est le Speculum naturale, doctrinale, historiale ou Speculum majus de Vincent de Beauvais (xiiie s.), excellente compilation qui, pour l'étendue, resta sans égale pendant cinq siècles. Au xiiie s., Brunetto Latini, pour mieux atteindre le public de la bourgeoisie et des marchands, innova en écrivant en français, et non plus en latin, Li Livres dou Trésor (vers 1265).

De la Renaissance au xviiie s.

Il fallut attendre le xviie s. pour voir apparaître des idées nouvelles sur la classification des sciences (Francis Bacon, Matthias Martini). Le Grand Dictionnaire historique (1674) de Louis Moreri, ainsi que la Biblioteca universale sacro-profana (1701-1706) de V. M. Coronelli firent prévaloir définitivement l'ordre alphabétique. Au xviiie s., la Cyclopaedia (1728) d’Ephraïm Chambers, qui donna une importance plus grande aux sciences, aux arts, à la philosophie et qui utilisa un système de renvois parfaitement au point, fut à l'origine de l'Encyclopédie (1751-1772) de Diderot et d’Alembert, laquelle inaugura l'ère des grandes encyclopédies collectives. Cette Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers imposa le classement des articles par ordre alphabétique. Vers la même époque devait paraître encore l'Encyclopaedia Britannica (1768-1771).

L’ère de l’encyclopédie moderne

Avec l'Encyclopédie méthodique de la Librairie Panckoucke (1781), commença l'aventure éditoriale de l'encyclopédie moderne. La classification des savoirs se poursuivit en Allemagne avec l'encyclopédie Brockhaus (Konversations-Lexikon, dès 1796). Au siècle suivant, dans tous les pays, ont été publiées des encyclopédies sur le modèle de celle de l'éditeur allemand Brockhaus qui fut elle-même concurrencée dans sa propre langue par celle de Joseph Meyer (Der Grosse Konversations-Lexikon, 1853-1857).

Parmi les œuvres marquantes du siècle, il faut encore citer le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (1866-1876) de Pierre Larousse et la Grande Encyclopédie (1885-1892) dirigée par Marcelin Berthelot.

Au xxe s., le succès du genre n'a fait que s'accroître et les publications se sont multipliées : l'Enciclopedia Universal Ilustrada (1905-1970) d'Espasa, la plus vaste de toutes, pour l'Espagne ; l'Enciclopedia italiana (1929-1939), de l'Istituto Treccani, l'une des plus importantes, pour l'Italie ; la Bolchaïa sovietskaïa entsiklopedia (1949-1970), pour l'Union soviétique. Pour la France, à côté d'ouvrages nouveaux mais de conception et de forme traditionnelles – Encyclopédie française (1935-1962), Encyclopædia Universalis (1968-1977; 1990), Encyclopédie générale Hachette (1975-1978), Grande Encyclopédie Larousse (1971-1985) ou Grand Larousse universel (1982-1985) –, apparaît le concept d'une encyclopédie adaptée aux différents âges scolaires (Tout l'Univers, 1961-1978 ; 1998, destiné aux 8-13 ans, Hachette) et naissent diverses collections à vocation encyclopédique, dont les livres prennent progressivement leur place dans une grande mosaïque du savoir : les collections Que sais-je ? des Presses universitaires de France (depuis 1941), Découvertes de Gallimard (depuis 1986) ou Encyclopédie de la Pléiade (commencée en 1955) qui se présentent sous une forme de volumes thématiques consacrés chacun à un sujet déterminé (scientifique, historique, géographique, etc.).

A la fin du xxe s., les encyclopédies ont connu un nouvel essor grâce au développement de l'informatique. Grâce à ce dernier, l'encyclopédie offre de nouveaux modes d'accès au savoir en exploitant les capacités de stockage des outils multimédias. Aujourd'hui, les encyclopédies peuvent faire l'objet d'une offre « en ligne », ou sur CD-Rom/DVD-Rom, ou les deux à la fois, selon les stratégies des éditeurs. L'Encyclopédie Axis de Hachette (1993), qui fut la première encyclopédie multimédia en France, a été suivie par Encarta de Microsoft, l'Encyclopédie Hachette Multimédia ou le Larousse Multimédia Encyclopédique.

Il existe aussi des tentatives d'encyclopédies électroniques « participatives » ou « contributives » auxquelles les internautes sont invités à participer, soit en proposant des ajouts à une base existante (Larousse.fr), soit en fournissant eux-mêmes toute la substance encyclopédique (Wikipédia).

Les grandes encyclopédies

viie s. : Étymologies, par Isidore de Séville.

xiiie s. : Speculum majus, par Vincent de Beauvais. 

1728 : Cyclopaedia, par E. Chambers (1 volume).

1751-1772 : Encyclopédie, par Diderot et collab. (35 volumes).

1768-1771 : Encyclopædia Britannica, par William Smellie (3 volumes ; 15e édition, 1990, 32 volumes).

1781-1832 : Encyclopédie méthodique, par Panckoucke (166 volumes).

1796-1811 : Brockhaus Enzyklopädie (19e édition, 1987 et suivantes, 24 volumes).

1829-1833 : Encyclopedia Americana (1ere édition en 13 volumes).

1885-1902 : Grande Encyclopédie, par M. Berthelot (31 volumes).

1905-1933 : Enciclopedia universal ilustrada europeo-americana, par Espasa-Calpe (Madrid, 80 volumes).

1929-1939 : Enciclopedia italiana di scienze, lettere ed arti, par Giovanni Treccani (38 volumes).

1935-1966 : Encyclopédie française, par Anatole de Monzie et L. Febvre (24 volumes).

1963 : Quid, par Dominique et Michèle Frémy (Robert Laffont, 1 volume)

1964 : Enciclopedia Universale, par Rizzoli-Larousse (15 volumes)

1968-1975 : Encyclopædia Universalis (20 volumes).

1971-1985 : Grande Encyclopédie, par Larousse (22 volumes).

1995 : Encarta, par Microsoft (première encyclopédie électronique).