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chick lit

Courant littéraire anglo-saxon.

Un genre en vogue

La « chick lit », littéralement « littérature pour poulettes », importée des États-Unis et de Grande-Bretagne, inonde le marché français depuis les années 2000. Le phénomène remonte à la fin des années 1990 ; deux titres en sont particulièrement représentatifs. Sex and the City, chronique relatant les relations amoureuses et sexuelles de quatre amies new-yorkaises célibataires, trentenaires et branchées, est d’abord paru dans New York Observer. Le succès a été tel que son auteure, la journaliste Candace Bushnell (née en 1958), a dû adapter ses chroniques en romans (1997, 1999, 2000). Le Journal de Bridget Jones (1996) est l’autre titre pionnier du genre. Œuvre de la journaliste financière britannique Helen Fielding (née en 1958), le roman, prépublié dans The Independant et The Daily Telegraph, raconte la vie de Bridget Jones, célibataire trentenaire vivant à Londres et à la recherche du grand amour. Ces deux livres ont par la suite bénéficié de la large audience rencontrée par leurs adaptations pour le petit (Sex and the City, série télévisée américaine de Darren Star, diffusée en France sur M6 à partir de l’an 2000) et le grand écran (le Journal de Bridget Jones, de Sharon Maguire, avec Renée Zellweger et Hugh Grant, 2001).

Depuis 2003, la « chick lit » s’est trouvée une nouvelle icône en la personne de Lauren Weisberger, écrivaine américaine née en 1977. Son livre le Diable s’habille en Prada (2003), adapté au cinéma par David Frankel en 2006 (avec Meryl Streep et Anne Hathaway), s’est vendu à plus de 9 millions d’exemplaires dans le monde. Servant le fameux cocktail « riche, belle, mais malheureuse », il relate la vie d’une assistante dans un magazine de mode tyrannisée par sa rédactrice en chef. Glamour, relations professionnelles difficiles (pression, harcèlement moral), mais aussi goût des fringues dernier cri et humour lié à une certaine autodérision : tout est réuni pour que les lectrices, prenant le message au second degré à la différence des amatrices de romans Harlequin, s’identifient à ces héroïnes. En 2008, Lauren Weisberger creuse d’ailleurs le filon avec Sexe, diamants et plus si affinités…

Un courant rétrograde ?

Le journaliste Richard Martineau, dans les colonnes d’Elle Québec, s’est toutefois ému d’une telle littérature : « Les artistes prennent le monde à bras-le-corps. Or, les auteures de chick lit n’expriment pas une vision du monde, elles étalent leur intimité. Comme si l’univers se limitait à leur bureau, à leur salon de coiffure et à leur lit. Depuis le temps que les femmes se battent pour avoir le droit de sortir de leur cuisine et de prendre part aux affaires de la cité, voici que la chick lit les enferme de nouveau dans leur confortable intérieur. » Par ailleurs, la crise économique mondiale ne mettra-t-elle pas un coup d’arrêt à cette littérature prônant, non sans indécence, une consommation débridée portée essentiellement vers les marques prestigieuses et les produits de luxe ?

En attendant, parmi les livres toujours en vogue et aux titres délicieusement évocateurs, citons notamment : Confessions d’une accro du shopping (Sophie Kinsella, 2002, premier volume de la série), Shoe Addicts (Beth Harbison, 2007) ou encore Une vie de pintade à Paris (Layla Demay et Laure Watrin, 2008). Signalons enfin l’émergence en France d’une « chick lit noire » : Strip-tease, de Leigh Redhead (2008), Scoop à Hollywood, d’Alison Gaylin (2009), Déboutonné !, de Loïs Greiman (id.).