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corps

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Consulter aussi dans le dictionnaire : métier

corpsou communauté de métiers, ou métier

Groupement économique de droit quasi public, soumettant ses membres à une discipline collective pour l'exercice d'une profession. (Synonyme : corporation.)

HISTOIRE

Du XIe s. à la Révolution, les communautés de métiers, appelées « corporations » à la fin de l'Ancien Régime, forment le cadre principal de la vie économique, surtout en France et aux Pays-Bas. Leur origine est très ancienne. Les cellules initiales ont été sans doute les collèges gallo-romains dans le Sud, les guildes germaniques ou les confréries dans le Nord. Les métiers s'organisent dans un esprit de dévotion, de défense mutuelle et d'entraide, en vue de répartir équitablement le travail. La réglementation est stricte : limitation du nombre d'ateliers (un par maître) et d'ouvriers, prix fixés, contrôle de la qualité. La communauté, inégalitaire, est formée de trois groupes : apprentis, compagnons, maîtres. Des jurés, élus parmi les maîtres, l'administrent. L'apprenti débute chez un maître. Pour devenir maître, il doit exécuter un chef-d'œuvre et verser des droits d'entrée ; à défaut, il est compagnon (travailleur salarié). L'accès à la maîtrise sera de plus en plus coûteux et les maîtres tendront à former une oligarchie héréditaire.

Le système féodal est ébranlé, à partir du XIe s., par la renaissance du commerce et des villes. Les classes nouvelles de marchands et d'artisans organisés en métiers obtiennent peu à peu des seigneurs un statut d'émancipation. Mais les rois, aux XIVe et XVe s., imposent un contrôle de plus en plus étroit aux corporations, qui deviennent des moyens de gouvernement.

Au XVIe s., le système traverse une crise : individualisme qui affaiblit la discipline communautaire, incidence de la religion (on refuse souvent la maîtrise aux protestants), concurrence des compagnonnages et des nouveaux métiers libres. Mais la monarchie réagit : Henri III et Henri IV unifient le régime des métiers ; Colbert surtout, au XVIIe s., crée de nouvelles corporations, impose à toutes des règlements nationaux et le contrôle d'inspecteurs royaux. Cependant les corporations deviennent minoritaires. Dans chaque métier, les conflits sociaux s'accentuent. L'abus de la réglementation et de la fiscalité entraîne une vraie sclérose. Au XVIIIe s., les corporations sont aux mains des inspecteurs royaux et la grande industrie se constitue en dehors d'elles. Les physiocrates les critiquent violemment au nom de la liberté. Abolies par l'édit de Turgot (5 février 1776), vite rétablies, elles disparaissent définitivement sous la Constituante : réforme (nuit du 4 août 1789), puis abolition des maîtrises et jurandes (loi du 17 mars 1791).

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