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cycladique

Figurine en marbre
Figurine en marbre

Relatif aux Cyclades.

La civilisation cycladique (fin du IVe-fin du IIIe millénaire) a développé un art original appelé parfois art égéen. Il devança l'art crétois et l'art mycénien dans ce vaste ensemble des civilisations de la mer Égée. Il est très exagéré d'employer le mot empire, comme certains crurent pouvoir le faire, à propos de cette civilisation ; mais il est évident qu'elle a joué un rôle important en mer Égée au début de l'âge du bronze et que ses îlots servirent constamment de relais dès que la batellerie fut pratiquée. Ensuite, les marins des Cyclades contribuèrent par leurs propres expéditions aux échanges, qui se multiplièrent pendant le IIIe millénaire et aboutirent dès le bronze moyen à une relative uniformité de culture dans le bassin égéen. L'émeri de Naxos était exporté vers l'Égypte antérieurement à 3000 avant J.-C. (pour le polissage de la vaisselle en pierre dure).

Les fortifications

Les Cyclades n'ont jamais développé une civilisation aussi élaborée que celle de la Crète, et le fait que ses bourgades aient toutes été fortifiées et installées à une petite distance de la côte indique que cette civilisation s'est développée dans un climat d'insécurité. En divers points, on a retrouvé de petites installations fortifiées, du type de celle de Phylacopê, dans l'île de Milos (la mieux prospectée archéologiquement). À Siphnos, on a découvert les murs d'enceinte, renforcés par des tours de défense, qui protégeaient la ville.

L'architecture funéraire

L'architecture funéraire est mieux connue. L'importante nécropole de Siros (comportant environ 500 sépultures) était constituée de petits caveaux où l'on procédait à des inhumations individuelles ou de couples. Ces sépultures ont livré un mobilier riche en céramiques et en idoles de marbre.

La céramique

Elle se caractérise par son excellente facture technique et sa sobriété décorative. Les décors, non figuratifs pour la plupart (zigzags, chevrons, triangles et motifs curvilignes très couvrants, parmi lesquels la spirale), sont incisés, avec remplissage d'une pâte rouge ou blanche. On trouve également des formes (telle la cruche à bec dressé) inspirées de la poterie anatolienne et des types locaux originaux tels que l'objet dit poêle à frire (qui a été interprété comme un miroir par certains auteurs, comme un plat à offrandes par d'autres). Les formes simples et trapues prédominent. À la période du bronze moyen, des influences venues de la Troade (de l'époque de Troie II) apparaissent. Le site d'Amorgos a livré une abondante vaisselle en marbre poli, sans décor mais imitant les formes céramiques.

Des idoles de marbre

C'est essentiellement dans l'art de sculpter le marbre que les artistes des Cyclades se sont illustrés, et notamment par la production d'idoles extrêmement originales en ceci que leur art géométrique fait penser à l'art cubiste de notre siècle.

La majeure partie de ces statuettes (de dimensions très variables) représente des femmes nues, les bras croisés et les talons joints (pour celles qui sont entièrement conservées). Aucun détail n'est traité ; le visage est à peine indiqué. Les têtes à front plat, sans boîte crânienne, tirent leur fascinante beauté de l'harmonie des proportions et du polissage raffiné de la matière. La grande tête (29 cm) trouvée à Amorgos est particulièrement représentative de la très haute qualité de cette sculpture. On suppose que ces idoles devaient être occasionnellement maquillées : des palettes à fards comprenant des « modèles » de tatouages ont été trouvées, associées à elles, dans certaines tombes.

On peut distinguer plusieurs séries typologiques, mais aucune classification n'a été faite jusqu'ici. Les idoles-violons sont les plus schématisées : elles se réduisent à une ellipse surmontée d'un cylindre ; le Louvre et le musée d'Athènes en possèdent de nombreux spécimens. La formule la plus séduisante est celle du corps trapézoïdal, plat, surmonté d'une tête aplatie dont l'arête triangulaire du nez est le seul relief. On distingue encore le type de la femme portant un enfant. Une autre série, celle des musiciens, est caractérisée par son thème anecdotique et par une facture souvent plus rudimentaire : assis ou debout, le Joueur de lyre ou le Joueur de flûte (musée d'Athènes), dont les silhouettes sont toujours construites suivant des schémas géométriques, datent de l'apogée de la civilisation cycladique (vers 2500 avant J.-C.) ; ils figurent parmi les plus extraordinaires réussites de cet art, dont l'abstraction fait toute la grandeur.