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Maurice Thorez

PCF

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PCF, sigle de parti communiste français

Parti politique français formé en décembre 1920 au congrès de Tours sous le nom de « section française de l'Internationale communiste » à la suite de la scission provoquée par le vote de la grande majorité des socialistes appartenant à la SFIO.

Ses fondateurs se sont ralliés aux thèses marxistes-léninistes du parti communiste bolchevique, exprimées dans les 21 conditions imposées par la IIIe Internationale. L'application des mots d'ordre de celle-ci amène la réduction du nombre des adhérents de plus de 100 000 à 30 000 entre 1920 et 1930. Isolé, le parti n'est plus implanté que dans quelques bastions ouvriers (banlieue parisienne, Nord, bordure du Massif central).

   

Entre 1932 et 1934, face à la montée du fascisme, une nouvelle ligne se dessine, avec Maurice Thorez au poste de secrétaire général : alliance avec les socialistes et les radicaux, « main tendue » aux chrétiens. Elle permet l'arrivée au pouvoir en 1936 du gouvernement de Front populaire, que les communistes soutiennent sans y participer. Dissous après la signature du pacte germano-soviétique, le parti entre dans la clandestinité. Après l'invasion de l'URSS par l'armée allemande en juin 1941, le parti consacre toutes ses forces (création des Francs-Tireurs et Partisans) à la lutte contre l'occupant. Il participe en 1943 à la fondation du Conseil national de la Résistance et est représenté dans le Gouvernement provisoire d'Alger. En 1945, fort de 25 % des suffrages, il entre au gouvernement. Il y restera deux ans. Car la guerre froide et la répression des grèves par les socialistes au pouvoir ramènent le parti communiste à la lutte économique et à l'opposition systématique.

   

Après le XXe Congrès du PCUS et la déstalinisation, une nouvelle stratégie s'esquisse, qui aboutit, notamment sous l'impulsion de Georges Marchais, devenu secrétaire général, à l'adoption d'une politique de programme commun avec les socialistes (1972). Cette politique échoue cependant avec la rupture de l'union de la gauche (septembre 1977), qui retentit sur le résultat des législatives de 1978. Constatant sa propre érosion en voix et la progression du parti socialiste, le PCF décide in extremis en 1981 de soutenir la candidature de François Mitterrand au second tour de l'élection présidentielle. Il participe pendant trois ans au gouvernement dirigé par les socialistes. Mais les divergences croissantes avec ces derniers l'amènent à se retirer du gouvernement (juillet 1984) et à passer dans l'opposition. Le PCF maintient ensuite cette position, tout en appelant à voter pour F. Mitterrand au second tour de l'élection présidentielle de 1988.

   

En 1994, Robert Hue succède à G. Marchais à la tête du PCF (avec le titre de secrétaire national, qui remplace celui de secrétaire général). Sous son impulsion le parti s'engage sur la voie de la rénovation et participe au gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin (1997-2002). Lors du XXXIe congrès du parti (2001), de nouveaux statuts sont adoptés qui permettent d'élire Marie-George Buffet au poste de secrétaire nationale et R. Hue à celui de président. Ces réformes institutionnelles, pas plus que l'esprit d'ouverture manifesté par R. Hue, ne parviennent à convaincre les militants et encore moins les électeurs du parti. Avec seulement 3,37 % des voix recueillis au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 par R. Hue, le PCF est dépassé par les Verts, Lutte ouvrière, la Ligue communiste révolutionnaire. Faute d'avoir atteint le seuil des 5 % qui assure le remboursement public des dépenses de campagne, le parti subit une crise politique et une crise financière sans précédent. Ce déclin est confirmé lors des élections législatives, au cour desquelles le parti n'obtient que 4,91 % des suffrages exprimés ; il parvient cependant à maintenir un groupe de 21 députés à l'Assemblée, mais R. Hue, son président, n'est pas réélu. En 2003, ce dernier quitte la présidence du parti.

   Désormais sous la seule conduite de sa secrétaire nationale, M.-G. Buffet, le PCF enregistre une amorce de redressement, perceptible dès les élections régionales de mars 2004 : présentant ses candidats sur des listes d'alliance avec le PS. En revanche, il voit son score s'effriter lors des élections européennes du 13 juin, ne recueillant que 5,25 % des voix et 2 sièges (contre 6,78 % et 6 sièges en 1999). Après avoir participé en mai 2004 à la fondation du parti de la Gauche européenne, le PCF mène une active campagne en faveur du « non » dans le cadre du référendum sur le traité constitutionnel européen prévu pour le 29 mai 2005. Candidate du PCF et d'un « rassemblement populaire et antilibéral » à l'élection présidentielle de 2007, mais dans l'incapacité de réunir derrière son nom l'ensemble des forces d'extrême gauche, M.-G. Buffet ne recueille que 1,93 % des suffrages, le score le plus bas jamais réalisé par le parti. Avec 4,29 % des voix au premier tour des législatives de juin 2007, celui-ci semble même menacé de quasi-disparition parlementaire. Mais à l'issue du second tour, qui corrige quelque peu la donne, il parvient à envoyer à l'Assemblée 18 députés en incluant apparentés et dissidents. Il reste que, pour la première fois depuis 1945, il n'est pas en état de former un groupe à lui seul et doit s'allier aux 4 députés Verts et à 2 élus d'outre-mer pour composer la Gauche démocrate et républicaine. Les élections municipales de mars 2008 attestent le maintien du communisme municipal : le parti ne perd que peu des primaires imposées en de nombreux endroits par le PS, il regagne dès le premier tour des villes comme Dieppe et Vierzon, mais doit laisser Montreuil à Dominique Voynet et aux Verts, Aubervilliers aux socialistes et Calais à la droite : au total, comme en 2004, ses représentants sont portés à la tête de 28 villes de plus de 30 000 habitants ; en outre, à l'échelle nationale, notamment là où prévalent les listes d'union, ils tirent les bénéfices de la nette poussée de la gauche. Le résultat des cantonales qui se tiennent en parallèle est du même ordre : le contrôle de la Seine-Saint-Denis est ravi par le PS, mais le PCF conserve le Val-de-Marne et reprend à l'UMP l'Allier.

   Rejetant la stricte autonomie prônée par les orthodoxes, le PCF s'allie pour les élections européennes de juin 2009 au parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon récemment créé ainsi qu'à quelques transfuges du tout nouveau NPA, partisans de la tactique de l'unité à l'extrême gauche. Au sein de ce Front de Gauche, il remporte près de 6,5 % des voix et conserve les 2 élus qu'il avait. Il reconduit cette alliance dans le cadre des régionales de mars 2010 : le Front de Gauche obtient 6,1 % des suffrages au premier tour et fait élire quelque 125 conseillers au second après accords et fusions avec les listes emmenés par le PS. L'analyse des résultats ravive toutefois la fracture entre orthodoxes et rénovateurs : son score en Limousin où il se maintient le 21 mars (19,1 %) donne du grain à moudre aux premiers, tandis que les seconds observent d'une part que, du fait d'une triangulaire avec les socialistes, le parti perd le contrôle de La Réunion, passée à droite, et d'autre part, qu'avec 95 élus étiquetés communistes, il voit fondre de près de moitié les effectifs de sa représentation territoriale. C'est cependant un de ses membres, Dominique Bucchini, qui prend la tête de l'Assemblée nationale de Corse après le basculement de l'île à gauche.

   En juin 2010, Pierre Laurent, ex-rédacteur en chef de L'Humanité et bras droit de M.-G. Buffet, lui succède au poste de secrétaire national du parti.

   Pour en savoir plus, voir l'article histoire de la France.

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