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parti démocrate

en italien Partito Democratico (PD)

Parti politique italien issu en 2007 de la fusion des Démocrates de gauche avec les centristes de La Marguerite-Démocratie et Liberté.

1. Le parti démocrate de la Gauche (PDS)

Héritier en 1991 du parti communiste italien le parti démocrate de la Gauche (PDS) subit peu après sa formation lors du congrès de Rimini (31 janvier-14 février 1991), un grave échec aux élections législatives d'avril 1992 (16,1 % des suffrages), ainsi qu'aux élections législatives de mars 1994, où il ne recueille que 20,4 % des suffrages. La confirmation de ce mauvais résultat lors des élections européennes de juin est suivie de la démission de son secrétaire national, Achille Ochetto, et de son remplacement par Massimo D'Alema. À la recherche d'un accord avec le reste de l'opposition, celui-ci affirme son attachement au libéralisme démocratique et se rapproche des démocrates-chrétiens du parti populaire italien. Cette politique de recentrage porte ses fruits lors des élections régionales d'avril 1995 : le PDS devient la première formation politique de l'Italie puis la principale composante d'une coalition de centre gauche, L'Olivier (L'Ulivo) formée par Romano Prodi autour d'un programme modéré.

Après la victoire de cette coalition aux élections législatives d'avril 1996, le PDS se voit attribuer plusieurs ministères importants au sein du nouveau gouvernement. Réélu à la tête du parti en février 1997, M. D'Alema entend poursuivre la mutation du PDS vers la social-démocratie.

2. Les Démocrates de gauche

En février 1998, le PDS prend pour nom Démocrates de gauche (Democratici di Sinistra, DS). En octobre, M. D'Alema devient président du Conseil. Élu à la présidence du parti, il cède sa place de secrétaire national à Walter Veltroni. Lors des élections législatives et sénatoriales de mai 2001, marquées par la courte victoire du Pôle des libertés – la coalition de Silvio Berlusconi – face à L'Olivier, les Démocrates de gauche subissent un net recul et n'obtiennent que 16,6 % des suffrages. Le 2e Congrès national du parti (novembre 2001) reconduit M. D'Alema à la présidence du parti tandis que Piero Fassino est élu au poste de secrétaire national. Les élections européennes de juin 2004 sont l'occasion pour les Démocrates de gauche de remporter nouvelle victoire au sein de L'Olivier, puisque la coalition totalise 31,1 % des suffrages et 25 sièges de députés sur 78. Cette progression est confirmée à l'issue des élections générales d'avril 2006, remportée à l'arraché par L'Union, vaste coalition de centre gauche rassemblée autour de L'Olivier et emmenée par R. Prodi, avec 340 sièges à la Chambre des députés et 158 sièges au Sénat.

3. Le parti démocrate (PD)

En avril-octobre 2007, les Démocrates de gauche votent leur dissolution pour former avec les centristes de La Marguerite-Démocratie et Liberté (formation issue de l'aile gauche de l'ancienne Démocratie chrétienne) un nouveau parti réformiste modéré, le parti démocrate (Partito Democratico, PD). Si cette initiative constitue une étape importante vers la transformation de la gauche italienne, elle ne conduit pas à sa victoire aux élections législatives anticipées d'avril 2008 qui sont remportées par le Peuple de la Liberté (PDL), nouveau regroupement de Forza Italia et de l'Alliance nationale, mené par S. Berlusconi et allié à la Ligue du Nord d'Umberto Bossi. Ne parvenant pas à rogner sur l'électorat de ces derniers ni sur celui des centristes de l'UDC, le parti démocrate ne réussit pas non plus à attirer toutes les voix de la gauche écolo-communiste et de l'extrême gauche qui, faute d'une alliance avec le PD, sont exclues du Parlement. De plus, échouant toujours à définir une nouvelle stratégie réformiste face à la droite, le parti subit une série de défaites aux élections municipales, provinciales et régionales. Il perd ainsi la mairie de Rome en avril 2008 puis la région des Abruzzes en décembre.

En février 2009, à la suite de l'échec cuisant de la coalition de centre gauche sortante et de son chef de file, le président de région Renato Soru, aux élections anticipées de Sardaigne, W. Veltroni démissionne de la direction du parti et le vice-secrétaire Dario Franceschini (un ex-démocrate-chrétien et ancien dirigeant de L'Olivier) assure l'intérim dans l'attente du prochain congrès. En octobre, au terme d’élections primaires auxquelles participent quelque 3 millions de militants et de sympathisants, Pier Luigi Bersani, issu des rangs du PCI et ex-ministre du Développement économique dans le gouvernement Prodi en 2006-2008, est élu à la tête du parti avec 53,1 % des voix devant D. Franceschini (34,3 %) et Ignazio Marino (12,5 %). Prônant la conciliation des différentes « identités » au sein d'un parti uni – alors que viennent de faire défection plusieurs partisans d'un « nouveau centre », avec à leur tête l’ex-maire de Rome Francesco Rutelli – ainsi que des alliances électorales étendues à toutes les forces d'opposition, y compris l’UDC, Pier Luigi Bersani est officiellement investi par l’Assemblée nationale du parti le 7 novembre.

Le 2 décembre 2012, à l’issue du second tour des élections primaires face au maire de Florence Matteo Renzi, partisan d’un recentrage du parti, il est choisi avec plus de 60 % des suffrages comme candidat au poste de président du Conseil dans la perspective des élections législatives de 2013. Marqué par la percée spectaculaire du Mouvement Cinq étoiles (M5S) du comique Beppe Grillo, ce scrutin a notamment pour conséquence une grave crise interne à la direction du parti. Faute d’une majorité au Sénat et face aux dissensions entre parlementaires du parti à l’occasion de l’élection du président de la République, Pier Luigi Bersani ne parvient pas à former un gouvernement et démissionne de ses fonctions. Enrico Letta, vice-secrétaire du parti (issu à l’origine du PPI puis de La Marguerite) prend alors la tête d’un cabinet de coalition avec le PDL pour principal partenaire.

Les élections primaires de décembre 2013 marquent une importante étape dans l’évolution centriste ou « sociale-libérale » du parti démocrate. Également issu de la gauche démocrate-chrétienne, M. Renzi prend sa revanche et l’emporte avec plus de 68 % des voix en faveur de son projet de rénovation du parti. En février 2014, prônant une accélération des réformes économiques et sociales, il parvient à évincer son rival E. Letta, forcé de démissionner à la suite d’un vote de la direction du PD et prend la tête d’un gouvernement de coalition similaire au précédent comprenant notamment le Nouveau Centre-droit fondé à la suite de la scission du PDL.

Pour en savoir plus, voir les articles Italie : vie politique depuis 1945, parti communiste italien (PCI), parti populaire italien (PPI).