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coopération

(latin ecclésiastique cooperatio, -onis)

Politique d'aide économique, technique et financière des pays développés en faveur des pays en développement.

L’aide publique au développement

La coopération internationale prend soit la forme d’une aide privée – minoritaire, celle-ci est principalement constituée des dons recueillis par les organisations non gouvernementales – soit la forme d’une aide publique au développement.

Le principe d’une coopération internationale s’impose au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : la lutte contre la pauvreté est considérée comme une condition de la paix dans le monde et de la démocratie. Elle est mise en place dans le cadre de l’O.N.U., surtout à partir des années 1960 en faveur des pays décolonisés, et vise à combler leur retard de développement. Le Conseil économique et social des Nations unies est notamment chargé de toutes les questions concernant la coopération économique et sociale internationale. Plusieurs organismes de l’O.N.U. se consacrent à cette mission en apportant une aide alimentaire, sanitaire, humanitaire et technique : le P.N.U.D. (Programme des Nations unies pour le développement), la F.A.O. (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture), l'O.M.S. (Organisation mondiale de la santé), l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) ou encore l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture).

Le fonctionnement de ces organisations internationales dépend des contributions versées par les États. Toutefois l’aide publique au développement s’effectue majoritairement sous la forme de dispositifs bilatéraux (d’État à État). Elle couvre un nombre important et varié d’opérations : aide alimentaire, financements d’infrastructures ou de programmes éducatifs, coopération technique, etc.

La mise en place de cette aide suscite toutefois de nombreuses critiques. En premier lieu, tandis que les pays riches sont censés consacrer, depuis 1971, 0,7 % de leur P.N.B. à l'aide publique au développement, cet objectif est rarement atteint. En outre, cette aide s’effectue souvent par des accords bilatéraux (et non dans le cadre d’une aide multilatérale), ce qui contribue à affaiblir la position des pays pauvres et à entretenir un rapport inégal avec les pays riches. Par ailleurs, l’impact des actions menées par les nombreux organismes internationaux est entravé par des difficultés de coordination et d’inadéquation. Enfin, compte tenu de l’insuffisance de l’aide publique, les pays en développement ont dû recourir à des prêts, soit auprès des institutions financières internationales (Fonds monétaire international, Banque mondiale) soit auprès de bailleurs de fonds privés, ce qui a contribué à grever leur dette. Les plans visant à alléger, voire annuler la dette des pays les plus pauvres constituent de nos jours un pan important de l’aide internationale.

Les aides commerciales

Une autre forme de coopération internationale consiste en des aides commerciales afin d'améliorer les conditions dans lesquelles les pays en développement exportent leurs produits – dans ce cas également, il peut s'agir de dispositifs soit multilatéraux, soit bilatéraux. Dès 1964, les représentants du tiers-monde obtiennent la première réunion de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement : organe permanent de l'Organisation, la C.N.U.C.E.D. condamne l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), le jugeant trop favorable aux intérêts des pays les plus développés, et revendique, à partir des années 1970, l'instauration d'un « nouvel ordre économique international ». Ainsi, la Charte des droits et devoirs économiques des États, adoptée en 1974, encourage l'industrialisation des pays en développement et redéfinit les règles applicables au commerce Nord-Sud (stabilisation des cours des matières premières, non-réciprocité entre pays riches et pauvres).

Un exemple de ce type de coopération internationale est donné par celle que la Communauté européenne a mise en œuvre avec un certain nombre de pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (A.C.P.), dans le cadre de la convention de Lomé (1975). Régie par des organes paritaires, la convention de Lomé comportait des dispositions commerciales et une aide financière et technique (par le canal du Fonds européen de développement, et des prêts à faibles taux). Les concessions commerciales étaient importantes, puisque 99,5 % des exportations des pays A.C.P. rentraient en franchise dans la Communauté européenne sans que celle-ci demande de réciprocité. Un système de stabilisation des recettes d'exportation garantissait aussi ces pays contre l'effondrement des cours de certaines de leurs productions agricoles (dispositifs Stabex et Sysmin).

Les modalités d’une aide commerciale permettant aux pays en développement de s’enrichir par le commerce international doivent désormais être envisagées dans le contexte de la mondialisation de l’économie et de la libéralisation des échanges internationaux.