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créole

Nom donné aux langues nées à la faveur de la traite des esclaves noirs entre le xvie et le début du xixe s. et parlées encore aujourd'hui dans diverses régions du monde (Antilles, Guyanes, îles de l'océan Indien, etc.) par les descendants de ces esclaves.

LINGUISTIQUE

Le créole est une langue issue d'un sabir ou d'un pidgin et devenue progressivement la langue maternelle d'une communauté (de même il existe des musiques créoles).

L'origine du créole

Dans certaines situations sociales, en réponse à des besoins de communication particuliers, sont nées des formes linguistiques hybrides, empruntant leur vocabulaire à différentes langues ou utilisant le vocabulaire d'une langue et la syntaxe d'une autre. Ces formes sont le plus souvent utilisées à l'origine pour des raisons très concrètes, par exemple entre des communautés n'ayant pas de langue commune mais entretenant des relations commerciales. Elles empruntent leur vocabulaire à une langue dominante (le français, l'anglais, le portugais…) et leurs structures grammaticales à une langue dominée (le chinois, les langues africaines…). Lorsqu'une telle forme est réduite à un vocabulaire peu important et à quelques règles de combinaison, on parle de sabir. Lorsque cette langue seconde couvre des besoins de communication plus importants et que son système syntaxique est plus étoffé, on parle de pidgin.

Ni le sabir ni le pidgin ne sont des langues maternelles. En revanche, dans certaines situations, un sabir ou un pidgin peut devenir la langue maternelle d'une communauté, disposant d'un lexique beaucoup plus étendu, d'une syntaxe plus élaborée et de domaines d'usage variés. C'est ce qui s'est produit lors de la déportation d'esclaves africains vers les îles des Antilles : on parle alors de créole.

La diversité des créoles

Par son origine, un créole nous apprend donc toujours quelque chose sur la condition sociale de ses premiers locuteurs. Il y a des créoles à base lexicale française (dans l'île de la Réunion, en Guadeloupe, en Martinique, en Haïti, etc.), à base lexicale anglaise (à la Jamaïque, aux États-Unis), à base lexicale espagnole (à Porto-Rico), ou encore à base lexicale néerlandaise, portugaise ou autre. Les formes les plus parlées aujourd'hui sont le créole anglais de la Jamaïque, les créoles français d'Haïti, des petites Antilles, de la Guyane, de la Réunion et de l'île Maurice, et le créole portugais des îles du Cap-Vert, de Casamance et de Guinée-Bissau.

Les linguistes ne sont pas tous d'accord sur l'origine des créoles, ni sur leurs processus de formation. Malgré leur extrême variété, les créoles manifestent parfois des traits communs. Par exemple, le redoublement emphatique des formes verbales : sé manjé man manjé (créole des Antilles françaises), a nyam mi a nyam (créole anglais de la Jamaïque), come mi ta come papiamentu (créole des Antilles néerlandaises) – « je suis en train de manger » ou, mot à mot, « question de manger, je suis en train de manger ».

Longtemps méprisés, les créoles ont aujourd'hui leur place dans l'enseignement officiel, comme aux Antilles françaises et en Haïti.

Pour en savoir plus, voir l'article créolité.