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commerce équitable

Type d'échanges internationaux fondés sur une solidarité Nord-Sud, les consommateurs du Nord acceptant d'acheter des marchandises à des prix permettant aux producteurs du Sud d'améliorer leurs conditions de vie et de travail, dans une perspective de développement durable.

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine » proclame dans son article 23 la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Dans le monde divisé en trois de l’après-guerre – celui qui était à la traîne des deux autres, le monde occidental et le monde communiste, étant appelé le « tiers-monde » –, les théories sur le développement ont fait assaut d’imagination pour proposer les solutions aptes à combler le retard des pays que l’on a dit d’abord « sous-développés », avant d’en venir à ces locutions politiquement plus correctes que sont celles de « pays en voie de développement », puis tout simplement de « pays en développement ».

Genèse d'une idée-force pour la planète

Tout commence lorsque l’association connue aujourd’hui sous le nom de Ten Thousand Villages (« Dix Mille Villages »), fondée en 1946 par des protestants (mennonites) américains, s’offre en intermédiaire pour écouler divers produits artisanaux : des articles de broderie fabriqués à Porto Rico, des lainages tricotés par des femmes d’origine palestinienne, des objets en bois sculptés en provenance d’Haïti. L’élan est donné au commerce dit « alternatif », dont le concept sera d’autant plus fécond qu’il s’accordera avec les objectifs politiques proclamés par la conférence afro-asiatique de Bandung sur le non-alignement du tiers-monde (1955).

L’idée-force qui fait son chemin est à double contenu : d’une part, il faut que le commerce international aille de pair avec une prise de conscience d’ordre moral ; d’autre part, il faut dépasser le stade de l’aide internationale purement financière que les pays riches apportent aux pays pauvres (y compris sous la forme d'une réduction de leur dette). L’enjeu est de mettre en place un partenariat commercial qui permette aux pays du Sud de s’approprier et de maîtriser leur propre développement à long terme. En Europe, deux pays vont se mobiliser.

En Grande-Bretagne, l’OXFAM (Oxford Committee for Relief Famine), fondé dès 1942, se voue à la lutte contre la pauvreté et l’injustice. Devenu en 1995 OXFAM International (rassemblant 13 ONG), il s’impose comme l’un des leaders mondiaux en matière de mesures d’urgence et de programmes de développement à long terme dans les communautés vulnérables.

Aux Pays-Bas, les « magasins du monde » qui y essaiment à partir de 1969 deviennent le fer de lance du commerce dit « équitable » (fair trade en anglais). Une association va plus loin : fondée en 1988, celle qui prend le nom de Max Havelaar (titre d’un roman anticolonialiste de 1860) s’implique activement dans la défense des petits producteurs de café, puis émet un label d’origine « équitable » pour d’autres produits tropicaux. Elle s’implantera en Belgique en 1990 et en France en 1992.

À la notion de commerce équitable va s’adjoindre celle de développement durable (sustainable development), dont la conférence de Rio, dite « Sommet de la Terre », tenue en 1992, consacre l’émergence. Depuis lors, le commerce équitable contribue au développement durable en offrant des conditions commerciales nouvelles, garantissant les droits des producteurs, principalement des petits producteurs du Sud, qui peuvent vendre leurs produits à des prix plus rémunérateurs que les cours mondiaux. Prix équitable pour le producteur ne signifie nullement prix plus élevé pour le consommateur.

Les acteurs internationaux du commerce équitable

Le réseau international IFAT

Créée en 1989, l’Association internationale du commerce équitable (International Fair Trade Association) rassemble 220 organisations réparties dans 59 pays et regroupant les divers partenaires ou opérateurs du commerce équitable. En 2004, elle a mis en place le label FTO (Fair Trade Organization), distinguant les organisations de commerce équitable.

Le réseau européen EFTA

Créé en 1990, l’Association européenne du commerce équitable (European Fair Trade Association) rassemble les centrales d'importation de neuf pays européens (parmi lesquelles Solidar’Monde en France). Son rôle consiste principalement à influencer les dispositifs réglementaires en faveur des pays du Sud.

Le réseau européen NEWS

Créé en 1994, le Réseau des magasins du monde en Europe (Network of European World Shops) rassemble 14 associations nationales animées par près de 100 000 bénévoles. Il veille à la fois à l’harmonisation et au respect des critères de labellisation du commerce équitable.

Le réseau international FLO

Créé en 1997, le réseau Fairtrade Labelling Organizations rassemble 24 organismes de labellisation du commerce équitable à destination des consommateurs des pays développés. La certification FLO est accordée aux produits et non aux entreprises productrices.

Le réseau international FINE

Créé en 1998, ce réseau est un groupe de brainstorming formé par les délégués des réseaux IFAT, EFTA, NEWS et FLO. Il s'agit d'un forum où l'on échange informations et réflexions, où l'on coordonne les campagnes de sensibilisation au commerce équitable.

L'exemple français

Artisans du monde

Fondée en 1974, cette association doit son origine à des militants altermondialistes avant la lettre qui veulent soutenir les producteurs de jute du Bangladesh, dont les cultures sont menacées par des inondations, et qui, pour cela, achètent leurs surplus afin de les écouler sur le marché français. Elle se transforme en un réseau de distribution de produits équitables qui possède ses propres boutiques (plus de 160) et qui dispose d’une centrale d’achat et d’importation de ces produits (Solidar’Monde). Parallèlement à la vente, elle mène des campagnes éducatives.

La PFCE

En 1997 a été mise sur pied la Plate-Forme pour le commerce équitable (PFCE) à laquelle sont assignées quatre missions prioritaires :
–  faire reconnaître et rendre visible le commerce équitable en France ;
–  consolider la crédibilité des pratiques de ses organisations membres (au nombre de 39) ;
–  valoriser les activités et produits de ses organisations membres ;
–  favoriser le dialogue et la collaboration entre ses organisations membres.

Le tourisme équitable

Au plan mondial, l’industrie touristique pourvoit à 12 % du PIB et crée 200 millions d’emplois. Pour autant, son développement doit être contrôlé pour éviter qu’il n’entraîne déséquilibres sociaux et dégâts environnementaux. Avatar du commerce équitable, le tourisme équitable vise à créer les conditions d’une activité maîtrisée, dont les retombées doivent être équitablement partagées par les membres de la communauté d’accueil. À cette fin, il est régi par une charte dont l'un des principes fondamentaux est de sensibiliser les touristes à toute attitude et toute intervention qui pourraient bouleverser les équilibres sociaux, culturels ou écologiques des communautés d’accueil.

Forme particulière du tourisme équitable, le tourisme solidaire se caractérise par des activités qui s’inscrivent dans une logique de développement des territoires, de conscience écologique (minimisation des effets sur l’environnement), de respect des populations et de leurs cultures. S’agissant des pays du Sud, il en valorise le patrimoine et les ressources en impliquant les populations locales dans les différentes phases du projet.